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À La Une - Syrie

Le régime syrien subit un revers majeur en perdant Jisr al-Choughour

Raids aériens israéliens contre l'armée loyaliste et le Hezbollah dans le Qalamoun.

Des combattants rebelles se préparent à lancer l'assaut contre la ville syrienne de Jisr al-Choughour, le 20 avril 2015. REUTERS/Khalil Ashawi

Le régime syrien a subi samedi un revers majeur en perdant la ville stratégique de Jisr al-Choughour, dont la prise par la branche syrienne d'el-Qaëda pourrait marquer un tournant dans la guerre ravageant le pays depuis plus de quatre ans.

Des combattants du Front al-Nosra - la branche syrienne d'el-Qaëda - et des groupes rebelles islamistes ont pris samedi le contrôle total de cette ville située sur la route menant à la province de Lattaquié, le fief du président Bachar el-Assad, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). "Le Front al-Nosra et des bataillons islamistes sont entrés dans Jisr al-Choughour ce matin, après de violents combats avec les forces du régime depuis jeudi. Ils ont pris le contrôle total de la ville et des combats ont lieu désormais au sud et à l'est de la ville", a précisé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. L'OSDH a dénombré au moins 60 cadavres des forces du régime à Jisr al-Choughour, qui se trouve dans la province d'Idleb (nord-est).

La coalition de combattants, qui se fait appeler l'Armée de la conquête, avait pris fin mars le chef-lieu éponyme de cette province, seconde capitale provinciale à échapper aux mains du régime, après Raqqa (nord), devenue le fief du groupe jihadiste État islamique (EI) en Syrie. Une source militaire syrienne, citée par l'agence officielle Sana, a reconnu la défaite. "Des unités de l'armée se sont redéployées avec succès dans les alentours de Jisr al-Choughour pour éviter des pertes parmi la population civile". "Nos forces frappent les rassemblements de terroristes et leurs routes de ravitaillement dans Jisr al-Choughour", ajoute l'armée.

 

Manifestations en 2011

Jisr al-Choughour, qui comptait quelque 45.000 habitants avant 2011, était l'un des derniers bastions du régime dans la province d'Idleb et a une grande valeur stratégique car elle est tout près de la Turquie, pays favorable à la rébellion, mais aussi de Lattaquié, sur la côte méditerranéenne. "Cette ville est plus importante que celle d'Idleb, car elle est à proximité de la province de Lattaquié et de régions contrôlées par le régime dans la partie nord-est de la province de Hama", a expliqué M. Abdel Rahmane. Désormais, le territoire contrôlé par le régime est quasiment entièrement encerclé par les jihadistes de l'EI et du Front al-Nosra allié aux rebelles.

Selon un responsable politique à Damas, l'offensive contre Jisr al-Choughour a "été menée à la suite d'un accord entre l'Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie qui soutiennent sans réserve les jihadistes, pour que le régime arrive aux négociations de Genève avec un pied cassé et négocie en position de faiblesse". Le médiateur de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a annoncé qu'il entamerait début mai des consultations séparées avec des représentants du régime, de l'opposition et de la société civile, ainsi qu'avec des acteurs régionaux.

La présence du régime dans la province d'Idleb se limite maintenant à la ville de Ariha (25 km de Jisr al-Choughour) et al-Mastoumé et Qarlmid, proche de Ariha, où se trouvent d'importantes casernes de l'armée. "Elles sont encerclées et la route empruntée par les renforts du régime à partir de la côte-est coupée", a affirmé à l'AFP un militant, Khaled Dakhnoun.

Des photos sur un compte officiel Twitter d'al-Nosra montrent des combattants en treillis circulant dans la ville, se reposant ou priant ainsi que des drapeaux du mouvement sur des immeubles et des véhicules.
Pour l'expert de la Syrie Charles Lister, cette victoire "permet à l'opposition d'ouvrir une route vers Lattaquié à partir d'Idleb et de Hama, ce qui peut favoriser grandement une future offensive sur Lattaquié et les fiefs du régime sur la côte comme Qardaha". "Ceci ne doit pas être vu comme simplement une offensive sur Jisr al-Choughour, mais dans le cadre d'une stratégie beaucoup plus grande", souligne-t-il.

Jisr al-Choughour a connu au début du soulèvement contre Bachar el-Assad de très grandes manifestations, réprimées par la force. Elle a aussi connu la première grande opération de rebelles contre des forces du régime. Du 4 au 6 juin 2011, 140 policiers avaient péri dans un assaut des premiers rebelles, qui étaient surtout des déserteurs de l'armée. Mais les forces du régime avaient tout de suite repris le contrôle de la situation.

 

Raids aériens israéliens contre l'armée syrienne et le Hezbollah dans le Qalamoun

Dans la région montagneuse du Qalamoun, située entre le Liban et la Syrie, l'aviation israélienne a effectué, vendredi en soirée, des raids aériens contre des positions de l'armée syrienne et du Hezbollah, rapportent des médias locaux citant notamment la chaîne al-Jazeera.

Selon des sources citées par la chaîne panarabe, les frappes ont eu lieu dans la localité de Katifa et à proximité des localités de Yabroud et Kara (dans la banlieue de Damas). Les bombardements ont touché les brigades 155 et 65, spécialisées dans les armes stratégiques et les missiles balistiques. Selon la LBCI, le Hezbollah avait stocké une partie de ses missiles dans les zones ciblées par les raids. Les autorités israéliennes auraient refusé de commenter les frappes en questions.

 

(Pour mémoire : Damas affirme avoir abattu un drone, Israël « pas au courant »)

 

Israël a mené, à plusieurs reprises, des raids aériens en Syrie depuis le début de la guerre, notamment à proximité de la frontière libanaise, afin de détruire des convois d'armes ou d'éliminer de hauts cadres du Hezbollah ou des forces armées iraniennes.

Le 18 janvier, six combattants du Hezbollah avaient été tués par un raid d'hélicoptère israélien sur le plateau syrien du Golan, dans la province syrienne de Kuneitra, terrain d'affrontements entre les forces régulières syriennes et les forces de l'opposition. Jihad Imad Moghniyé (l'un des fils de l'ancien commandant militaire du Hezbollah, assassiné en 2008 à Damas, ainsi que d'autres commandants militaires du parti chiite, avaient été tués. Un général des Gardiens de la révolution iraniens avaient également été liquidé.

 

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