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À La Une - Liban

"Si un autre militaire est mis à mort, notre revanche sera au Grand Sérail"

Depuis Bazzaliyé, les familles des otages appellent Salam à "une prise de position courageuse".

Au centre-ville de Beyrouth où les familles des militaires libanais détenus par les jihadistes campent depuis des semaines, un portrait du policier Ali Bazzal, mis à mort vendredi soir par le Front al-Nosra, tenant sa fille dans les bras. REUTERS/Aziz Taher

"Nous souhaitions venir à Bazzaliyé pour féliciter les parents du policier martyr Ali Bazzal de son retour sain et sauf... Ali est notre fils à tous". Endeuillées par la mise à mort d'un quatrième de leurs fils, les familles des militaires détenus aux mains des jihadistes se sont rendues dimanche au village natal du policier Bazzal, dans la Békaa, pour présenter leurs condoléances.

Ali Bazzal avait été exécuté, vendredi soir, par le Front al-Nosra qui avait à maintes reprises menacé de le tuer puis reporté sa sentence. Plus d'une vingtaine de militaires sont toujours aux mains des jihadistes d'al-Nosra (branche syrienne d'el-Qaëda) et du groupe État islamique depuis les combats à Ersal, dans la Békaa, début août. La mise à mort du policier porte à quatre le nombre d'otages tués. Deux d'entre eux ont été décapités.

Un haut responsable libanais a déclaré samedi à l'AFP que le gouvernement tentait de confirmer la mort de Ali Bazzal. Il a précisé n'avoir jamais reçu les corps des trois soldats exécutés ces derniers mois.

Le calvaire qu'elles endurent depuis des mois et la douleur qu'elles ressentent à chaque fois qu'un militaire est exécuté n'affaiblissent en rien la détermination des familles. "Si un autre militaire est mis à mort, notre revanche ne sera pas à Ersal, mais au Grand Sérail, ont-elles averti dimanche à partir de Bazzaliyé. Nous appelons le Premier ministre Tammam à prendre une position courageuse et à nous ramener nos fils dans les jours qui viennent". 

Après l'annonce de la mort de Ali Bazzal, des éléments armés se sont déployés vendredi soir dans certains villages chiites de la Békaa, dont celui de Bazzaliyé. Selon une source de sécurité, ils ont arrêté des voitures et enlevé des habitants sunnites de la région. Un jeune Syrien a également été blessé par balles. Samedi, dans une conférence de presse, des notables de Bazzaliyé et des parents de Ali Bazzal ont demandé au gouvernement de "procéder immédiatement à l'exécution des terroristes (..) détenus dans les prisons libanaises".

 

(Pour mémoire : Le clan Bazzal contre-attaque : Aucun Syrien à Ersal ne nous échappera si Ali est tué)



Samedi, les familles des militaires avaient en outre coupé des routes à Beyrouth et dans d'autres villes du Liban, exigeant du gouvernement qu'il empêche d'autres exécutions. Car, pour mettre la pression sur le gouvernement mais aussi sur ces familles, l'EI avait menacé de mort imminente l'adjudant Ibrahim Mghayt. Ses proches ont immédiatement réagi en coupant l'autoroute du Qalamoun à l'aide de pneus enflammés dans une ultime tentative de lui épargner le même sort que Ali Bazzal et ses trois camarades. Dimanche, l'autoroute du Qalamoun a été rouverte en fin d’après-midi.

"En tant que familles des militaires otages, nous avons pris ce matin des mesures afin de mettre un terme à la discorde confessionnelle qui se profile. Toutefois, nous annonçons une escalade à tous les niveaux. Nous appelons le gouvernement à accorder davantage de prérogatives aux responsables du dossier, notamment le directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim", avait annoncé samedi, depuis le quartier Saïfi au centre-ville de Beyrouth, l'un des porte-paroles des familles.

