Le Dr Ghassan Mourad, directeur du centre des sciences du langage et de la communication de l’UL.
« C'est le premier centre au Moyen-Orient, voire au monde qui, tout de suite après le baccalauréat, ouvre la technologie aux sciences humaines et, plus spécifiquement, à la linguistique. Même dans les pays occidentaux, ce genre de spécialité commence en master et non en licence », explique le Dr Ghassan Mourad, directeur du centre, avant de préciser que la création de ce centre était inévitable car «l'on ne peut pas continuer à offrir des études en linguistique et en sciences humaines sans les ouvrir à la technologie, surtout que les recherches sont désormais pluridisciplinaires». Soulignant les différences entre les formations offertes par le centre des sciences du langage et de la communication et les autres centres universitaires, il ajoute : « Les autres départements qui enseignent la linguistique en tant que parcours, en littérature française, arabe ou anglaise, éclairent uniquement les aspects morphologique, syntaxique et
sémantique de la linguistique. Ici, les études en linguistique sont plus profondes.»
Le centre des sciences du langage et de la communication de l'UL délivre une licence en ingénierie linguistique comparée avec deux options : l'ingénierie de l'apprentissage des langues, qui dote les étudiants de savoir-faire concernant les outils informatiques dans le cadre de l'enseignement assisté par les produits technologiques, et le traitement automatique des langues, qui permet aux étudiants de mettre au point des moteurs de recherche spécialisés dans l'extraction automatique de l'information.
Au niveau du master, le centre propose un master professionnel en ingénierie des langues et un master de recherche en linguistique informatique appliquée. Les cursus sont organisés de façon à pouvoir accueillir les titulaires d'une licence dans des domaines aussi divers que le droit, les sciences, les sciences appliquées, la littérature, la traduction...
Le centre propose également un diplôme professionnel universitaire en sciences du langage et de la communication dans les domaines de la conception de ressources pédagogiques multimédias et des ressources multimédias pour traducteurs. Les cours donnés incluent, entre autres, la phonétique arabe, la morphologie et la grammaire, la linguistique et les sciences humaines, la documentation électronique, les langues française et anglaise, le traitement automatique des langues, la sémiotique.
La science du futur
«Les cours sont dispensés par des titulaires de doctorats en linguistique arabe, française et anglaise, et en informatique ainsi que par des professeurs en linguistique informatique, des professeurs en didactique et des professeurs en technologie d'enseignement», indique le Dr Mourad en insistant sur la gratuité des études. «C'est l'UL, il n'y a donc que les frais d'inscription», souligne-t-il.
«Quant à la sélection des étudiants, elle se fait sur concours», précise le directeur du centre. Actuellement, le centre réunit un total de 50 étudiants en licence et 70 en master, avec une majorité féminine. Selon le Dr Mourad, les gens ont encore «peur » des «nouvelles» spécialités que le centre propose malgré leur importance. Pourtant, «il ne s'agit pas d'une spécialité rigide comme la littérature par exemple», avance Fatina Melhem, étudiante en 3e année. « Je suis très satisfaite car j'apprends à utiliser la langue dans la technologie d'une manière très pratique, loin de la théorie », poursuit sa collègue Salam Chokr. Rita Hijazi, quant à elle, décrit la confusion qu'elle avait ressentie durant sa première année: «Je ne comprenais pas l'intérêt et l'utilité des matières qu'on étudiait, mais rapidement je me suis rendu compte qu'il s'agit d'une spécialité
passionnante.»
En ce qui concerne les débouchés et les options s'offrant aux diplômés, le Dr Mourad affirme: «Nos diplômés travaillent dans la correction, la réécriture et la rédaction de textes dans les médias, dans la création de supports numériques pour les maisons d'édition, ainsi que dans la traduction automatique. Ils sont également capables de concevoir des logiciels et de moteurs de recherche d'informations spécifiques aux besoins de chaque utilisateur et sont, de la sorte, l'interface entre un linguiste et un informaticien. La plupart de nos étudiants vont vers les établissements scolaires où ils travaillent dans la gestion des laboratoires informatiques et dans la mise au point de supports didactiques dans le cadre des cursus scolaires.» Et de conclure: «90% de nos diplômés réussissent à trouver un emploi. L'ingénierie linguistique est certes la science du futur.»

