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Plages publiques et gratuites du Liban : suivez le guide

saison estivale

Parce que l'entrée de la plupart des plages devient de plus en plus coûteuse, L'Orient-Le Jour s'est rendu sur quelques plages gratuites, du Nord au Sud du Liban. Présentation, bilan, et le top 5 de la rédaction.

Nour BRAIDY | OLJ
24/07/2015

Passer une journée, en famille, sur une plage privée au Liban requiert trop souvent un vrai budget. Ceux qui n'ont pas les moyens, ou ceux qui estiment que le prix d'entrée aux plages privées est devenu indécent, se rabattent de plus en plus sur les plages publiques ou gratuites, gérées par une municipalité ou des organismes ou individus privés.

 

Économies, habitude et liberté

"Je ne peux me permettre d’emmener mes enfants sur une plage privée tous les jours, cela me coûterait une petite fortune", confie Elie à L’Orient-Le Jour, en surveillant ses deux petits qui font des pâtés sur la plage d'Okaïbé (voir la vidéo ici) , au Mont-Liban. Un peu plus loin, trois adolescentes enjouées se rafraichissent dans l’eau douce du Nahr Ibrahim qui se jette dans la Méditerranée au niveau de cette plage. Leur mère, Grace, a choisi d’y emmener ses filles parce que ses finances ne lui "permettent pas d’aller ailleurs". "Ils ne nous laissent quasiment aucune plage", renchérit son amie Fadia en référence à la prolifération de plages privées.

Pour certains, les plages publiques ou gratuites ne sont pas une nécessité financière, mais un choix. "Ici, sur la plage d'el-Bahsa à Batroun nous nous connaissons tous, c’est calme et convivial", explique Carmen, 31 ans, dont la peau huilée cuit au soleil. Même son de cloche à l'autre bout du pays, sur la plage publique de Ghazieh au Liban-Sud, d'où Mahmoud, 24 ans, est originaire. "Sur cette plage, je ne me sens pas étranger, affirme-t-il installé autour d’une table avec ses amis. J'aime fumer mon narguilé, face à la mer, les pieds dans le sable, le tout pour 10 000 livres".  

Il y a aussi ceux qui apprécient la liberté qu’offrent les plages publiques, comme Mario, 26 ans, venu se poser sur la plage de Jbeil avec une glacière remplie de bières fraîches et de salaisons, ou Sally, 16 ans, qui apprend à son chien à nager sur une plage gratuite de Batroun.

Autres adeptes de ces plages, les "militants", ceux pour qui la plage doit rester un espace public, gratuit et accessible à tous. Myra, 24 ans, en fait partie. "J’aime venir ici parce que l’accès est gratuit et que je considère que les plages appartiennent à tout le monde", affirme-t-elle installée au restaurant de Pierre and Friends, à Batroun. "Payer pour avoir accès à la mer est absurde", renchérit son amie Diana entre deux bouchées de fattouche. "Je suis ici parce que la plage est propre et gratuite et que ça devrait être comme ça partout ailleurs", estime également Sévag, 26 ans, en s'achetant une bouteille de vin au bar d'Ô glacée, à Kfaraabida.

 

 

Les plages gratuites

Cette bouteille de vin que Sévag paiera un peu plus de 40 000 livres aidera au financement de l’ONG Lebanese yacht club qui gère Ô glacée et qui est présentée par son président Rabih Salem comme étant le seul club de voile "public" au Liban.  À Ô glacée, un bassin de pierres, de bois et d’eau douce fait le bonheur des vacanciers qui aiment se prélasser, un verre à la main. D’autres préfèrent louer un kayak ou faire de la voile. A leur disposition, des chaises longues, des transats colorés et des canapés blancs. Ici, assure Rabih, "on ne vous dira ni bonjour ni au revoir pour vous donner une véritable sensation de liberté".

Un état d'esprit que l'on retrouve à quelques kilomètres, sur la plage Pierre and Friends, dont le propriétaire a choisi de laisser l'accès gratuit.

 

Les plages municipales   

Autre option pour les estivants, les plages publiques, comme al-Bahsa à Jbeil, près du vieux port. C’est Rafqa, la gérante du snack, qui reçoit les baigneurs. Accueillante, elle connaît beaucoup de monde à Jbeil et est heureuse d’offrir le café aux habitués. La plage est équipée de toilettes et de douches que Rafqa préfère réserver à ceux qui n’habitent pas dans la région "parce qu’il n’y a pas assez d’eau", explique-t-elle. Ici, comme à Chatt el-Arman (voir la vidéo ici), l’autre plage publique de Jbeil, ceux qui le souhaitent peuvent louer des chaises et des tables ou en apporter avec eux.

