X

Moyen Orient et Monde

À l’attention de Saja al-Doulaimi

Les lettres de Jacqueline A.
05/12/2014

« Non mais c'est dingue ces islamistes ! Ces types veulent nous faire des leçons de morale en veux-tu en voilà, ils devraient commencer à balayer devant leur porte ! »
Sur ce, ma fille a avalé son expresso d'un trait, s'est levée, a filé à la salle de bains se brosser les dents avec plus de vigueur que d'habitude, est repassée dans le couloir en ruminant, avant de sortir en lâchant un « bye mum », qui s'est perdu dans les escaliers.
Ce n'est que trois heures plus tard, en allant boire un café chez ma cousine qui habite un peu plus haut dans la rue, que j'ai compris les raisons de la colère de ma fille.
Quand j'ai rapporté les propos de ma fille à ma cousine, cette dernière a tout de suite su qu'il s'agissait de vous.
Vous n'allez pas le croire Saja, mais toute votre « affaire » m'avait échappé.


Ma cousine, qui suit les nouvelles avec beaucoup plus d'assiduité que moi, m'a fait un résumé de la saga.
Je vais vous avouer une chose Saja, la sobhié du jeudi chez ma cousine est un peu une corvée. Mais là, grâce à vous, le temps a filé comme jamais.
Femme de l'émir de l'État islamique, puis plus femme de l'émir, puis syrienne, puis irakienne, puis fille d'assassin, sœur de terroriste, et de nouveau femme de Baghdadi, mais trois mois seulement, il y a six ans. Et en trois mois, vous avez tout de même trouvé le temps de tomber enceinte. Et avant ça, vous étiez mariée à un Irakien proche de Saddam Hussein. Et après Abou Bakr el-Baghdadi, vous vous êtes rabattue sur un Palestinien. Avec qui vous avez eu deux garçons. Smalla !
Et vous êtes passée par la case prison, et vous avez été échangée contre des bonnes sœurs syriennes, et vous revoici derrière les barreaux. Au Liban cette fois.
N'en jetez plus !


Saja, il faut qu'on parle. Mais d'abord, je vais vous raconter une histoire.
Ma fille, avant d'être avocate, a été une adolescente. Une adolescente pas facile, si tant est qu'il existe des ados faciles. J'ai toujours pensé qu'un ado facile n'est qu'une bombe à retardement. Des garçons, elle en a ramené quelques-uns à la maison. Pour compliquer la chose, nous habitions à Paris à l'époque, pas à Beyrouth comme aujourd'hui. Laissez-moi vous dire que certains de ces garçons étaient gratinés. Je vais vous épargner les détails, mais je me souviens d'un jeune homme en particulier. Une boucle à chaque oreille, une mèche bleue et un pantalon déchiré au genou. Je pense qu'il avait aussi des tatouages.
J'ai pris sur moi, je n'ai rien dit. Pas un mot. Ma fille a eu l'air presque déçue. Je l'ai accueilli, le garçon. Nous avons discuté à de multiples reprises, pris des cafés. Elle a fini par le laisser tomber.


Saja, nous avons toutes, à un moment ou à un autre, été attirées par les mauvais garçons. Ne le prenez pas mal, mais en la matière, vous avez un profil de récidiviste.
Je crois que le moment est venu d'ouvrir les yeux Saja. De faire le bilan. Où vous ont menée tous ces types ? En prison, Saja, en prison. À deux reprises.
Je vous invite sincèrement à mettre un peu les choses à plat et à revoir vos priorités Saja.
Une dernière chose, depuis trois ans, ma fille fréquente un gentil jeune homme. Il est avocat lui aussi.

Jacqueline A.

 

La précédente lettre de Jacqueline A.

 

 

À la une

Retour à la page "Moyen Orient et Monde"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Moins qu'une chamelle, cette bonne femme voilée !

ACQUIS À QUI

Vous me faites pensez a Anne Romanoff et son "beau frère " ,dans "on ne nous dit pas tout" , j'adore votre style , vos conseils de grand mere experimentee ( je ne sais pas si vous l'etes en verite ) , mais vous adressez de la sorte a une femme pour qui la prison serait plus un endroit pour accomplir son jihad sexuel qu'une punition , vous n'y pensez pas que la suite d'enfants engendres par une multitude de mari de nationalite differentes fait de cette dame de petite vertue civile puisse etre consideree comme une grande mondaine dans certains milieux bien specifiques de regions bien précises .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

VOTRE FILLE IMAGINAIRE, TRÈS CHÈRE MADAME EMILIE SUEUR, A BEAUCOUP D'IMAGINATION ! ELLE FERAIT MIEUX DE SERMONNER DANS LA JUNGLE... LÀ ELLE AURAIT PLUS DE CHANCE DE SE FAIRE ENTENDRE !

Dernières infos

Les signatures du jour

Ziyad MAKHOUL

L’édito de Ziyad MAKHOUL

L’inquiétant ADN d’un ministre libanais

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué