Le suicide au Liban, un phénomène-fléau social réversible

Les parents face à l’épreuve

OLJ
24/11/2014

Le suicide d'un enfant est une épreuve terrible, source de souffrances et de questionnements innombrables. Pour les parents, perdre un enfant par suicide est un malheur qui semble insurmontable, mais chacun vit ce deuil de manière différente.
Nada, la maman de Sara, une adolescente de 16 ans qui s'est jetée par la fenêtre de son appartement, est passée par des phases de grande dépression à tel point qu'elle était incapable de mener une vie décente au quotidien. «Je parvenais tout juste à me rendre au travail où j'ai trouvé compréhension et soutien, mais mes forces m'abandonnaient lorsque je rentrais chez moi, souligne-t-elle. Cinq ans après, grâce à l'affection de ma famille, à ma rencontre avec un psychiatre qui sait m'écouter, je revis. Je reprends en quelque sorte la maîtrise de mon existence. Il faut énormément de temps avant d'émerger de cet enfer. La douleur s'estompe peu à peu, mais je continue de ressentir la souffrance que ma fille a pu éprouver pour en arriver à un tel acte», raconte-t-elle.
Pour Samir, le papa de Sara, «c'est presque pire aujourd'hui». «Au début, j'avais l'impression que ma fille allait réapparaître à n'importe quel moment. Pour me convaincre de sa disparition, je me répétais à voix haute ce que le médecin légiste m'avait dit: "Elle est morte." J'éprouve encore un mélange de grande tristesse et de colère. Je voudrais comprendre. Cela calmerait peut-être ma douleur», murmure-t-il.
Pour les frères et sœurs, le suicide est également très difficile à vivre. Ceux-ci vont réagir de manière totalement différente de leurs parents, selon leur personnalité. Dans tous les cas, les parents doivent être vigilants, car la douleur des autres enfants peut aussi amener à un passage à l'acte. Carla, la sœur de Sara, 15 ans, va très mal. Elle devient agressive et refuse toute aide psychologique. «Je vis très mal le vide que laisse ma sœur et la place immense qu'elle occupait dans le cœur et la pensée de ma mère. J'ai du mal à me tourner vers l'avenir. La vie me paraît moins importante. Mon frère, Nadim, qui a découvert Sara défenestrée, n'avait que 10 ans. Il a pris d'un seul coup une maturité extraordinaire. Il est sérieux, ne rit jamais, semble vivre dans son propre monde», raconte-t-elle.

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