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Économie

Le monde de la nuit s’exporte à Dubaï pour diversifier ses risques

Liban - Loisirs

Célèbre pour ses établissements nocturnes, Beyrouth subit une concurrence de plus en plus féroce de Dubaï. Une tendance à laquelle contribuent également les acteurs libanais du secteur.

05/08/2015

Beyrouth risque-t-elle d'être détrônée de son statut de capitale de la fête par Dubaï ? Surfant sur une tendance mondiale, les grands acteurs libanais du divertissement nocturne se bousculent dans le riche émirat. « L'industrie de la nuit a connu un développement fulgurant à Dubaï en raison de la croissance économique soutenue et de la sécurité qui y règne », témoigne Rabih Fakhreddine, actionnaire majoritaire de la société 7 Management, qui gère les bars February 30, Walkman et Checkpoint Charlie à Beyrouth. Il prévoit d'ailleurs de s'implanter dans l'émirat courant 2016. « Plusieurs projets sont actuellement à l'étude. Nous essayons de diversifier nos investissements à cause de l'instabilité au Liban. De plus, Dubaï nous donne une visibilité internationale : l'adage dit que celui qui réussit à Dubaï peut réussir n'importe où », assure-t-il.

« L'émirat est moins touché que Beyrouth par la crise économique, ce qui le rend plus attrayant pour des concepts de nuit », confirmait dans un entretien paru en juin dans L'Orient-Le Jour Chafic el-Khazen, pionnier des rooftops au Liban et propriétaire du groupe Sky Management, qui gère notamment le Skybar – ravagé par un incendie fin mai – et O1ne House of Entertainment, à Beyrouth et Abou Dhabi. « Comme le Skybar sera fermé cet été, j'aurai plus de temps pour lancer les affaires à Dubaï », avait-il déclaré lors de cet entretien. « Dubaï et Beyrouth sont les destinations par excellence de la nightlife même si elles proposent des concepts différents, notamment au niveau du design », affirme de son côté Tony Habre, qui gère les emblématiques enseignes Caprice, Iris et White, et qui avait implanté ces deux dernières à Dubaï en 2013, quelques années après leur ouverture dans la capitale libanaise.


(Lire aussi : Chafic El Khazen veut bousculer la nuit)

 

Résilience beyrouthine
S'il préfère ne pas révéler les montants de ses investissements, Tony Habre estime que l'industrie de la nuit à Dubaï et Beyrouth est en perpétuelle évolution et que son retour sur investissement dans les deux villes reste très encourageant. Son groupe entend donc consolider sa position dans ces deux marchés, tout en se concentrant à court terme sur le développement d'autres activités, comme le lancement d'une franchise de l'enseigne de restauration Boubouffe aux Émirats arabes unis. Car, si la diversification des risques liés aux retombées de la situation politico-sécuritaire et une plus grande visibilité sont les motifs principaux pour s'implanter à Dubaï, tous les acteurs interrogés par L'Orient-Le Jour estiment que la « nightlife » beyrouthine a encore de beaux jours devant elle.

Pour Olivier Gasnier Duparc, copropriétaire du Behind The Green Door et organisateur des soirées estivales Decks on the Beach, les investissements dans le secteur de la nuit ont diminué en raison des aléas sécuritaires, mais « la fréquentation est restée identique, avec cependant une évolution dans le comportement des consommateurs qui sont passés des ambiances déjantées du hardcore clubbing à celles plus détendues du loungy clubbing ».

Rabih Fakhreddine revendique ainsi une hausse de 20 à 30 % de la fréquentation de ses établissements beyrouthins sur les sept premiers mois de l'année, et prévoit de rentabiliser en deux ans son investissement de 2 millions de dollars dans Seven Sisters, un concept mêlant restauration et animations festives. « Dubaï ne remplacera jamais Beyrouth en tant que destination de choix de la nightlife. Aucun endroit au monde, quelle que soit sa réputation, ne peut vraiment concurrencer l'ambiance et l'esprit beyrouthins », conclut-il.

 

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