L’Université La Sagesse à Furn el-Chebbak.
«Ce master, étalé sur deux ans, est destiné aux personnes souhaitant travailler dans des ONG, la priorité allant à ceux qui possèdent de l'expérience dans le travail non gouvernemental », explique le Dr Sélim el-Sayegh, responsable du nouveau master à l'ULS. Évoquant l'essor qu'a pris le monde associatif ces dernières années au Liban et le contexte dans lequel ce nouveau master a été mis en place, l'ancien ministre des Affaires sociales affirme qu'au Liban, les autorités locales ploient sous les fardeaux administratifs et qu'elles n'arrivent pas à répondre aux besoins des citoyens. «Ce sont donc les ONG, composées de ces mêmes citoyens et ayant la capacité de passer de l'idée à l'action dans des délais courts menant à des résultats concrets et rapides, qui ont pris des initiatives.» Leur travail doit être, selon le Dr el-Sayegh, accompagné de réelles expertises pour assurer la durabilité des actions menées, mais aussi pour fidéliser leur personnel. Les ONG sont donc appelées à faire en sorte que leur personnel soit qualifié et adaptable. D'où l'importance du nouveau master.
«Les ONG jouent aujourd'hui le rôle de suppléant des institutions gouvernementales, non seulement au Liban mais également dans les pays les plus développés. Par exemple, les ONG contribuent à environ 5 % au produit national brut dans des pays comme l'Allemagne; elles assurent des services publics et de l'emploi pour un nombre de personnes qui ont besoin d'avoir des compétences qui étaient autrefois exclusives aux fonctionnaires de l'État», explique-t-il. Et d'ajouter: «L'État libanais ne subvient en aucun cas à plus d'un quart des dépenses sociales. Pour cette raison, il est conscient qu'il faudrait rendre son dû à la société civile.»
Toutefois, toujours selon le Dr el-Sayegh, très peu d'ONG, parmi les 15000 œuvrant au Liban, sont capables de répondre aux exigences internationales en matière de qualité. Pour que les pays donateurs puissent soutenir davantage les ONG et pour que les organisations internationales, gouvernementales et non gouvernementales puissent établir un partenariat avec elles, il faudrait que ces organisations locales respectent des critères spécifiques et intègrent de nouvelles compétences en matière de gestion et de communication.
Les particularités du nouveau master
Le master «NGO Management» a donc été créé pour renforcer les compétences multidisciplinaires des employés actuels ou futurs des ONG.
Pour accéder à cette formation, il faut être titulaire d'un master 1 ou d'une licence en droit, économie, sociologie, sciences politiques, histoire, géographie ou géopolitique. La sélection des candidats se fait sur évaluation du dossier universitaire et suite à un entretien oral avec un jury composé de l'équipe enseignante.
El-Sayegh poursuit: «Les étudiants acquièrent des compétences qui leur permettent de mettre en place des projets adaptés à chaque donateur, et c'est ce qui nous manque au Liban. Au terme de leur master, nos étudiants présentent des projets professionnels qui seront évalués par un jury composé d'ambassadeurs, d'experts et de représentants d'organisations internationales. Les projets comprendront des études sur le terrain, des tableaux d'analyse, une étude de l'environnement, une évaluation des besoins locaux, une étude sociologique approfondie, la faisabilité du projet, la stratégie de levée de fonds, l'élaboration des stratégies au sein de l'institution, la gestion des conflits, et une approche intégrée de la dimension de genre.»
Après l'obtention de leur diplôme, les étudiants seront capables, s'ils le veulent, de fonder une ONG et de la mener à bien. «Notre master est le seul du genre dans la région arabe, pour la simple raison qu'il n'y a pas, dans les autres pays, de société civile suffisamment étoffée, structurée et dotée d'un espace de liberté comme c'est le cas au Liban. Nous voudrions, à la demande de beaucoup de pays arabes, étendre cette formation» affirme le Dr el-Sayegh, avant de poursuivre: «Nous souhaitons toucher, avant tout, les ONG en Syrie car elles auront un grand rôle à jouer lorsque le redressement aura lieu, tôt ou tard. L'expérience libanaise saura alors mieux que quiconque former les ONG syriennes.»
Rim EL-YOUSSEF
Pour en savoir plus sur le master, vous pouvez consulter le site de l'Université La Sagesse : www.uls.edu.lb

