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Liban - Liban

Des images satellite révèlent la présence d’un aéroport de drones aménagé par le Hezbollah au Hermel

Image satellite montrant la piste aménagée au sud du Hermel dans la Békaa en juin 2014 par Google Erath.

Le site web britannique, Defence & Security Intelligence & Analysis – IHS Jane's 360, spécialisé dans les affaires militaires, a publié, jeudi, des informations selon lesquelles une analyse d'images satellite suggère que le Hezbollah aurait construit une piste d'atterrissage au nord de la vallée de la Békaa pour ses véhicules aériens sans pilote, ou drones. Situé dans une région éloignée et peu peuplée, à 10 km au sud de la ville de Hermel et 18 km à l'ouest de la frontière syrienne, la piste d'atterrissage aurait été construite entre février 2013 et juin 2014, selon des images satellite qui sont récemment devenues accessibles au public sur Google Earth.

La piste est composée d'une seule bande de terre battue d'une longueur de 670 m et d'une largeur de 20 m. La courte longueur de la piste suggère que l'installation n'est pas destinée à la contrebande d'armes en provenance de Syrie ou de l'Iran car elle est trop courte pour presque tous les avions de transport utilisés par les forces aériennes de ces pays. Une exception pourrait être cependant l'avion de transport de type An-74T-200 à décollage court utilisé par le corps des gardiens de la révolution islamique, mais dont l'atterrissage avec une charge utile sur une bande de 670 m dans les montagnes serait considéré comme une manœuvre dangereuse pour la plupart des pilotes.
Une autre théorie est que la piste aurait été construite pour les drones de fabrication iranienne, y compris l'Ababil-3, qui a été utilisé en Syrie par les forces alliées au régime syrien, et peut-être la plus récente et plus grande, Shahed-129. Des sources du Hezbollah ont confirmé à IHS Jane que le parti utilise des drones pour appuyer les opérations contre les forces rebelles en Syrie, en particulier au-dessus de la région montagneuse du Qalamoun à l'ouest de la Syrie, sur le versant oriental de la chaîne de l'Anti-Liban.
Une antenne située sur une colline à 430 m au sud de la bande aménagée et à laquelle elle est reliée par une piste ressemble à une tour de téléphonie mobile classique, mais pourrait éventuellement être utilisée pour étendre la portée d'une station de contrôle du drone à partir du sol.

Par ailleurs, six petits bâtiments logistiques se trouvent près de cette piste, mais aucun n'est assez grand pour accueillir un drone de la taille d'un Ababil-3, qui a une envergure d'environ 7 m. Cependant, il y a une installation construite dans une vallée à 2,5 km à l'ouest de la piste d'atterrissage qui comprend deux bâtiments assez grands pour contenir les drones. Le site, qui est gardé par un poste de contrôle, ressemblerait à d'autres installations du Hezbollah éparpillées autour de la vallée de la Békaa, rapporte le magazine.

 

(Pour mémoire : Un aéroport militaire du Hezbollah à Baalbeck ?)


Le Hezbollah a exploité les drones dans l'espace aérien libanais depuis au moins novembre 2004, quand il a envoyé Mirsad-1 pour une brève mission de reconnaissance au-dessus du nord d'Israël. Il a ensuite envoyé au moins trois drones en Israël pendant le conflit de l'été 2006 qui l'opposa à l'État hébreux.
Le Hezbollah a déclaré être responsable du drone auquel il avait donné le nom d'Ayoub qui a été abattu au sud d'Israël le 6 octobre 2012 et il avait indiqué qu'il était de fabrication iranienne. Le général de brigade Amir Ali Hajizadeh, commandant des forces de l'air du corps des gardiens de la révolution islamique, a par la suite déclaré que le drone était de type Ababil-3. Plusieurs drones iraniens ont été repérés à de nombreuses reprises dans l'espace aérien syrien, principalement la variante Ababil-3.
Le quotidien saoudien al-Watan avait rapporté quant à lui, en mars 2014, que le Hezbollah avait construit un « aéroport militaire » pour ses drones dans la vallée de la Békaa. Les médias locaux avaient affirmé alors que son emplacement était à Iaat, au centre de la vallée de la Békaa, faisant la confusion entre une éventuelle installation du Hezbollah et un aérodrome abandonné de la Royal Air Force britannique remontant à l'époque de la Seconde Guerre mondiale.

