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À La Une - Questions-Réponses

Crash de l'A320 : l'idée de suicide peut être "tellement forte qu'elle emporte tout"

Un psychiatre français analyse l'hypothèse de suicide du copilote de l'Airbus de Germanwings.

Le copilote, Andreas Lubitz est soupçonné d'avoir volontairement provoqué le crash de l'A320 de Germanwings dans les Alpes. AFP PHOTO / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Chez certains, l'idée suicidaire "est tellement forte qu'elle emporte tout" et il arrive que "rien ne le laisse présager" dans leur comportement, note le psychiatre français Bernard Granger, à propos de l'hypothèse d'un suicide du copilote, Andreas Lubitz, soupçonné d'avoir volontairement provoqué le crash de l'A320 de Germanwings.
Professeur de psychiatrie à l'Université René Descartes de Paris, Bernard Granger est chef du service psychiatrie de l'hôpital Tarnier (Cochin) à Paris.

Qu'est-ce qui pourrait pousser un pilote à un tel geste?
"C'est très difficile de répondre car je n'ai jamais eu ce monsieur (le copilote, ndlr) en face de moi. On peut toujours faire mille conjectures. On ne sait pas s'il avait pris des substances, si sa petite amie l'avait quitté la veille, s'il avait des antécédents psychiatriques cachés, s'il a eu une impulsion, s'il ne tournait pas rond depuis longtemps ou si au contraire, quelque chose de brutal lui est arrivé. C'est impossible de faire la moindre hypothèse dans la mesure où on n'a rien de tangible sauf qu'il s'est enfermé dans la cabine et a enclenché une manœuvre pour que l'avion s'écrase".

(Récit : Crash de l'A320 : les dernières minutes du vol 4U 9525)

 

Que peut-on dire de personnes qui entraînent dans leur suicide la mort d'autres personnes?
"S'il s'agissait d'un cas simple, il se serait suicidé d'une autre façon. Souffrait-il de délires sous-jacents? Dans des cas de mélancolies délirantes, il peut y avoir une notion de +suicide altruiste+. On pense que le monde est tellement épouvantable que, pour sauver les autres de ce monde épouvantable, on les tue aussi. Mais le cas de figure classique du +suicide altruiste+, c'est celui qui tue sa famille et qui se tue après. Ceci ne cadre pas vraiment avec cette histoire."
"Parfois, l'idée suicidaire est tellement forte qu'elle emporte tout. Mais Il y a tellement de variantes possibles dans les conduites suicidaires. En l'état, la seule chose qu'on peut dire c'est qu'on ne peut rien avancer pour l'instant d'un point de vue psychopathologique".

Ce type de comportement est-il prévisible?
"Pas forcément. Beaucoup de gens qui se suicident ont avant un comportement parfaitement normal. Souvent d'ailleurs, on se dit après coup +c'est bizarre+ et on est très étonné du geste. Souvent, rien ne laisse présager le geste suicidaire. Des tas de suicides sont impromptus, imprévisibles. Ce sont des gestes qui répondent soit à des pulsions, soit à des actes prémédités".
"Souvent, une personne déprimée qui a décidé de se suicider, éprouve une espèce de soulagement anticipé. Elle se comporte alors de façon paradoxale par rapport à ce qui va se produire et adopte une attitude en apparence parfaitement normale avant le passage à l'acte".

 

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Qu'est-ce qui pourrait pousser un pilote à un tel geste?"C'est très difficile de répondre car je n'ai jamais eu ce monsieur (le copilote, ndlr) en face de moi. On peut toujours faire mille conjectures. On ne sait pas s'il avait pris des substances, si sa petite amie l'avait quitté la veille, s'il avait des antécédents psychiatriques...
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