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Économie

L’Onudi soutient la joaillerie et l’ameublement de Bourj Hammoud et Tripoli

Industries créatives

Près de 80 entreprises du secteur de la joaillerie de Bourj Hammoud et de l'ameublement de Tripoli vont bénéficier du soutien technique et financier de l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel pour accroître leur compétitivité et pénétrer les marchés européens.

13/11/2014

« En dépit du contexte et des crises à répétition, nous n'arrêterons jamais de collaborer avec des créatifs tels que les Libanais et j'espère que la créativité s'invitera aussi au Parlement », a déclaré hier l'ambassadrice de l'Union européenne Angelina Eichhorst, lors de l'inauguration d'un programme de soutien aux industries créatives et culturelles de l'Onudi (Organisation des Nations unies pour le développement industriel) en coopération avec le ministère de l'Industrie.
L'Onudi a présenté une cartographie de 12 regroupements d'industries créatives au Liban, incluant des secteurs tels que la joaillerie, l'ameublement, le design, l'habillement traditionnel, le travail du cuir ou encore du marbre. Parmi ces douze regroupements ou clusters, l'Onudi a sélectionné la joaillerie de Bourj Hammoud et l'ameublement de Tripoli pour son programme de soutien aux industries créatives dans les pays du sud de la Méditerranée.
À Tripoli, quelque 70 entreprises, galeries et commerçants sont concernés, tandis qu'à Bourj Hammoud une trentaine de participants bénéficieront directement du programme, selon l'Onudi. Ce soutien sera à la fois technique par la mise en relation des fabricants libanais et des acheteurs européens, mais aussi financier par l'achat d'équipement et de machines.
Le projet est financé par l'Union européenne à hauteur de 5 millions d'euros et par le gouvernement italien à 600 000 euros.
« Il est difficile de mentionner le Liban sans y associer son succès dans de nombreux secteurs créatifs tels que l'artisanat, l'art, la culture, la musique, le digital, la mode, le design et tant d'autres », a poursuivi l'ambassadrice de l'Union européenne.

Une véritable opportunité pour les artisans locaux
Gerardo Patacconi, chef du projet à l'Onudi, a lui aussi souligné l'énorme potentiel du Liban en matière d'industries créatives. « Elles représentent déjà presque 5 % du PIB et pourraient atteindre une contribution beaucoup plus importante par la mise en place des clusters. » Sur la période 2003-2012, le secteur des industries créatives au Liban a augmenté de 8 % par an en moyenne.
Cristiano Pasini, représentant de l'Onudi au Liban, a souligné la demande de produits créatifs libanais en Europe. « Nous avons déjà identifié des acheteurs potentiels comme les Galeries Lafayette ou Habitat. »
Le chef de projet de l'Onudi a en outre relevé de nombreuses initiatives créatives au Liban encore non regroupées en clusters et « cela est regrettable », a-t-il insisté, compte tenu du potentiel de croissance et de compétitivité que permet ce type de regroupement. « Enfin, la créativité dans le pays du Cèdre contraste avec la disparition de certains petits métiers et techniques artisanales et il est important de prendre des mesures pour freiner la disparition de cet héritage culturel », a-t-il ajouté.
« Au Liban nous n'avons pas de pétrole, mais nous avons des talents créatifs, a de son côté souligné Fady Gemayel, président de l'Association des industriels. Le regroupement des entreprises de l'industrie créative permettra à de petites structures locales, notamment du secteur de l'ameublement à Tripoli ou de celui des bijoux à Bourj Hammoud, d'accéder aux marchés internationaux. »

Hajj Hassan : Les industries créatives ne suffisent pas
« Les industries créatives ne sont pas la solution aux problèmes de l'industrie libanaise, a de son côté déclaré le ministre de l'Industrie Hussein Hajj Hassan à L'Orient-le Jour. Les seules solutions seraient pour moi des subventions de l'État et des mesures protectionnistes. Nous importons des meubles au lieu de soutenir l'industrie tripolitaine. Le gouvernement est le seul responsable des difficultés économiques que connaît le pays. Le déficit de la balance commerciale a atteint 17 milliards de dollars. »
« On évoque souvent la qualité des ressources humaines au Liban, le haut niveau d'éducation, mais il faut aussi rappeler qu'il y a de plus en plus de Libanais qui n'ont pas accès à l'éducation, qui n'ont plus de quoi accéder à l'enseignement public. Il faut également des opportunités d'emplois pour ces Libanais. Oui, nous disposons d'un énorme potentiel créatif, mais nous souffrons surtout d'un besoin urgent de politique économique globale et d'un gouvernement. »

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