Le pape François réunit cette semaine au Vatican ses plus hauts conseillers, puis les cardinaux du monde entier, pour leur faire approuver les principes d'une réforme du gouvernement de l'Eglise. AFP PHOTO / ANDREAS SOLARO
Le pape François réunit cette semaine au Vatican ses plus hauts conseillers, puis les cardinaux du monde entier, pour leur faire approuver les principes d'une réforme du gouvernement de l'Eglise qui se heurte à de fortes résistances.
Jorge Bergoglio réunit d'abord son "C9", conseil composé de neuf cardinaux des cinq continents. Un projet de réforme, en discussion depuis deux ans, devrait y être tracé dans ses grandes lignes, pour être ensuite exposé à plus de cent cardinaux convoqués jeudi et vendredi à Rome en consistoire.
Puis, samedi et dimanche, seront créés vingt nouveaux cardinaux choisis par François, dont quinze nouveaux électeurs de moins de 80 ans en cas de conclave. Parmi eux, quinze sont des hommes de terrain et un seul vient de la Curie, le gouvernement de l'église. Panama, Vietnam, Birmanie, Thaïlande, Tonga, Cap Vert, Ethiopie, la volonté d'une Eglise moins bureaucratique et donnant place aux "périphéries" est évidente.
L'an dernier, il avait déjà soumis à un autre consistoire rassemblant les "princes de l'Eglise" l'autre dossier qui lui tient le plus à cœur: la réponse à la crise de la famille catholique. Et cela, avant même deux synodes convoqués en octobre 2014 et en octobre 2015 sur ce sujet brûlant. Il s'agissait aussi d'une vaste consultation, même si le pape ensuite décide seul.
Jorge Bergoglio montre son désir à chaque fois "d'impliquer dans un esprit de collégialité les Eglises locales et leurs représentants, et la discussion promet d'être vive, car c'est un pontificat qui suscite débat et parfois affrontement", observe pour l'AFPTV le vaticaniste Jacopo Scaramuzzi de TMNews.
La réforme, qui prévoit un allègement de la Curie avec des fusions de service et une révision des rapports entre gouvernement central et Eglises locales, se heurte à de nombreuses résistances.
Son objectif, souligne le vaticaniste italien, est que "la Curie aide le pape à gouverner et non se substitue à lui, voire devienne une machine de censure à l'encontre des Eglises locales" (comme souvent sous le pontificat de Benoît XVI).
Sourde hostilité
Les résistances sont multiples. La vieille garde liée à Benoît XVI et à Jean Paul II n'apprécie pas le "spoilsystem" (éviction des anciens) qui voit des nouveaux venus dans des postes clé. Certains jugent très autoritaire la méthode de François. Les fonctionnaires se demandent si leur service existera encore, s'ils devront revenir dans leurs diocèses. Une frange plus conservatrice se préoccupe de la désacralisation de la fonction pontificale et de la disparition de la "cour royale" qu'était restée la Curie.
En énumérant en décembre quinze maladies de la Curie -mondanité, bureaucratie, calomnies, corruption, scandales de mœurs, etc-, François a surpris et suscité une sourde hostilité de beaucoup qui estiment faire au mieux leur travail dans des conditions parfois difficiles.
Parmi les cardinaux qui viendront du monde entier, et dont beaucoup sont des conservateurs nommés par Jean Paul II et Benoît XVI, beaucoup s'inquiètent aussi d'une perte de pouvoir du Vatican, et d'un certain relâchement doctrinal. Même si la famille n'est pas à l'ordre du jour du consistoire, certains cardinaux sont très remontés comme ce qu'ils perçoivent comme des ouvertures vers les divorcés, les unions libres, les homosexuels.
Lors du consistoire, seront nécessairement évoqués les autres chantiers en cours: la réforme des structures économiques et financières, déjà bien engagée, sous la houlette d'un cardinal à poigne, l'Australien George Pell. Et les travaux de la commission d'experts pour la protection des mineurs dans l'Eglise, formée par François à la suite des scandales de pédophilie.
Cette commission s'est réunie de vendredi à dimanche à Rome. Elle a décidé d'intensifier son assistance aux Eglises locales démunies faute de moyens et d'expertise face aux abus sexuels, en Asie, en Amérique latine et en Afrique. Elle a demandé aux organisations caritatives catholiques d'accorder des prêts à ces Eglises pour qu'elles mettent en oeuvre des programmes d'éducation et de prévention. La commission veut en outre solliciter l'aide d'anciennes victimes.
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CAR..... DINOS.... DU MONDE ENTIER !
18 h 05, le 10 février 2015