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Le suicide au Liban, un phénomène-fléau social réversible

Dans l’Église catholique, les suicidés, des personnes dans la détresse

OLJ
24/11/2014

«Le suicide est l'acte délibéré de mettre fin à sa vie. C'est un acte d'autodestruction. L'Église le condamne car la vie est un don gratuit de Dieu concédé à l'homme.» En quelques mots, le père Richard Abi Saleh, curé de la paroisse Saint-Maron, à Gemmayzé, résume la position de l'Église catholique par rapport au suicide.
«Dieu est le maître de la vie et de la mort. La vie humaine est sacrée et l'homme ne peut détruire ce qu'il n'est pas capable de créer. Elle est une valeur en soi, indépendante de toute contingence. Ainsi, le suicide, considéré comme péché par l'Église, est aussi inacceptable que l'homicide. Il constitue de la part de l'homme un refus de la souveraineté de Dieu et de son dessein d'amour. Mettre fin à ses jours, du point de vue objectif, est un acte gravement immoral, parce qu'il comporte le refus de l'amour envers soi-même, bien que certains conditionnements psychologiques, culturels et sociaux puissent pousser à ce geste qui contredit l'instinct inné de chacun à la vie », explique père Abi Saleh. « Pendant longtemps, l'Église catholique a refusé les obsèques religieuses aux personnes suicidées. Actuellement, les choses ont changé», signale-t-il.
«L'Église se considère interpellée par les suicides. Nous, les vivants, nous sommes alors mis ou remis devant le mystère, c'est-à-dire la réalité profonde de cette personne qui, à un certain moment, a accompli l'acte suicidaire pour des raisons qui nous dépassent et qui la dépassaient sans doute elle-même: incapacité de faire face à des difficultés insurmontables, un sentiment écrasant d'indignité ou de culpabilité, des brisures personnelles et familiales, et bien d'autres
situations dramatiques », poursuit le père. Les suicidés, dès lors, peuvent être admis aux funérailles religieuses. Ce qui ne signifie nullement, selon père Abi Saleh, une approbation du suicide, « mais plutôt l'expression d'une difficulté à discerner les motivations qui ont poussé à un tel acte ainsi qu'à en mesurer le degré de responsabilité, et le désir de confier celui qui l'a commis à la miséricorde de Dieu. Aujourd'hui, l'Église parle essentiellement des suicidés comme de personnes "dans un état de détresse".»
«Ce changement d'attitude montre bien que le développement de la psychiatrie a pu modifier le jugement qui était porté sur eux. C'est bien pourquoi l'entourage d'une personne suicidée ne cesse de s'interroger sur sa part de responsabilité par rapport à l'acte. La société se doit de se préserver de la mort, de lutter contre ce qui la cause. C'est son devoir, ainsi que celui de l'Église, plus précisément à une échelle pastorale, de fortifier dans l'individu le désir de vivre. De ce point de vue, le suicide est un échec de la société et de l'Église. D'où la nécessité de mobiliser toutes les énergies, toutes les institutions pour supprimer l'envie du suicide. La question qui demeure est de savoir ce qui peut donner l'envie de vivre, de s'accrocher; ce qui peut donner de la valeur et du sens à la vie, pour que l'élan vital l'emporte sur le pessimisme, la morosité et le désespoir», conclut le père Abi Saleh.

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