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À La Une - Diplomatie

"Bachar el-Assad ne peut pas être l'avenir de la Syrie"

Les chefs des diplomaties française et britannique publient une tribune commune dans Le Monde et al-Hayat.

Le président syrien Bachar el-Assad en compagnie de la délégation française, le 25 février 2015. AFP PHOTO / HO / SANA

Bachar el-Assad "ne peut pas être l'avenir de la Syrie" ravagée par quatre ans de guerre, car il représente "l'injustice, le désordre et la terreur", ont réaffirmé vendredi les chefs des diplomaties française et britannique dans une tribune publiée par Le Monde et al-Hayat.

"Bachar représente à la fois l'injustice, le désordre et la terreur. Et nous, France et Royaume-Uni, nous disons non aux trois", écrivent Laurent Fabius et Philip Hammond, qui s'inquiètent de "la démarche d'auto-réhabilitation" lancée selon eux par le président syrien. "Dans les médias occidentaux, il tente de profiter de l'effroi suscité par les extrémistes pour se présenter en rempart contre le chaos. Certains paraissent sensibles à ce discours: face à la terreur, disent-ils, l'injustice et la dictature seraient préférables au désordre", poursuivent les deux ministres.

Cette mise au point intervient au lendemain d'un voyage controversé de quatre élus français à Damas, qui ont pour trois d'entre eux rencontré M. Assad, qualifié de "boucher" par les autorités françaises. La tribune de MM. Fabius et Hammond est aussi publiée alors que de plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer une reprise de contact avec le régime de Damas, afin de lutter contre les jihadistes du groupe Etat islamique qui occupent de grands pans du territoire syrien et font peser une menace terroriste en Europe.

 

(Lire aussi : Le voyage de Gérard Bapt à Damas, une affaire d'État en France)

 


Méconnaître les causes de la radicalisation
"Proposer Bachar el-Assad comme solution face à l'extrémisme, c'est méconnaître les causes de la radicalisation. Après 220 000 morts et des millions de déplacés, il est illusoire d'imaginer que la majorité des Syriens consentent à se placer de nouveau sous la coupe de celui qui les martyrise", selon la tribune. "Pour notre propre sécurité nationale, nous devons venir à bout de Daech (acronyme arabe de l'Etat islamique) en Syrie", reconnaissent les deux ministres.

"Nous avons besoin d'un partenaire pour agir contre les extrémistes, donc d'un règlement politique négocié entre les différentes parties syriennes conduisant à un gouvernement d'unité. Celui-ci devrait réunir certaines structures du régime existant" et des représentants de l'opposition ayant de la Syrie "une vision modérée", jugent-ils. "Il est clair pour nous que Bachar el-Assad ne peut s'inscrire dans un tel cadre", répètent-ils, assurant également que le président syrien "ne cesse de s'affaiblir", et promettant que Paris et Londres "ne ménageront aucun effort" pour parvenir à une solution négociée. Toutes les tentatives de négociations pour résoudre la tragédie syrienne ont jusqu'à présent échoué.

Assad ne veut "plus rester isolé" face au terrorisme
Le président syrien a pour sa part déclaré qu'il ne voulait "plus rester isolé face à la menace terroriste", a assuré vendredi le sénateur François Zocchetto, relatant son déplacement en Syrie.
"Bachar el-Assad est quelqu'un de réservé, il ne se livre pas facilement. Il a dit qu'il attendait de ne plus resté isolé face à la menace terroriste", a expliqué le sénateur sur Radio Classique, au sujet de sa rencontre avec le président syrien en compagnie de deux autres parlementaires français.

"Le président du Sénat (Gérard Larcher, UMP) et la commission des Affaires étrangères du Sénat étaient informés (de cette visite). Je sais que M. (Gérard) Bapt (PS) avait informé l'Elysée et le quai d'Orsay", a poursuivi François Zocchetto, pour qui il s'agissait d'une "mission mûrement réfléchie".
"Nous sommes des parlementaires (...) et les parlementaires sont libres, nous ne sommes pas le bras de l'exécutif ou la parole du maître. Nous ne sommes pas porteurs d'un message officiel du gouvernement français", a-t-il insisté.

"Il est difficile de dire que l'on veut lutter contre le terrorisme en France et ignorer ce qui se passe en Syrie. La Syrie est le dernier Etat laïc du Moyen-Orient et c'est ce qui gêne justement. Cet Etat laïc peut disparaître demain (...) Car aujourd'hui il n'y a plus d'opposition syrienne modérée", a plaidé le sénateur, en assurant que leur déplacement ne consistait "nullement à légitimer le régime syrien".

 

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Bachar el-Assad "ne peut pas être l'avenir de la Syrie" ravagée par quatre ans de guerre, car il représente "l'injustice, le désordre et la terreur", ont réaffirmé vendredi les chefs des diplomaties française et britannique dans une tribune publiée par Le Monde et al-Hayat.
"Bachar représente à la fois l'injustice, le désordre et la terreur. Et nous, France et Royaume-Uni, nous...

commentaires (7)

NI LES TAKFIRISTES... NI LES SALAFISTES... NI LES FAKIHISTES !!! Où TROUVER D'AUTRES ??? ET QUI SERAIENT CES AUTRES ???

L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

11 h 19, le 28 février 2015

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Commentaires (7)

  • NI LES TAKFIRISTES... NI LES SALAFISTES... NI LES FAKIHISTES !!! Où TROUVER D'AUTRES ??? ET QUI SERAIENT CES AUTRES ???

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    11 h 19, le 28 février 2015

  • on ne remplace pas un mal par un autre mal !!! point final

    Bery tus

    23 h 55, le 27 février 2015

  • Quand on est un looser autant etre bon looser. Bashar l a remporte. Ses ennemis ont perdu. Quoi de plus evident en somme.

    FRIK-A-FRAK

    19 h 59, le 27 février 2015

  • Et qui est la perle non extrêmiste qu'ils proposent en remplacement? ou peut-être vaut-il mieux s'assurer de continuer à faire créer une Libye 2?

    NAUFAL SORAYA

    17 h 54, le 27 février 2015

  • Finalement quelque chose de sensé. Hors de question de laisser ce tyran s'en sortir comme si de rien n'était. Grace a la lâcheté de Obama qui n'a pas su réagir a temps, Daesh et consort n'auraient pas vu le jour. Et le Bachar qui essaie de tirer profit de la situation n'en sera que plus deçu.Des mecs pareils n'ont plus le droit d'être traites comme des chefs d'état. C'est immoral, insensé et bête.

    Tabet Karim

    15 h 39, le 27 février 2015

  • Entre Assad et le chaos, Assad est de loin le meilleur Mal .

    Sabbagha Antoine

    15 h 28, le 27 février 2015

  • Et les députés et sénateurs français ,avec leurs socialisme usé et leurs droite sclérosée ....? sont 'ils l'avenir de la France ...?? je ne suis pas pro-Assad ...mais ... cette posture politicienne française ...aux relents rétro-colonialistes , avec sa prétention " intello-de-salons-parisiens " ....devient insupportable...! heureusement que BHL n'était pas du voyage ...

    M.V.

    13 h 50, le 27 février 2015

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