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Économie - Liban - Commerce

Les produits libanais à nouveau exemptés de droits de douanes aux États-Unis

Un programme américain d'aide à la croissance économique des pays en voie de développement a été réactivé par le Congrès. Il permettra aux entreprises libanaises exportant certains produits vers ce pays de s'affranchir des droits de douanes jusqu'en 2017.

Le ministre de l’Économie, Alain Hakim (à droite), et David Hale ont annoncé mercredi la réactivation du Système généralisé de préférences (SGP) américain pour une durée de deux ans. Photo NNA

Le ministre libanais de l'Économie, Alain Hakim, et l'ambassadeur américain au Liban, David Hale, ont annoncé la semaine dernière la réactivation du Système généralisé de préférences (SGP) américain. Mis en place dans les années 1970, ce programme permet d'appliquer des droits de douanes réduits ou nuls sur quelque 5 000 produits exportés vers les États-Unis depuis 122 pays en développement, parmi lesquels figure le Liban. Adopté fin juin par le Congrès américain, ce renouvellement du SGP, qui a expiré en juillet 2013, entrera en vigueur le 29 juillet et sera applicable jusqu'au 31 décembre 2017.

« La réactivation de ce programme est une bouffée d'oxygène pour les entreprises libanaises qui exportent leurs produits à l'étranger, surtout dans le contexte actuel », souligne M. Hakim à L'Orient-Le Jour. « Le blocage des voies d'exportation terrestres vers les pays du Moyen-Orient suite à la fermeture de la frontière syro-jordanienne oblige le Liban à exploiter tous les débouchés », ajoute-t-il. Si la liste complète des produits susceptibles de bénéficier d'une exonération des droits de douanes « doit encore être dressée », le ministre assure que cette dernière devrait inclure la quasi-totalité des marchandises libanaises susceptibles d'être exportées. « Près de 96 % des produits locaux entraient dans le cadre du SGP lors de la dernière année précédant sa suspension en 2013 », a-t-il précisé.

(Lire aussi : L'inertie politique est une menace pour l'économie libanaise, avertit le FMI)

Effet rétroactif

Le programme de coopération économique mis en place par les États-Unis va en outre s'appliquer de façon rétroactive sur l'ensemble des produits listés sur lesquels ont été prélevés des droits de douanes entre le 1er août 2013 et le 28 juillet 2015. « Les modalités de remboursement sont énumérées sur le site Internet des douanes américaines », indique l'ambassade des États-Unis au Liban. « La réactivation du SPG devrait nous permettre de récupérer dans les mois suivants les 5 à 6 % des droits de douanes prélevés ces deux dernières années. Ces sommes seront certainement restituées à travers des chèques du Trésor américain », indique de son côté le président adjoint du syndicat libanais des joailliers, Vasken Hadidian.

Le SGP est un système d'exception à la clause de la nation la plus favorisée – qui dispose qu'un avantage accordé à un pays membre de l'Organisation mondiale du commerce doit être accordé à tous les autres – permettant aux pays développés d'octroyer aux pays en développement un traitement préférentiel sur un certain nombre de produits importés. Ce principe, énoncé pour la première fois en 1968 lors de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), a depuis été transposé en Australie, au Canada, en Russie, au Japon, ou encore au sein de l'Union européenne.

Aux États-Unis, il a été mis en place pour la première fois en 1976 et il est depuis régulièrement renouvelé par un vote du Congrès américain pour une période de deux ou trois ans. Il est cependant arrivé que le renouvellement du programme soit suspendu, faute de vote avant le délai imposé par la loi. « Ce cas de figure est généralement provoqué par les aléas de la politique interne aux États-Unis. Il s'est déjà présenté une fois dans les années 1990 – lorsqu'une absence de vote a provoqué la suspension du SGP pendant deux ans environ – avant d'être réactivé avec un effet rétroactif couvrant l'ensemble de cette période », précise M. Bissat.

(Lire aussi : Liban : Comment stimuler l’investissement sans politique économique ?)

Impact limité

Cette mesure donnera-t-elle un coup de fouet aux exportations du pays du Cèdre vers les États-Unis ? Selon les chiffres des douanes libanaises, ces exportations stagnent en effet autour de 60 millions de dollars annuels depuis plusieurs années, dominées par l'agroalimentaire, les plastiques et caoutchoucs ainsi que les pierres et les métaux précieux. Une performance qui place les États-Unis hors du top 10 des pays vers lesquels le Liban a le plus exporté entre 2011 et 2014. « Les entreprises libanaises, dont la plupart ont été décimées au moment de la hausse du prix de l'or – qui s'est multiplié par cinq entre 2005 et 2011 –, ont pour leur part pratiquement arrêté leurs exportations vers les États-Unis ces dernières années. Les grands joailliers américains vont désormais chercher l'écrasante majorité de leurs produits sur le marché chinois », déplore Vasken Hadidian.

Davantage optimiste, M. Hakim souhaite néanmoins que « le Liban poursuive ses efforts de mise en conformité de sa production aux standards internationaux en général, et américains en particulier, afin d'éviter que l'accès à ce type de marchés ne soit entravé ».



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