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La liberté religieuse dans le monde en "grave déclin"

Rapport

Les chrétiens restent la minorité religieuse la plus persécutée.

OLJ/AFP
03/11/2014

Chrétiens d'Irak, musulmans rohingyas en Birmanie, bouddhistes au Tibet... La liberté religieuse a subi un "grave déclin" entre 2012 et 2014, avec des entraves constatées dans 81 pays et une détérioration dans 55 autres, selon un rapport publié lundi.

Ce rapport bisannuel de l'organisation catholique internationale Aide à l'Eglise en détresse (AED), porte sur toutes les confessions religieuses et couvre une période allant d'octobre 2012 à juin 2014. Dépeignant la situation de 196 pays, il devait être mis en ligne dans la nuit de lundi à mardi sur le site internet religion-freedom-report.org en français, anglais, allemand, italien et espagnol. Fondation internationale de droit pontifical, l'AED souligne que dans 81 des 196 pays examinés, soit 41% d'entre eux, la liberté religieuse est "entravée" ou "en déclin".


"Lorsqu'il y a eu des changements en matière de liberté religieuse" depuis le dernier rapport, publié en octobre 2012, "il s'agit dans presque tous les cas d'une détérioration", note l'organisation, qui classe dans cette catégorie 55 pays, soit 28% du total. "Quelques améliorations ont été constatées" dans six pays seulement, dont quatre (Cuba, Émirats arabes unis, Iran et Qatar) restent au demeurant classés parmi les "lieux de haute ou moyenne persécution" religieuse.

 

(Lire aussi : Le christianisme est "la religion la plus persécutée au monde")


Dans la catégorie "haute intolérance" figurent vingt pays, dont 14 "vivent des situations de persécution religieuse liées à l'extrémisme musulman", fait valoir l'AED : l'Afghanistan, la Centrafrique, l’Égypte, l'Iran, l'Irak, la Libye, les Maldives, le Nigeria, le Pakistan, l'Arabie saoudite, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen. Dans six autres pays (Birmanie, Chine, Érythrée, Corée du Nord, Azerbaïdjan, et Ouzbékistan), les persécutions sont le fait de "régimes autoritaires", relève l'organisation.

 

Le Liban

Selon le rapport, le Liban "respecte la liberté religieuse" ainsi que l’égalité de tous. Il est toutefois indiqué que cette égalité est respectée "dans un cadre confessionnel et non dans un cadre individuel. Le droit privé relève de la compétence de chacune des 18 communautés religieuses reconnues par l’État". Le rapport évoque en outre le premier mariage civil célébré au Liban, celui de Nidal Darwich et Khouloud Sukkarieh,  le décrivant comme étant "une innovation juridique".

Il est souligné que "la loi islamique interdit aux musulmans de renoncer à leur religion" et que "la garantie de la liberté de conscience en vertu de l’article 9 de la Constitution est limitée par les droits reconnus à chaque religion d’appliquer son propre droit privé".  

Selon le rapport, "les chrétiens qui sont maintenant minoritaires, subissent les pressions de certains mouvements islamistes, tels que le parti chiite Hezbollah". L’AED donne l’exemple de Byblos et du Kesrouan "où les chiites s’emparent illégalement de terres appartenant au patriarcat maronite".

Par ailleurs, une importante partie du rapport est consacré à Tripoli "qui a connu des attaques sectaires". L’AED énumère plusieurs attaques donc celle du 23 août 2013, lorsque deux voitures piégées ont explosé devant deux mosquées sunnites.

 

(Lire aussi :  "Nous ne pouvons nous résigner à penser à un Moyen-Orient sans les chrétiens")

 

Les chrétiens, premiers "persécutés"
La fondation vaticane souligne que "les chrétiens restent la minorité religieuse la plus persécutée, en partie à cause de leur large dispersion géographique et de leur nombre relativement élevé". Mais elle relève que "les musulmans subissent également un niveau sérieux de persécution et de discriminations, imputable soit à d'autres musulmans, soit à des régimes autoritaires" et que "les violences et autres mauvais traitements, en général de faible niveau", ont augmenté à l'égard des juifs d'Europe occidentale, "provoquant une augmentation de l'émigration vers Israël", l'aliyah.


Sans surprise, l'Irak est un point d'inquiétude majeur pour l'AED, qui note que la progression du groupe État islamique (EI) a menacé non seulement les chrétiens mais aussi les Yazidis, les chiites et les sunnites modérés. La fondation évoque également l'enlèvement de plus de 200 lycéennes par le groupe islamiste Boko Haram au Nigeria et la condamnation à mort pour apostasie - avant sa libération - de la Soudanaise chrétienne Meriam Ibrahim Tehya Ishag.

 

(Pour mémoire : Chrétiens d'Orient, un état des lieux)


En Asie, AED rappelle la mort en décembre 2013 d'un moine tibétain en détention, et surtout alerte sur la situation en Birmanie des musulmans de la minorité rohingya, dont plus de 100 000 ont été déplacés. "Le processus s'accélère, avec 10 000 exilés supplémentaires ces deux dernières semaines", a précisé au cours d'une conférence de presse à Paris Marc Fromager, directeur de l'AED France.


L'organisation catholique n'épargne pas les pays occidentaux et, en fonction de ses critères, seuls six d'entre eux peuvent figurer sur la liste des pays les moins menacés par l'intolérance religieuse : sans surprise l'Italie, la Pologne et l'Irlande, trois pays européens où l'influence de l’Église catholique reste très forte, et dans le reste du monde les États-Unis, l'Argentine et l'Australie.


En revanche, dans plusieurs pays européens, AED estime qu'il existe une "intolérance préoccupante" pouvant concerner tout aussi bien l'expression religieuse dans l'espace public que la liberté d'éducation. Dans les pays comme la France ayant ouvert le mariage aux homosexuels, "la liberté religieuse est menacée par l'augmentation de nouvelles formes sociétales qui heurtent la sphère religieuse", juge l'organisation.

 

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