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Économie - Grèce

Pour sauver ses banques, Athènes les ferme provisoirement et instaure un contrôle des capitaux

Après avoir décidé, vendredi, d'organiser un référendum sur « l'ultimatum » de ses créanciers, Alexis Tsipras a annoncé hier la fermeture temporaire des banques grecques et l'instauration d'un contrôle des capitaux. La Bourse d'Athènes restera, elle aussi, fermée au moment où le gouvernement tente d'éviter un effondrement financier de son pays.

Dans une allocution télévisée, M. Tsipras a clairement accusé la Banque centrale européenne (BCE) d'être responsable de ces mesures restrictives. « Le rejet de la demande du gouvernement grec pour une brève prolongation du programme (d'aide) est un acte sans précédent (...), remettant en cause le droit d'un peuple souverain à décider », a-t-il déclaré, avant d'ajouter : « Cette décision conduit la BCE à ne pas augmenter la liquidité des banques grecques et force la Banque de Grèce à recommander (...) une restriction sur les retraits bancaires. »

Le Premier ministre n'a pas précisé la durée de ces mesures radicales, mais les médias grecs tablaient sur leur maintien au moins jusqu'au référendum du 5 juillet. Il a en outre affirmé que rien ne pourrait empêcher la tenue de cette consultation – où il a appelé à voter « non » – sur l'offre des créanciers d'une aide sur cinq mois de 15,5 milliards d'euros en échange d'une hausse des impôts et d'une réduction drastique des dépenses.

Appel au calme

M. Tsipras a également lancé un appel au calme aux épargnants grecs : « Les dépôts des citoyens dans les banques grecques sont absolument garantis (tout comme) le versement des salaires et des retraites. » Car de plus en plus de Grecs cherchaient hier à retirer de l'argent pour pouvoir faire face aux dépenses de la vie courante. En outre, plusieurs pays, dont l'Allemagne, ont encouragé leurs ressortissants qui se rendent en Grèce à partir avec beaucoup de liquide.

Les banques grecques se retrouvent donc en première ligne dans la radicalisation de la confrontation entre Athènes et ses créanciers. Hier, la BCE a accentué la pression exercée sur elles en décidant de ne pas relever le plafond des liquidités d'urgence (ELA) qui leur sont octroyées – actuellement de 89 milliards d'euros –, alors que, ces dernières semaines, leur survie a surtout été le fait d'un relèvement régulier de ce plafond.

Dans une interview publiée aujourd'hui par le journal allemand Bild, le ministre des Finances Yanis Varoufakis souligne que son pays ne présentera pas de nouvelles propositions et que la balle est dans le camp de ses créanciers. Sauf retournement de dernière minute, la Grèce pourrait donc se retrouver dès demain en défaut de paiement, ne pouvant honorer un remboursement de 1,6 milliard d'euros au Fonds monétaire international.


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