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Moyen Orient et Monde

L’Onu confirme la livraison d’armes par l’Iran aux houthis

Yémen

Les houthis attaquent l'Arabie à Najran ; le chef de la marine iranienne a indiqué que deux destroyers de son pays se trouvaient à l'entrée de Bab el-Mandab ; le CCG exige que toute négociation se tienne à Riyad.

OLJ
01/05/2015

L'Iran livre des armes aux rebelles chiites houthis au Yémen depuis au moins 2009, selon un rapport confidentiel d'experts de l'Onu communiqué au Conseil de sécurité. Le rapport fait suite à une enquête des experts sur l'arraisonnement en 2013 par les autorités yéménites d'un navire iranien, le Jihan, transportant des armes. Les informations recueillies « suggèrent que le cas du Jihan suit d'autres livraisons par mer au Yémen que l'on peut faire remonter au moins à 2009 », indique le rapport, transmis au Conseil la semaine dernière et que l'AFP a pu consulter hier.
Auparavant, les monarchies du Golfe ont exigé hier que toute négociation pour un règlement au Yémen se tienne à Riyad. Les six pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont formulé cette exigence à l'issue d'une réunion dans la capitale saoudienne de leurs ministres des Affaires étrangères, axée sur la guerre au Yémen où raids aériens et combats se poursuivent sans relâche, principalement dans le Sud. Les pays du CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar) n'ont pas fermé la porte à des pourparlers, mais ont posé des conditions. Dans leur communiqué, les ministres des Affaires étrangères du Golfe ont estimé que toute négociation devait se tenir « sous les auspices du CCG à Riyad » et que les parties devaient accepter « la légitimité » du président Abd Rabbo Mansour Hadi, exilé en Arabie saoudite. Ils ont appelé à « la pleine mise en œuvre de la résolution 2216 » du Conseil de sécurité de l'Onu, adoptée le 14 avril, qui somme les houthis de se retirer de tous les territoires conquis depuis l'été 2014. Mais côté iranien, la position est très différente. D'éventuels pourparlers « doivent avoir lieu dans un endroit qui n'est pas impliqué dans le conflit », a répété mercredi le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.
En outre, dernier signe en date des tensions grandissantes entre l'Iran et l'Arabie saoudite, Téhéran a convoqué le chargé d'affaires saoudien pour protester contre l'intervention mardi d'avions de combat saoudiens qui ont empêché un avion iranien chargé d'aides d'atterrir à l'aéroport de Sanaa, sous contrôle rebelle. C'est la quatrième fois en un mois que le chargé d'affaires saoudien à Téhéran est convoqué pour différentes affaires. Parallèlement, le chef de la marine iranienne, l'amiral Habibollah Sayari, a indiqué que deux destroyers iraniens se trouvaient à l'entrée de Bab el-Mandab, détroit stratégique entre le Yémen et Djibouti qui voit passer environ quatre millions de barils de brut par jour. Selon lui, ces navires sont « dans le golfe d'Aden (...) pour assurer la sécurité des navires marchands de notre pays face à la menace des pirates ».

Trois soldats saoudiens morts
Sur le terrain, l'aviation de la coalition a bombardé intensément des positions rebelles à Aden, Taëz, Lahj et Abyane, dans le sud du Yémen, où des combats ont aussi opposé des rebelles à des combattants pro-Hadi, selon des sources concordantes. Il y a eu huit morts à Aden, dont trois civils, selon un responsable local. Des affrontements ont eu lieu également à Kirsh où les rebelles ont bombardé des quartiers résidentiels en représailles au parachutage par la coalition d'armes destinées aux forces gouvernementales, selon des responsables locaux. Par ailleurs, l'Arabie saoudite a affirmé hier avoir tué des dizaines de rebelles chiites yéménites en repoussant la première attaque d'ampleur lancée contre le royaume par ces rebelles depuis qu'ils sont visés par une campagne aérienne menée par Riyad au Yémen. « Les troupes au sol ont repoussé aujourd'hui une attaque des milices houthis à la frontière sud de Najran », a ainsi annoncé le ministère de la Défense dans un communiqué publié par l'agence officielle Spa. Au moins trois soldats saoudiens sont morts dans cet incident « inhabituel », selon le communiqué, et les troupes au sol ont été appuyées par des raids aériens.
De son côté, la population est, elle, plongée dans une situation humanitaire critique, au moment où le Programme alimentaire mondial (Pam) annonce l'arrêt progressif, faute de carburant, de ses distributions de nourriture. Ces deux dernières semaines, le Pam avait fourni une aide alimentaire d'urgence à 700 000 personnes à travers le Yémen, selon l'organisation, et désormais « de nombreuses familles ne savent pas d'où proviendra leur prochain repas ».
Enfin, le groupe État islamique (EI) a mis en ligne une vidéo présentée comme la décapitation mi-avril de quatre soldats yéménites et l'exécution par balles de onze autres dans la province de Chabwa.

(Source : AFP)

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