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Egypte

La justice égyptienne déclare "terroriste" le bras armé du Hamas palestinien

Le mouvement islamiste dénonce "une dangereuse décision politique qui ne sert que les intérêts de l'occupant" israélien.

De jeunes Palestiniens brandissent leurs armes lors d'un exercice d’entraînement organisé par le Hamas, le 29 janvier 2015, à Gaza. AFP PHOTO / MOHAMMED ABED

La justice égyptienne a classé samedi comme organisation "terroriste" la branche militaire du mouvement islamiste palestinien Hamas, le pouvoir au Caire l'accusant de soutenir une insurrection jihadiste dans le Sinaï.
Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza frontalière de l’Égypte, a aussitôt dénoncé "une dangereuse décision politique qui ne sert que les intérêts de l'occupant" israélien.

Les relations entre le Hamas et l’Égypte sont au plus bas depuis la destitution en juillet 2013 du président islamiste Mohamed Morsi par l'ex-chef de l'armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi.
Le Hamas est issu, comme M. Morsi, de la confrérie des Frères musulmans, cible d'une implacable répression et déclarée elle aussi "terroriste" par Le Caire. Les combattants palestiniens sont soupçonnés d'aider les jihadistes qui ont multiplié les attaques meurtrières contre l'armée dans la péninsule du Sinaï (nord-est).

Dans ses attendus samedi, un juge des référés a proclamé "groupe terroriste" les brigades Ezzeddine el-Kassam, après une plainte d'un avocat accusant la branche armée du Hamas d'être directement impliquée dans des "opérations terroristes" au Sinaï, selon un responsable judiciaire. Le juge a estimé que "les documents présentés par le plaignant ont prouvé que l'organisation a mené des attentats (...) qui ont pris pour cible l'armée et la police égyptiennes et leurs installations".

Tunnels clandestins
"Nous refusons que le nom des Brigades el-Kassam soit mêlé aux affaires intérieures de l’Égypte", a affirmé un porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri.
Les brigades el-Kassam n'ont pas commenté dans l'immédiat la décision de justice.
Le Hamas est considéré comme "organisation terroriste" par Israël et les États-Unis.

L'avocat égyptien accusait également le groupe d'utiliser des tunnels clandestins entre l’Égypte et Gaza pour le trafic d'armes et lancer des attaques contre la police et l'armée.
L'armée égyptienne annonce régulièrement la destruction de ces tunnels, utilisés pour faire entrer notamment du carburant et des matériaux de construction dans l'enclave palestinienne soumise à un blocus israélien. Elle a entamé la construction d'une zone-tampon à la frontière avec Gaza pour faire cesser la menace de ces tunnels.

En mars, l’Égypte avait interdit le Hamas et proscrit ses activités sur le sol égyptien, ordonnant le gel de ses avoirs.
Mais malgré la détérioration des relations, l’Égypte a continué de jouer son rôle traditionnel de médiateur entre le Hamas et Israël, comme au moment de la dernière guerre de Gaza, en juillet-août 2014.
Et le numéro deux du Hamas en exil, Moussa Abou Marzouk, est généralement basé au Caire.

La décision de justice est intervenue au surlendemain d'attaques coordonnées spectaculaires contre l'armée dans le Sinaï qui ont fait 30 morts en majorité des soldats. Ces attaques ont été revendiquées par Ansar Beït al-Maqdess, la branche égyptienne du groupe État islamique (EI).
Les groupes jihadistes dans le Sinaï disent agir en représailles à la répression égyptienne contre les islamistes.

 

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