Le Liban-Nord recèle aussi des plages publiques laissées à l'état sauvage, comme celle de Batroun (voir la vidéo ici), en contrebas d’une rue de la vieille ville. Ici ni snack, ni toilettes ni même maîtres-nageurs, seulement les galets et la mer. Les baigneurs apportent avec eux le strict nécessaire, une serviette et de quoi boire et manger.

Du côté du Liban-Sud, la plage publique de Saïda (voir la vidéo ici), sable fin et parasols en paille, est gérée par des pompiers volontaires qui veillent à l’application des règles : pas d’alcool, pas d’animaux, pas d’armes et pas de maillot pour les femmes…


Quand le privé s'en mêle

Toujours au Liban-Sud, la plage publique de Tyr, sa longue bande de sable fin qui se termine sur une réserve naturelle, est de plus en plus populaire. La municipalité, qui se charge du nettoyage et de la sécurité, a mis en location 49 cabanons. Devant chaque cabanon, des tables et des parasols colorés accueillent des Libanais venus de tout le pays.

Autre plage à sortir du lot, celle d’Enfeh, qui se distingue par ses pittoresques chalets blancs et bleus construits en bord de mer par lesquels les visiteurs doivent passer pour accéder à la mer. On appelle ce petit havre "Taht el-Rih" en raison de l’absence du vent. "La mer est toujours calme et est la plus propre du pays", lance Pierre Jawhar, l’un des habitants. A Enfeh, les portes des chalets sont grandes ouvertes, l’ambiance est familiale et conviviale et tout le monde est le bienvenu… sauf les "voyous".

 

Publiques, mais...

Mais les plages ne sont pas toutes paradisiaques. A Ghazieh (voir la vidéo ici), au sud de Saïda, la plage publique semble délaissée, surtout en ce qui concerne la propreté. A Ramlet el-Baïda (voir la vidéo ici), dernière plage publique de Beyrouth, le sable est fin mais jonché de débris et de mégots. Les cabines, aux portes démontées, sentent mauvais, les toilettes et les douches ne fonctionnent pas. "Il n’y a ni eau ni électricité", se désole Fadi, chargé par la Big Blue Association de gérer la plage. Autre tache noire, bien visible : une énorme flaque d’eaux usées, en plein milieu de la plage, provoquée par la rupture d'une canalisation bouchée.

 

Dans un Liban où le privé n'en finit plus de ronger les espaces publics, certaines plages gratuites continuent donc d'exister. On en trouve également à Chekka, Tripoli, Naqqoura... Mais dans certaines zones, elles ont disparu, comme à Jiyeh où un employé de la municipalité affirme à L’Orient-Le Jour que "toutes les plages publiques ont été grignotées". Inexistantes également à Damour où le président de la municipalité, Charles Ghafari, a mis en place une alternative depuis maintenant trois ans : "Les habitants de Damour peuvent retirer de la municipalité une carte annuelle leur permettant d’accéder gratuitement aux plages avec qui nous avons conclu un accord".

 

 

Le top 5 de la rédaction

 

 

La plage publique de Tyr

 

 

Ô Glacée - Kfarabida

 

 

Al-Bahsa - Byblos

 

 

Taht el-Rih - Enfeh

 

 

Pierre & Friends- Batroun

 

 

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Zerbé Zeina

https://zeinazerbe.wordpress.com/2013/06/25/entre-plages-publiques-et-plages-privees-au-liban-une-longue-histoire-de-luttes-citoyennes-et-dexploitation-controversee/

NAUFAL SORAYA

Quelle bonne idée! Bravo! Toutes les plages du pays devraient être comme celles-ci!

Toutes ces plages "show off" sont vraiment pathétiques...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

C'EST PITOYABLE... ET IMPITOYABLE ! COMMENT TOUTES CES PLAGES DITES PRIVÉES ONT ÉTÉ ACQUISES... QUI EN A DONNÉ LA PERMISSION... QUI EN A ENCAISSÉ LE PRIX... L'ETAT ? J'EN DOUTE FORT ! SI ON APPLIQUE LA LOI IL Y A DES MILLIARDS À ENCAISSER PAR L'ETAT.
PAYEZ... OU RENDEZ LES PLAGES AU PEUPLE !!!

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