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Moyen Orient et Monde - France

Hollande et Valls indignés par la visite des parlementaires à Damas

Assad qualifié de « dictateur » par le président et de « boucher » par son Premier ministre.

Du président socialiste François Hollande à son prédécesseur de droite Nicolas Sarkozy, les principaux dirigeants français ont vivement désavoué hier le voyage à Damas de quatre parlementaires alors que Paris campe sur son refus de tout contact avec le régime de Bachar el-Assad.
La rencontre de trois d'entre eux avec le président honni de Paris a été sévèrement condamnée, même si certains avancent la nécessité de se rapprocher du dirigeant syrien pour combattre le groupe État islamique (EI) devenu « l'ennemi principal » dans la région.
« Cette initiative, je la condamne », a ainsi déclaré François Hollande hier. « Il s'agit d'une rencontre entre des parlementaires français qui n'ont été mandatés que par eux-mêmes avec un dictateur qui est à l'origine d'une des plus graves guerres civiles de ces dernières années, qui a fait 200 000 morts. 200 000! » a-t-il insisté. Pour sa part, le Premier ministre Manuel Valls avait un peu plus tôt qualifié de « faute morale » la rencontre avec le président Assad, une première depuis la rupture des relations diplomatiques entre Paris et Damas en mai 2012. « Les parlementaires représentent la souveraineté nationale », a observé Manuel Valls sur la chaîne de télévision d'informations en continu BFMTV. « Que des parlementaires aient ainsi, sans crier gare, rencontré un boucher (...) je crois que c'est une faute morale. » L'ancien président Nicolas Sarkozy (2007-2012), chef du principal parti d'opposition, l'UMP, a, lui, qualifié les quatre parlementaires de « gugusses », en assurant que lui-même ne serait pas allé à Damas. Quant à la presse syrienne, elle s'est félicitée hier de l'événement qui « fera date », selon le quotidien proche du pouvoir el-Watan. « Cette délégation est un message invitant les gouvernements européens à adopter une politique plus courageuse en annonçant un changement de l'attitude envers notre pays et à s'excuser de leur attitude envers le peuple syrien. » Le journal avance que « des centaines d'élus et des représentants en France et en Europe » sont « opposés à la politique de leur gouvernement sur la crise syrienne ».

Intérêts économiques
Pour rappel, la délégation comprenait le député UMP (Union pour un mouvement populaire, droite) Jacques Myard, le député de la majorité socialiste Gérard Bapt, qui n'a, pour sa part, pas rencontré le président syrien, Jean-Pierre Vial, sénateur UMP, et François Zocchetto, sénateur centriste.
À son retour hier à Paris, Jacques Myard a condamné la « politique aveugle » de Paris, en mettant aussi en avant la nécessité de préserver les intérêts économiques de Paris envers son ancien protectorat. Gérard Bapt a évoqué, de son côté, « une visite strictement privée », un « déplacement exploratoire pour retrouver le chemin de la compréhension et de la paix ». « Beaucoup de pays européens considèrent ce gouvernement comme fréquentable », a insisté l'élu socialiste sur la radio France Inter.
Ce déplacement controversé a de fait relancé le débat sur l'opportunité de parler ou pas avec le président syrien, avec des voix dissonantes, à droite notamment. « Nous sommes bien obligés de dialoguer avec Bachar el-Assad dès lors que nous avons un ennemi prioritaire, l'État islamique », a ainsi estimé un proche de l'ex-président Sarkozy, Henri Guaino. Mais mercredi, l'ancien Premier ministre François Fillon, rival de Nicolas Sarkozy dans la perspective de la présidentielle de 2017, avait été plus loin : « Ils ont eu raison d'y aller, il faut écouter toutes les parties. » « Si j'avais l'occasion d'aller en Syrie, j'irais sûrement en Syrie », a-t-il ajouté.


Marie WOLFROM, Corinne DELPUECH/AFP


Du président socialiste François Hollande à son prédécesseur de droite Nicolas Sarkozy, les principaux dirigeants français ont vivement désavoué hier le voyage à Damas de quatre parlementaires alors que Paris campe sur son refus de tout contact avec le régime de Bachar el-Assad.La rencontre de trois d'entre eux avec le président honni de Paris a été sévèrement condamnée, même si...

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