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Économie

Athènes remet sa copie à la zone euro


Une fois n'est pas coutume dans ce dossier, le calendrier a été respecté. L'Eurogroupe a reçu hier soir, deux heures avant l'expiration de l'ultimatum, les nouvelles propositions de réformes promises par la Grèce pour espérer obtenir un troisième plan d'aide et assurer son avenir dans la zone euro. « Les nouvelles propositions grecques ont été reçues par le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a écrit son porte-parole Michel Reijns, sur son compte Twitter. Il est important que les institutions (créanciers) les prennent en compte dans leur évaluation. » Les nouveaux efforts budgétaires promis doivent aller suffisamment loin pour convaincre des créanciers de plus en plus divisés sur leur attitude vis-à-vis d'Athènes et permettre le déblocage d'une nouvelle aide.

Après avoir mis au point cet ensemble de mesures avec ses conseillers, Alexis Tsipras a réuni ses ministres pour convaincre ses partenaires de coalition de soutenir ce plan. Selon le quotidien grec Kathimerini, il porte sur un ensemble de réformes de 12 milliards d'euros répartis sur deux ans, avec notamment un relèvement de l'impôt sur les sociétés et un alourdissement de la TVA. Ce montant dépasse celui de huit milliards prévu auparavant afin de parer aux effets d'un retour à la récession. Le gouvernement d'Alexis Tsipras va par ailleurs demander vendredi au Parlement l'autorisation de négocier sur un texte énumérant des « actions prioritaires » pouvant servir de base à un accord, a confié une source gouvernementale à Reuters.

 

(Reportage : La crise, une question de vie ou de mort pour les malades grecs)

 

Intransigeance germanique

Cruciales pour entamer un nouveau cycle de négociations, ces propositions ne règlent pas pour autant l'épineuse question de la restructuration de la dette grecque, que les précédentes mesures d'austérité imposées par ses créanciers ont portée à 320 milliards d'euros, soit 180 % du PIB. Pour le président du Conseil européen Donald Tusk, « à des propositions réalistes émanant de la Grèce doivent correspondre des propositions tout aussi réalistes sur la soutenabilité de la dette provenant des créanciers ». Cette question divise le FMI et les Européens, parmi lesquels certains pays, comme l'Allemagne, refusent toujours de faire un geste. La chancelière allemande Angela Merkel a réaffirmé, jeudi à Sarajevo, son intransigeance sur ce point. « Une réduction (de la dette) classique est pour moi hors de question », a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse. Une réponse indirecte à l'argument d'Alexis Tsipras qui a rappelé mercredi à Strasbourg que « 60 % de la dette de l'Allemagne avait été effacée, l'une des manifestations de solidarité les plus significatives de l'histoire ». Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a toutefois estimé dans un billet de son blog que si la Grèce « s'engage à des réformes de moyen et long terme, les créanciers doivent offrir un horizon (...) aux Grecs, ce qui implique de s'attaquer au poids de la dette grecque (...) comme cela était prévu en novembre 2012 ».

 

(Lire aussi : Un financier australien tend la main au retraité grec en pleurs, ami de son père)

 


Plus de 1 000 personnes se sont rassemblées jeudi soir dans le centre d'Athènes pour défendre le maintien de la Grèce dans l'euro. Car le « scénario noir », une exclusion du pays de la monnaie unique, n'est plus tabou. Les créanciers vont se pencher d'abord sur les documents transmis hier, qui seront soumis samedi aux ministres des Finances de la zone euro, avant un sommet extraordinaire des 28 pays de l'Union européenne convoqué dimanche à Bruxelles.

Sans accord politique dimanche, la BCE menace de cesser son soutien aux banques grecques, ce qui privera le pays de liquidités et le contraindra à recourir à une monnaie parallèle. La fermeture des banques grecques a été prolongée jusqu'à lundi et les retraits sont plafonnés à 60 euros par jour. La présidente de la Fédération bancaire grecque a assuré qu'elles avaient suffisamment de liquidité pour alimenter leurs distributeurs de billets jusqu'à lundi.

 

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Une fois n'est pas coutume dans ce dossier, le calendrier a été respecté. L'Eurogroupe a reçu hier soir, deux heures avant l'expiration de l'ultimatum, les nouvelles propositions de réformes promises par la Grèce pour espérer obtenir un troisième plan d'aide et assurer son avenir dans la zone euro. « Les nouvelles propositions grecques ont été reçues par le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a écrit son porte-parole Michel Reijns, sur son compte Twitter. Il est important que les institutions (créanciers) les prennent en compte dans leur évaluation. » Les nouveaux efforts budgétaires promis doivent aller suffisamment loin pour convaincre des créanciers de plus en plus divisés sur leur attitude vis-à-vis d'Athènes et permettre le déblocage d'une nouvelle aide.Après...
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