Liban

Accusé des raids en Syrie, Israël veut stopper le transfert d’armes au Hezbollah

OLJ
09/12/2014

Israël a réaffirmé hier sa détermination à empêcher tout « transfert d'armes » de la Syrie au Hezbollah, tout en se gardant de confirmer sa responsabilité dans les frappes près de Damas que le régime syrien lui a imputées.
Les autorités syriennes ont accusé Israël d'avoir mené dimanche deux raids contre des secteurs tenus par ses soldats près de Damas, dont l'aéroport international, dénonçant un « soutien direct » israélien aux rebelles et jihadistes en guerre contre le régime de Bachar el-Assad.
Selon des informations de presse rapportées hier par l'agence al-Markaziya, deux combattants du Hezbollah auraient trouvé la mort dans ces attaques. L'un d'eux serait un haut responsable militaire du parti.
« Nous avons une politique de défense intransigeante qui vise autant que possible à empêcher le transfert d'armes sophistiquées en direction d'organisations terroristes », a déclaré à la radio publique israélienne Youval Steinitz, le ministre israélien des Renseignements, cité par l'AFP de Jérusalem.
Ce membre du Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahu faisait allusion au Hezbollah. Il n'a pas pour autant confirmé la responsabilité de son pays dans les raids qui ont visé, selon le pouvoir syrien, le secteur de Damas et celui de son aéroport international, faisant des dégâts.
Sans imputer les raids à une partie quelconque, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a affirmé que les cibles étaient « deux sites militaires où des armes étaient stockées ».
Selon les médias israéliens, la responsabilité d'Israël ne fait pas de doute et les raids ont frappé des convois ou des stocks d'armes dites « sophistiquées » (missiles antichars, missiles sol-air) destinés au Hezbollah.
« Il y a sûrement une fenêtre qui s'est ouverte hier (dimanche) pour un très court laps de temps, et la décision de frapper a été prise », a estimé le commentateur militaire de la radio de l'armée.
Certains journaux ont jugé que ces raids auraient des conséquences sur la campagne pour les élections anticipées du 17 mars, que M. Netanyahu veut remporter de nouveau.
« Nous donnons à un adulte responsable, Bachar el-Assad, le soin de décider quel sera l'agenda des prochaines élections », ironise Alex Frishman, l'éditorialiste du journal Yediot Aharonot. « Tant qu'Israël n'assume pas la responsabilité (de ces raids), les pays visés ne peuvent pas répliquer », écrit pour sa part le journal Israel Hayom.
La plupart des commentateurs militaires israéliens estiment toutefois que la probabilité de représailles syriennes ou du Hezbollah contre l'État hébreu est infime.
Si représailles il y a, elles seront probablement menées par le Hezbollah contre des soldats israéliens, estime l'analyste Daniel Nisman.
« Cela pourrait être une opération à l'étranger, une attaque contre des Israéliens... Mais il est plus probable que cela soit une attaque à l'explosif à la frontière contre une patrouille », a-t-il affirmé à l'AFP.
Selon des informations en provenance du Liban-Sud, l'armée israélienne a procédé hier à une hausse préventive de son niveau d'alerte le long de la frontière avec le Liban, et en particulier sur le front des fermes de Chebaa.
En Israël, c'est l'échelon politique, sur proposition de l'armée et du renseignement, qui est habilité à donner son feu vert à des frappes sur des cibles à l'étranger.
Depuis janvier 2013, le pouvoir syrien a accusé à huit reprises Israël d'avoir mené des raids aériens contre ses installations en Syrie. Mais Israël se cantonne la plupart du temps à une stratégie du « ni-ni », consistant à ne pas confirmer ni infirmer sa responsabilité, tout en répétant sa détermination à lutter contre toute menace directe émanant de la Syrie ou du Liban.
Alors que M. Netanyahu mise sur des réalisations sécuritaires pour remporter les prochaines élections, ses opposants ont dénoncé des raids à des fins politiques.
« J'espère qu'il ne s'agit pas du coup de canon inaugural de la campagne pour les primaires du Likoud ou pour les prochaines élections », a ironisé le député Ilan Gilon, du parti de gauche Meretz.
« Ceux qui accusent Netanyahu d'avoir ordonné un bombardement en Syrie par stratégie politique sont ridicules et malfaisants », a répliqué M. Steinitz.

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