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La Dernière

Najwa Karam a le Liban dans le cœur et dans les tripes

Festivals

L'artiste se produira samedi 25 juillet dans le cadre de Beirut Holidays. L'occasion pour ses fans de la découvrir dans un tout nouveau concept.

23/07/2015

On dit souvent qu'il existe dans le monde de la musique deux genres de chanteurs. D'une part ceux qui sont faits pour le direct, les «bruts de scène», les performers. Et puis ces dizaines d'artistes qui enchaînent les succès et vendent des millions de disques, sans toutefois réussir à briller en concert. Najwa Karam est une star à apprécier sur scène, ne serait-ce qu'une fois. Ce samedi, elle sera sur les planches du Biel dans le cadre du festival Beirut Holidays. L'occasion de passer un moment musical libanais populaire par excellence avec cette diva à la personnalité et la voix attachantes. Avec ce timbre puissant dont elle sait dévoiler toute l'étendue à chacune de ses performances, Najwa Karam est capable, élégamment habillée en Zuhair Murad ou en Nicolas Gebran, de faire danser une salle comble sur un burlesque pas de dabké, nullement gênée malgré son accoutrement.

Cette fille de la Békaa, communément appelée dans le monde arabe «soleil de la chanson», est en effet une femme forte qui a grandi à Zahlé, rafraîchie par le Berdawné que les Zahliotes aiment retrouver le soir autour d'innombrables verres d'arak. Et si elle maîtrise toutes les nuances de la chanson libanaise traditionnelle, du mouwal à la mijana, Najwa Karam est célèbre pour son attachement à la sauvegarde du patrimoine musical libanais et des sociétés arabes, dont elle défend le conservatisme face aux « invasions » de certaines valeurs occidentales qu'elle juge trop libertines.
Ainsi, forte d'une carrière qui n'a pas connu de temps mort ni de demi-mesures, elle n'a pas hésité à rejoindre pendant quatre saisons le jury de l'émission Arabs Got Talent, soucieuse de démontrer que « les Arabes ont aussi du talent », ponctuant ses remarques d'un « Yekhreb Baytak » mi-jovial, mi-agressif, à tous les candidats qu'elle apprécie.

Depuis plus de 25 ans, elle enchaîne les succès, refusant de chanter dans un autre dialecte que le libanais, avec des tubes devenus partie intégrante du folklore : Maghroumi, Ma Hada La Hada, Ma Besmahlak, et des tubes plus récents comme Ykhalili Albak, Khalini Choufak Bel Layl ou encore Ma Fi Nom, où elle s'est amusée à reprendre le doum doum tak de la derbaké. Sur scène, Najwa Karam sait, mieux que quiconque, faire remuer les racines libanaises enfouies dans le cœur de chacun de ses spectateurs, qu'ils soient amoureux de cet art populaire ou bien spectateurs plus raffinés, venus peut-être par mégarde. La diva les transporte vers ces anciennes places de villages où il faisait bon danser, autrefois, et les fait applaudir au rythme du tambour dont elle ne se sépare pas durant ses concerts. Après s'être envolée hier pour le Maroc où elle participe au prestigieux festival des voix féminines, elle sera sur la scène du Biel samedi soir à partir de 21 heures, pour la première fois dans le cadre du festival Beirut Holidays.

Soirée libanaise par excellence
«Beirut Holidays a créé une plate-forme dans un nouveau concept, confie Amine Abi Yaghi, à la tête de Star System. Alors qu'il est d'usage, au Liban, d'assister à des concerts dînatoires où deux ou trois chanteurs se produisent autour de mezzés, nous privilégions des spectacles où les stars ont la chance de se produire en solo, dans un set up son et lumière idéal. Après Ziad Rahbani, Nancy Ajram, Élissa, Sabah Fakhri et Waël Kfoury, il était normal que Najwa Karam soit à son tour sollicitée pour faire partie de notre programme. Son concert promet d'être une soirée libanaise par excellence, à la hauteur de l'attente de ses fans et du public, qu'il vienne du Liban, de l'émigration
ou d'ailleurs.»

C'est à la veille de ce rendez-vous que la chanteuse a sorti, il y a quelques jours, son tout nouveau single, Bawsit Abel el-Nawm, qu'elle chantera sur la scène du Biel. Le clip, réalisé par Fadi Haddad, a été tourné en Croatie, et fait justice à ce pays tout autant qu'à la diva, à travers des paysages croates pittoresques et fascinants. Exigeants, certains des fans de la chanteuse ont trouvé que le titre, pourtant costaud, n'était pas à la hauteur de sa voix. C'est dire que Najwa Karam est pour beaucoup l'un des derniers remparts de la chanson populaire locale. Mais si elle a réussi à garder cet art vivant et à l'exporter dans l'ensemble du monde arabe depuis tant d'années, c'est que le Liban est entre de bonnes mains – robustes – avec ce « soleil de la chanson ». Puissante Najwa...

 

 

 

Pour mémoire
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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

CHAQUE FOIS QUE JE VOIS DE NOUVEAU UNE DES STARS DE LA CHANSON LIBANAISE JE REGARDE BIEN SA FACE ET JE ME DEMANDE QUI ELLE EST...

Zvi Zabrinski

BRAVO ET MERCI, OLJ, de publier des articles autres que sur les POUBELLES, ces jours-ci...

OPTION POTION

On voit une fois de plus que votre journal a le moral bien au fond des chaussettes.
En prime de belles creatures , mais les vraies news semblent etre en vacance.
C'est l'Iran NPR qui vous met dans cet etat ???

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