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À La Une - Economie

A Abou Dhabi, tournant historique en vue pour une concession pétrolière

Alors que l'émirat cherche à sécuriser ses exportations de brut sur un marché très compétitif, la présence de compagnies asiatiques est "inévitable" dans la prochaine configuration.

La fédération des Emirats arabes unis envisage de porter sa capacité de production à 3,5 mbj d'ici à 2017. Rabih Moghrabi/AFP

L'émirat d'Abou Dhabi devrait prendre un tournant historique en choisissant des Asiatiques lors du renouvèlement d'une importante concession pétrolière, jusque là principalement exploitée par des compagnies occidentales, selon des experts.

Cette concession d'une durée de 75 ans a expiré en janvier et devrait être renouvelée pour 40 ans. La décision sera prise par le Conseil suprême du pétrole d'Abou Dhabi --plus haute autorité de l'émirat en matière d'énergie-- en principe avant la fin de l'année ou au plus tard début 2015, selon une source occidentale.

L'Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC) examine des offres de neuf compagnies internationales, y compris chinoise, sud-coréenne et japonaise, en vue de nouveaux accords de partage de production.
Pendant près d'un siècle, de puissantes compagnies ont dominé l'industrie pétrolière au Moyen-Orient. La précédente concession, qui avait démarré en janvier 1939, a été exploitée par quatre "majors": l'Américaine Exxon, l'Anglo-néerlandaise Shell, la Britannique BP et la Française Total. Chacune détenait 9,5% et le Portugais Partex Oil and Gas 2% tandis que l'Abu Dhabi Company for Onshore Oil Operations (ADCO), en charge de la production, contrôlait les 60% restants.

(Lire aussi : L'Égypte va importer des Émirats des produits pétroliers pour 9 milliards de dollars)

Alors que l'émirat cherche à sécuriser ses exportations de brut sur un marché très compétitif, la présence de compagnies asiatiques est "inévitable" dans la prochaine configuration, estiment des spécialistes. Car celles-ci disposent désormais de la technologie pour concurrencer leurs homologues occidentales.

L'Extrême-Orient est "le" marché

"L'Extrême-Orient est 'le' marché pour le pétrole du Golfe et des produits chimiques dérivés du pétrole", explique à l'AFP Jean-François Seznec, professeur à l'Université Georgetown. Cela permettra à Abou Dhabi de "sécuriser une part de marché en Extrême-Orient dans un contexte où l'offre est abondante et la demande relativement faible".

Selon des médias locaux, la nouvelle concession vise aussi à augmenter la production de 1,5 à 1,8 million de barils par jour, alors que la fédération des Emirats arabes unis envisage de porter sa capacité de production à 3,5 mbj d'ici à 2017.

Les Emirats, quatrième fournisseur de l'Opep, sont l'une des dernières nations à accorder des droits de concession à des compagnies internationales. CNPC (Chine), KNOC (Corée du sud) et INPEX (Japon) font partie des compagnies ayant présenté des offres. Les autres sont Exxon Mobil, Total, BP, Shell, Statoil (Norvège) et Rosneft (Russie).

Le Moyen-Orient est le premier fournisseur de brut à l'Asie et cela devrait augmenter, de nombreuses compagnies asiatiques cherchant à diversifier leurs approvisionnements, indique Victor Shum, vice-président d'IHS Energy Insight.

(Pour mémoire : Dubaï compte sur l'Exposition universelle 2020 pour revigorer son économie)

L'importance de l'Asie sur le marché énergétique s'est accrue ces dernières années, alors que des changements fondamentaux sont intervenus dans la production, les exportations et les prix. Ainsi, l'année dernière, la Chine est devenue le premier importateur mondial de brut (6 mbj) devant les Etats-Unis (5 mbj), qui ont par ailleurs augmenté leur propre production de pétrole et de gaz naturel, de sources conventionnelle et non-conventionnelle.

Avec "l'offre croissante des Etats-Unis, on s'attend à ce que les pays du Moyen-Orient se concentrent plus sur la région asiatique", avance Daniel Ang, analyste des investissements pour Phillip Futures à Singapour. "Nous avons déjà vu l'Arabie Saoudite, l'Irak et l'Iran baisser leurs prix et croyons que c'est déjà un pas en vue du maintien de leur part de marché en Asie".

A l'heure où la demande en pétrole décline ou -au mieux- stagne en Occident, celle de l'Asie et des pays émergents augmente rapidement. IHS prévoit que "la part de l'Asie-Pacifique dans la consommation mondiale augmentera de 26,4% en 2014 à 34,4% en 2024".

La Chinoise CNPC bien placée

Des compagnies coréenne et chinoise ont déjà obtenu de petites concessions dans des zones non-développées d'Abou Dhabi. La Chine a également conclu un accord pour importer 200.000 bj des Emirats jusqu'en 2020. Selon une source industrielle, la Chinoise CNPC est bien placée pour faire partie des nouveaux entrants dans la concession à Abou Dhabi. Celle-ci devrait permettre de continuer à développer la production d'une dizaine de champs pétroliers onshore, avec principalement Bu Hasa, Bab et Asab qui totalisent 1,2 mbj et les sites plus petits de Sahil, Dabbiya et Shah.

Abou Dhabi a indiqué que les "majors" seraient à nouveau les bienvenues si leurs propositions étaient bonnes. D'après des sources industrielles, Exxon Mobil a participé à l'appel d'offres avec réticence et ne sera probablement pas retenu, car il a obtenu séparément et à de bonnes conditions des droits de concession pour le champ offshore d'Upper Zakum qui produit 550.000 bj.
Selon une source occidentale, Total, actif aux Emirats depuis des décennies, est confiant qu'il fera à nouveau partie du projet avec une part au moins égale à celle déjà détenue.


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commentaires (1)

et au Liban ou en est on? a Abu Dhabi ils renouvelent un contract de 75 ans et nous qu'est ce qu'on fait?

Karim A.

06 h 14, le 09 novembre 2014

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Commentaires (1)

  • et au Liban ou en est on? a Abu Dhabi ils renouvelent un contract de 75 ans et nous qu'est ce qu'on fait?

    Karim A.

    06 h 14, le 09 novembre 2014

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