Contacté par L'Orient-Le Jour, le général à la retraite et spécialiste de géopolitique, Élias Hanna, s'est montré sceptique quant à l'affirmation sur l'éventuelle présence d'un aéroport au sens propre du terme dans la Békaa et qui relèverait du Hezbollah. « Un aéroport ne se cache pas et il nécessiterait une infrastructure spéciale ou du moins la présence d'un radar afin d'assurer un minimum de fonctionnalité », soulève l'expert militaire. Il a affirmé qu'un aérodrome de 650 mètres de long ne suffirait pas à l'atterrissage d'un avion-cargo mais serait idéal pour le décollage d'engins de plus petite taille servant surtout à des opérations de reconnaissance et de collecte de renseignements militaires. Le général Hanna a relevé cependant une importance stratégique de l'emplacement de la piste pour un opérateur de drones. La région du Hermel donne accès à Homs, Rif Homs, Qusayr et le Qalamoun, qui revêt une importance spéciale pour le Hezbollah et l'Iran. Une piste de décollage dans cet endroit permet le pilotage des avions sans pilote au-dessus de ces régions syriennes afin d'effectuer des opérations de reconnaissance et de surveiller au quotidien les déplacements des troupes, des rebelles et des islamistes, au sol. Pour l'ancien général de l'armée, le Hezbollah n'a pas intérêt à aménager des bases militaires fixes qui pourraient être la cible d'éventuels raids mais adopterait plutôt la tactique de bases mobiles faisant sa notoriété et lui assurant une souplesse de déplacement sur le champ de bataille. « Le parti chiite n'a pas besoin d'un aéroport clandestin vu qu'il a un accès routier direct avec la Syrie et que ses mouvements sont facilités au niveau de l'Aéroport international de Beyrouth, pour un éventuel acheminement d'armes. », a-t-il conclu.

 

Lire aussi
Hassan Érostrate, l'article de Michel Hajji Georgiou

De Washington, Hariri accuse le Hezbollah de mener une « politique du chaos » dans la région

 

Le site web britannique, Defence & Security Intelligence & Analysis – IHS Jane's 360, spécialisé dans les affaires militaires, a publié, jeudi, des informations selon lesquelles une analyse d'images satellite suggère que le Hezbollah aurait construit une piste d'atterrissage au nord de la vallée de la Békaa pour ses véhicules aériens sans pilote, ou drones. Situé dans une...
commentaires (3)

QUI VA CRIER : KAFA !!!

LA LIBRE EXPRESSION NE COMMENTE PAS.ELLE CONSEILLE

17 h 29, le 27 avril 2015

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Commentaires (3)

  • QUI VA CRIER : KAFA !!!

    LA LIBRE EXPRESSION NE COMMENTE PAS.ELLE CONSEILLE

    17 h 29, le 27 avril 2015

  • Bien entendu, les pasdarans agissent en maîtres du Liban, sans se soucier le moins du monde de la souveraineté nationale. Et si cette base attire sur le Liban des bombardements ou des tirs de missiles, en quoi le Hezbollah et son maître iranien s'en soucient-ils? Qu'attend l'armée pour les mettre au pas?

    Yves Prevost

    06 h 59, le 26 avril 2015

  • " Aéroport de drones "le terme est inapproprié ...un pas de tir ou une piste de lancements pour drones ...semble plus approprié...

    M.V.

    11 h 57, le 25 avril 2015

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