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Économie

Les plages privées ne connaissent (presque) pas la crise

Loisirs

Alors que l'été s'annonçait morose, plusieurs établissements balnéaires constatent une hausse de leur fréquentation. Une embellie qui ne suffit pas à compenser l'impact de la conjoncture politico-sécuritaire sur leurs projets d'expansion.

04/08/2015

Si le Liban a connu pour la première fois une inversion de la courbe du nombre de touristes sur les cinq premiers mois de l'année – avec une hausse de 18 % par rapport à la même période de l'année précédente, à environ 524 000 touristes –, les professionnels du secteur guettent avec attention la tendance du début de l'été pour leur activité. D'abord, parce que malgré cette croissance, le nombre de touristes reste inférieur de près de 30 % à celui enregistré sur la période en 2010. Ensuite, parce que les résultats de la période du ramadan laissaient planer un certain pessimisme. « Nous nous attendons au mieux à une saison estivale similaire à celle de 2014 », déclarait par exemple le président du syndicat des établissements touristiques, Jean Beyrouthi, dans un article paru le 11 juillet dernier dans L'Orient-Le Jour.

Or du côté des propriétaires de plages privées, le constat qui se dessine à mi-saison est plus que positif. « Nous avons constaté une augmentation de 20 % de la fréquentation en 2015 et avons de bonnes chances de faire mieux qu'en 2011, notre meilleure année en termes de visiteurs », souligne Georges Boustany, propriétaire de Lazy B à Jiyeh. Michel Abchee est, lui, heureux de fêter la troisième saison de Damour Beach avec une affluence « en hausse de 50 % par rapport à 2014 ». Khalil Noujaim, l'un des propriétaires de l'enseigne Orchid Beach, qui exploite deux plages à Batroun et à Jiyeh, confirme pour sa part « une tendance à la hausse qui se perpétue depuis 2013 ». Plus mesurée, Alice Eddé affirme quant à elle n'avoir observé aucune baisse globale de la fréquentation du rivage d'Eddé Sands cette saison. Ce constat ne se limite pas aux établissements qui proposent des équipements haut de gamme – pour des tarifs gravitant autour de 40 000 livres (environ 27 dollars). Une source proche de la direction de White Beach, une plage d'entrée de gamme (environ 7 dollars l'entrée) située dans la région de Batroun, reconnaît également que sa saison est plutôt bien lancée.

Projets suspendus
Ces résultats plutôt encourageants s'expliqueraient en partie par les choix stratégiques des acteurs du marché. « La baisse de la fréquentation pendant la période du ramadan n'a pas été aussi accentuée que prévu dans les établissements qui ont aménagé leurs installations pour accueillir des familles », relève M. Abchee qui, à l'instar de certains concurrents, a choisi de miser sur ce segment pour tenter de compenser les retombées de la crise sécuritaire régionale sur les activités évènementielles. Même constat pour le Lazy B, où une « zone famille » a été aménagée depuis 2012, et Orchid Beach qui propose un cadre plutôt intimiste. Alice Eddé a quant à elle misé sur des « séjours bien-être » proposés par Eddé Sands pour ne pas subir les aléas du calendrier des fêtes religieuses et fidéliser sa clientèle. Tous se défendent en tout cas d'avoir modifié leurs prix pour pouvoir maintenir leur niveau de fréquentation.

Si la fréquentation estivale semble donc au rendez-vous, elle ne suffit pas à modifier les anticipations des acteurs quant à leurs investissements. La grande majorité des propriétaires de plages privées interrogés par L'Orient-Le Jour confient ainsi être en position d'attente depuis 2012, année pendant laquelle a eu lieu la dernière vague d'investissement d'importance dans le secteur. « Tous nos projets sont suspendus depuis 2012 et seront réactivés si la situation se stabilise de façon durable au niveau local et régional », confirme M Boustany, qui a déja cofinancé les 2 millions de dollars consacrés à la construction et à l'équipement des trois piscines de Lazy B, lors de son ouverture cette année-là. De son côté, M. Abchee, qui a déjà consacré 4 millions de dollars à la construction de son site, indique avoir mis en attente la seconde phase d'un vaste projet de construction d'hôtel initialement prévu pour cette année. Mme Eddé envisage de son côté « une réorientation stratégique à l'avenir afin d'élargir sa clientèle », sans souhaiter donner plus de détails sur ses investissements à venir. Parmi les professionnels interrogés, seuls M. Noujaim et ses partenaires – qui ont déjà investi plus de 1,5 million de dollars dans la construction d'Orchid Beach Resort à Jiyeh et environ 2 millions de dollars à Batroun – semblent déterminés à poursuivre le développement de leur enseigne. Un projet d'extension du site de Batroun, pour lui permettre d'accueillir un espace événementiel d'une capacité d'environ 1000 personnes, doit être lancé l'année prochaine.

 

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