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À La Une - Violences

A la veille de sa libération, un otage sud-africain tué dans un raid américain au Yémen

Les Américains savaient probablement que la libération de Pierre Korkie était imminente.

Yolande Korkie, l'épouse de Pierre, avait été libérée le 10 janvier. 2014MARCO LONGARI/AFP

L'attente était "presque terminée" pour sa famille. L'enseignant sud-africain Pierre Korkie, retenu captif au Yémen par el-Qaëda depuis mai 2013, s'apprêtait à recouvrer la liberté lorsqu'il a péri samedi dans un raid raté de l'armée américaine. Selon un communiqué du secrétaire d'Etat américain Chuck Hagel, Pierre Korkie et Luke Somers, enlevé lui aussi il y a plus d'un an au Yémen, "ont été assassinés par les terroristes de l'Aqpa au cours de cette opération".

Âgé de 57 ans et originaire de Bloemfontein, dans le centre de l'Afrique du Sud, Pierre Korkie enseignait depuis quatre ans au Yémen avec son épouse Yolande, 44 ans, quand ils furent enlevés dans la ville de Taëz (sud-ouest) par des membres d'el-Qaëda dans la péninsule arabique (Aqpa), le 27 mai 2013.
Yolande avait été libérée le 10 janvier 2014. Elle était alors rentrée en Afrique du Sud pour retrouver leurs deux enfants, un garçon et une fille dans l'adolescence.

Après des mois de négociations par l'intermédiaire de bédouins yéménites, Pierre Korkie devait être libéré ce dimanche, a indiqué l'ONG sud-africaine chargée des négociations. "Nous avons reçu avec tristesse la nouvelle que Pierre a été tué dans une tentative des forces spéciales américaines aux premières heures de la matinée pour libérer des otages au Yémen", a indiqué l'association musulmane Gift of the Givers dans un communiqué.

Sa femme "Yolande et sa famille sont psychologiquement et émotionnellement d'autant plus anéantis qu'ils savaient que Pierre allait être libéré par el-Qaëda demain" dimanche, a dit l'association. Sa mort "est d'autant plus tragique que les mots que nous avons utilisés dans une conversation avec Yolande à 05H59 ce matin étaient +L'attente est presque terminée+. Il y a trois jours, nous lui avions dit (à Yolande) que Pierre serait à la maison pour Noël", a indiqué l'association humanitaire.

"On ne peut blâmer personne"

Les ravisseurs demandaient une rançon de 3 millions de dollars mais avaient récemment envisagé de réduire leurs prétentions. En mauvaise santé, l'otage souffrait d'une hernie. Les contacts avaient été interrompus plusieurs fois avec les ravisseurs, qui avaient à l'occasion menacé d'exécuter leur otage.
"Toute l'organisation logistique était en place pour l'évacuer par avion du Yémen sain et sauf sous couverture diplomatique, et rencontrer ensuite les membres de sa famille dans un pays +sûr+", a expliqué Gift of the Givers. Les Américains savaient probablement que la libération de Pierre Korkie était imminente, a affirmé son président Imtiaz Sooliman.
"Je suis sûr qu'ils devaient le savoir (...) Je ne peux pas vous dire que les Américains savaient où il se trouvait (...) mais beaucoup de gens savaient qu'il allait être libéré", a-t-il déclaré, lors d'un point presse à Johannesburg.

Washington a implicitement démenti. "Nous avions déterminé qu'il y avait deux otages à cet endroit, dont Luke Somers. Nous ne savions pas qui était le second otage", a répondu un haut responsable du département d'Etat.

Pour M. Sooliman, "c'est une prise d'otage, une situation de crise et chacun travaille à ses intérêts (...) Ils (les Américains) avaient probablement aussi la pression des familles leur disant de faire sortir leurs compatriotes". "On ne peut blâmer personne, c'est juste très malheureux ce qui s'est passé", a-t-il ajouté.
Selon lui, l'armée américaine est intervenue pour éviter que leur otage ne soit décapité comme le menaçait el-Qaëda. L'opération a été lancée moins de 24 heures avant l'expiration d'un ultimatum.

Des centaines de personnes ont été enlevées ces 15 dernières années au Yémen. Quasiment toutes ont été relâchées saines et sauves. La plupart des enlèvements d'étrangers sont commis par des membres des puissantes tribus yéménites, qui les utilisent comme moyen de pression dans leurs conflits avec le gouvernement central.

L'attente était "presque terminée" pour sa famille. L'enseignant sud-africain Pierre Korkie, retenu captif au Yémen par el-Qaëda depuis mai 2013, s'apprêtait à recouvrer la liberté lorsqu'il a péri samedi dans un raid raté de l'armée américaine. Selon un communiqué du secrétaire d'Etat américain Chuck Hagel, Pierre Korkie et Luke Somers, enlevé lui aussi il y a plus d'un an au Yémen, "ont été assassinés par les terroristes de l'Aqpa au cours de cette opération".Âgé de 57 ans et originaire de Bloemfontein, dans le centre de l'Afrique du Sud, Pierre Korkie enseignait depuis quatre ans au Yémen avec son épouse Yolande, 44 ans, quand ils furent enlevés dans la ville de Taëz (sud-ouest) par des membres d'el-Qaëda dans la péninsule arabique (Aqpa), le 27 mai 2013.Yolande avait été libérée le 10 janvier 2014....
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