X

Diaspora

Retour aux origines de Gabriela Abud, peintre mexicaine

17/11/2014

À la fin du XIXe siècle, en 1898, le jeune Youssef (José) Abboud, originaire de Bzebdine, part du port de Beyrouth vers l'Amérique latine à la recherche d'une nouvelle vie, contribuant à remplir les pages sur le « mahjar », l'émigration libanaise. Comme l'a dit le grand poète libanais Saïd Akl : « Du monde nous sommes voisins et frères. »
Youssef part du port de Beyrouth avec son frère Salvador, ils arrivent à Marseille et de là repartent pour La Havane, à Cuba. Sans parler encore l'espagnol, Youssef s'aventure dans le commerce général, transformant son nom en José Abud. Il travaille dur mais avec dynamisme, apprend vite la langue, développe un commerce à La Havane et décide de fonder une famille. Il se marie avec Yamile Aballan, originaire de Bickfaya, puis le jeune couple part vers le port de Veracruz, au Mexique, et s'installe au centre du pays, à Morelia, Michoacáne. Là ils ouvrent un magasin en face de la cathédrale de la ville, portant le nom de « Mercearía el-Líbano », en hommage à leur pays de naissance qu'ils n'ont pas oublié malgré la distance. Dans cette ville, le couple a six enfants, puis change de nouveau de ville pour aller continuer le commerce dans la capitale, Mexico, avec l'aide des enfants devenus grands.
Le second des enfants, Eduardo, né en 1914, suit le plus le travail de son père et développe le commerce en ouvrant plusieurs magasins en ville. Devenu prospère, il forme aussi une famille, se mariant avec Emelia Martínez Ladrón de Guevara, une Mexico-espagnole. De ce couple naît Gabriela Abud, qui se marie par la suite avec le Mexicain Jorge Alberto Avila Ortegón, dont elle a trois enfants : Jorge, Anuar et Sarabeth.
Gabriela a une vocation pour l'art et étudie l'histoire de l'art et la peinture au musée Studio avec le maître Luis Nishizawa et au Musée national de l'aquarelle avec Alfredo Guati Rojo.. Elle devient peintre et professeure d'art dans plusieurs institutions. Elle a déjà réalisé plusieurs expositions au Mexique et en Amérique latine, aux États-Unis, au Canada, en Europe, en Chine (IVe Biennale internationale d'art de Pékin, 2010) et au Liban, où sa dernière exposition, « Du Mexique au Liban, artistes visuels à la rencontre de leurs origines », s'est déroulée au début du mois à l'Université Saint-Esprit de Kaslik (Usek), en présence de l'ambassadeur du Mexique au Liban, Jaime García Amaral.
Dans cette même exposition, ont été présentées des sculptures de la Mexicaine d'origine libanaise Nour Kuri, chacune des artistes offrant, en signe d'affection pour le Liban et son peuple, une œuvre à l'Usek et au Musée de l'émigration de l'Université Notre Dame de Louaizé. Gabriela avait réalisé en 2013 une grande exposition au port de Veracruz, au Mexique, intitulée : « Y llegaron por Veracruz... » (Et ils arrivèrent par Veracruz), en souvenir de la venue des premiers Libanais dans ce port vers 1878. Gabriela a obtenu plusieurs prix nationaux et internationaux au cours de ses différents voyages, consultables sur son site Internet : www.gabrielaabud.neositios.com
Gabriela a visité trois fois le Liban pour lequel elle voue un amour très spécial. Elle dit : « En arrivant la première fois au Liban, j'ai senti que je connaissais déjà, depuis le Mexique, ce pays avec ses sources d'eau et ses puits, de Tyr à Tripoli, de la mer Méditerranée aux montagnes enneigées... Cela m'a poussée à devenir une chroniqueuse picturale de ce petit et grand pays. » Puis elle poursuit : "Mes grands-parents et mon père m'ont enseigné les traditions du Liban à travers ses histoires, la musique, les photos, la gastronomie...»
C'est ainsi que Gabriela se sent chez elle au Liban, qu'elle considère comme étant sa seconde patrie. Dans ses œuvres, elle présente aussi bien son pays d'origine que le Mexique, exposant des tableaux des deux pays « que l'émigration a rendus frères ». Voulant ainsi diminuer la distance géographique, elle enchante ses compatriotes libano-mexicains, ravis ainsi de voyager pour voir le pays du Cèdre en couleurs à travers les tableaux d'une artiste mexicaine de descendance libanaise.

À la une

Retour au dossier "Diaspora"

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Janvier 2016-novembre 2018 : tourner les pages de la guerre...

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué