Le président du Parlement iranien Ali Larijani (g), reçu au Grand sérail par le chef du gouvernement libanais Tammam Salam, le 22 décembre 2014 . REUTERS/Mohamed Azakir
Alors que dernièrement le Liban est le centre d'attention de responsables occidentaux et régionaux, Beyrouth accueillait lundi le président du Parlement iranien, Ali Larijani, qui a effectué une tournée auprès des dirigeants du pays.
La visite de M. Larijani est censée faciliter le dialogue prévu le 29 décembre entre le Hezbollah et le courant du Futur afin d’apaiser les tensions sunnito-chiites, exacerbées notamment par le conflit voisin en Syrie, et le dossier des militaires otages des jihadistes. Le président du Parlement iranien a ainsi souligné "les relations privilégiées et stratégiques" qui lient son pays au Liban. "Le Liban est le pays qui a pu faire face à l'entité sioniste, et lui a donné une importante leçon durant la guerre de 33 jours (en 2006, ndlr)", a rappelé M. Larijani lors d'une allocution prononcé à la faculté de droit de l'Université libanaise (UL).
Dans ce contexte, il s'est dit optimiste quant au dialogue libanais, à l'issue de sa rencontre avec son homologue Nabih Berry à Aïn el-Tiné. "Nous apprécions les efforts de M. Berry pour réunir les parties libanaises autour du dialogue, et estimons que ce dialogue facilitera un rapprochement entre les parties concernées, et permettra de résoudre de nombreux dossiers bloqués", a souligné M. Larijani. "Il est du ressort des Libanais de trouver une solution aux questions nationales", a-t-il ajouté.
"Nous avons évoqué entre autres le dossier du nucléaire iranien, et avons tenu M. Berry au courant des développements relatifs à ce dossier", a par ailleurs précisé le président du Parlement iranien. "Nous avons également évoqué les menaces dans la région du fait du terrorisme qui y sévit".
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M. Berry a pour sa part estimé que la solution au conflit syrien ne pouvait être que politique. "L'offensive takfiriste tente de brûler l'Irak après la Syrie. La guerre aérienne menée par la coalition en Irak et en Syrie ne ramènera pas la stabilité. La solution en Syrie ne peut être que politique. Cette solution ne peut se faire en présence de frontières ouvertes devant le trafic d'armes et le passage de combattants", a-t-il souligné, estimant que "la stabilité au Moyen-Orient se fera à travers un dialogue irano-saoudien". Même son de cloche de la part de son homologue iranien qui a estimé qu'"on ne pouvait obtenir des réformes sociales et politiques à travers les chars et les avions en Syrie".
Les familles des militaires otages rassurées
Un peu plus tôt, M. Larijani avait estimé que "le courant de Daech (acronyme arabe du groupe Etat islamique, EI) est destructeur mais influent, et nous ne pouvons pas l'ignorer". "Derrière de tels courants, il y a des États responsables de leur apparition", a-t-il indiqué.
Lors d'une conférence de presse tenue en fin d'après-midi, M. Larijani a évoqué le dossier des militaires détenus par les jihadistes. Il a estimé que le principal effort devrait être fourni par les pays qui ont soutenu les organisations terroristes. M. Larijani a dans ce cadre écarté la possibilité que Daech puisse entrer en territoire libanais.
Vingt-cinq militaires libanais sont retenus en otage par l'EI et le Front al-Nosra depuis les combats entre l'armée et les islamistes à Ersal début août. Quatre ont déjà été assassinés, dont deux par décapitation.
Dans ce contexte, les familles des militaires enlevés se sont dites rassurées lundi, en raison de l'unanimité obtenue au sein du gouvernement, en faveur d'un échange pour libérer leurs proches. "Le ministre (de l'Intérieur, ndlr) nous a assuré qu'au sein du gouvernement, toutes les parties sont en faveur de l'échange", ont confié les familles depuis le ministère de l'Intérieur, après s'être entretenus avec le ministre Nouhad Machnouk. Celui-ci avait laissé la parole aux familles, assurant qu'elles parlaient en son nom.
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"Les négociations et l'échange sont sur la table, sans aucune condition. Nous soutenons tout effort dans ce dossier, afin de libérer nos proches, notamment les efforts de M. (Ahmad) Fliti", ont ajouté les familles, en référence au vice-président du conseil municipal de Ersal. Celui-ci a affirmé dimanche avoir été mandaté par le ministre de la Santé Waël Bou Faour en tant que médiateur dans les négociations pour la libération des otages militaires. En soirée, le Premier ministre Tammam Salam devait toutefois indiquer qu'il n'était pas au courant d'une décision mandatant M. Fliti, tout en rendant hommage aux efforts déployés par M. Bou Faour.
"Nous pensons que M. Fliti négocie avec les deux groupes, mais il a commencé avec l'EI", ont précisé les familles, avant d'ajouter que M. Fliti "sera reçu demain ou après demain par les responsables et nous espérons qu'il aura en main un engagement écrit (de la part des jihadistes)".
Concernant le cheikh salafiste de Tripoli Wissam al-Masri, qui s'est personnellement porté volontaire en tant que médiateur, les familles ont souligné que "nous n'avons reçu aucun document de sa part ou de la part des jihadistes, (attestant de sa médiation)".
Les familles des militaires ont été ensuite reçues par le ministre de la Justice, Achraf Rifi, qui a souligné la nécessité de clore le dossier des otages à travers l'échange (entre les militaires et des détenus islamistes, ndlr). M. Rifi a en outre dit accorder sa confiance au vice-président du conseil municipal de Ersal. "M. Fliti constitue un canal de négociation avec l'EI et il y existe d'autre canaux avec al-Nosra", a-t-il souligné.
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Face à la méthode et à l'intelligence des nouveaux puissants régionaux , la barbarie et l'ignorance des salafowahabites binsaouds ne peuvent que s'incliner !
13 h 21, le 23 décembre 2014