Ces dernières, qui tiennent le gouvernement pour responsable de la mise à mort de Ali Bazzal, ont également laissé éclater leur colère à l'encontre du cheikh sunnite Moustapha Hojeiry, qui avait joué un certain temps les médiateurs dans le dossier des otages, et réclamé son arrestation. Sous le coup d'un mandat d'arrêt lancé par l'État libanais, le cheikh Hojeiry est pointé du doigt par plusieurs parties pour ses affinités avec les jihadistes ravisseurs. Les proches des otages ont fait savoir à ce titre qu'aucune aide ne pourra parvenir à la localité sunnite de Ersal, où des milliers de réfugiés syriens sont installés, via le village de Bazzaliyé.

 

Échange entre les femmes jihadistes et les militaires
Impuissante, jusque-là, face à ce dossier épineux, la cellule de crise a tenu samedi une réunion extraordinaire présidée par M. Salam. "Ali Bazzal est le martyr du Liban et de tous les Libanais", a-t-elle affirmé dans un communiqué diffusé à la fin de la réunion. "Le pays tout entier est aujourd'hui uni face aux grands défis pour obtenir la libération de tous les militaires enlevés et protéger notre sécurité nationale", selon le texte.


La situation pourrait s'aggraver encore, le Front al-Nosra ayant menacé, dans le communiqué posté sur un des ses comptes Twitter, de ne pas se limiter à l'assassinat de Ali Bazzal.  "C'est la moindre des réponses à l'armée libanaise. Si les femmes otages ne sont pas libérées, un autre otage sera liquidé".

 

(Lire aussi : Un responsable jihadiste menace de s'en prendre aux femmes et enfants des soldats libanais)

 

Saja al-Doulaïmi et Ola al-Okaïly, respectivement ex-femme du chef de l'EI Abou Bakr al-Baghdadi et épouse d'Anas Charkas, un commandant jihadiste syrien ex-membre du Front al-Nosra avant de rejoindre l'EI sous le nom d'Abou Ali al-Chichani, ont été arrêtées il y a une dizaine de jours par les autorités libanaises.

Le ministre libanais de l'Intérieur Nouhad Machnouk a confié au quotidien al-Akhbar de samedi que ces femmes serviront à un éventuel échange contre les militaires enlevés. "Il n'y a pas de décision de libérer les deux femmes car elles feront partie du processus de négociation. Autrement, nous ne les aurions pas arrêtées dès le départ", a confié M. Machnouk, qui a exprimé sa colère contre les médias qui ont révélé l'arrestation des deux femmes.

Reconnaissant en quelque sorte l'échec que représente la mise à mort de Ali Bazzal, M. Machnouk a estimé que "la fuite des noms des détenues a considérablement porté préjudice et compliqué l'épineux dossier des militaires enlevés". Les familles, elles, ont réclamé une enquête afin de déterminer les responsabilités dans les fuites médiatiques.

 

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Ali Bazzal avait été exécuté, vendredi soir, par le Front al-Nosra qui avait à maintes reprises menacé de le tuer puis reporté sa sentence. Plus d'une vingtaine de militaires sont toujours aux mains des jihadistes d'al-Nosra (branche syrienne d'el-Qaëda) et du groupe État islamique depuis les combats à Ersal, dans la Békaa, début août. La mise à mort du policier porte à quatre le nombre d'otages tués. Deux d'entre eux ont été...
commentaires (3)

C'est c'la, oui !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

03 h 48, le 09 décembre 2014

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Commentaires (3)

  • C'est c'la, oui !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    03 h 48, le 09 décembre 2014

  • SI VOTRE BOUSSOLE MONTRE LE SÉRAIL... C'EST QU'ELLE EST DÉTRAQUÉE... SUDISTEMENT PARLANT !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    22 h 42, le 08 décembre 2014

  • La sécurité nationale est en jeu .Il faut vite sauver le pays.

    Sabbagha Antoine

    18 h 14, le 07 décembre 2014

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