Le père du lieutenant Firas al-Hakim pleure la mort de son fils tué dans les combats à Tripoli. Anwar Amro/AFP
Les combats meurtriers opposant l'armée libanaise à des groupes islamistes se sont poursuivis dimanche pour la troisième journée consécutive. Les accrochages d'une violence sans précédent dans la région ont lieu dans la ville de Tripoli et ses environs, ainsi que dans le Akkar. Douze soldats ont été tués - six à tripoli, quatre à Miniyé et deux dans la localité de Bhenine, au Akkar - depuis vendredi soir et de nombreux militaires et officiers ont été blessés. Trois civils, dont un enfant, ont également été tués dans les combats à Tripoli. Le nombre de combattants islamistes tués n'a toutefois pas encore été établi.
Samedi, l'armée avait délogé du centre historique de Tripoli des combattants sunnites soupçonnés d'avoir fait allégeance au Front al-Nosra, la branche syrienne d'el-Qaëda. Mais les éléments armés se sont réfugiés dans un autre quartier de Tripoli, le secteur sunnite de Bab el-Tebbané, où de violents combats se déroulaient dimanche. L'armée prenait pour cible les positions des miliciens et le bruit des obus et des tirs était entendu dans toute la grande ville du Liban-Nord.
L'armée a aussi annoncé l'enlèvement d'un soldat alors qu'il était en permission chez lui à Bab el-Tebbané. L'adjudant Fayez Ammouri est le deuxième militaire libanais enlevé depuis le début des combats à Tripoli, un soldat ayant été kidnappé sur une autoroute du nord samedi soir. Les affrontements ont par ailleurs poussé des dizaines de familles à fuir Tripoli.
En soirée, l'armée libanaise a affirmé que ses opérations militaires dans le Liban-Nord vont se poursuivre "jusqu'à l'éradication" des terroristes. L'armée dément par ailleurs les informations faisant état d'un accord sur un cessez-le feu avec les groupes islamistes.
Plus au nord, de violents affrontements ont également eu lieu dans la localité de Bhenine, au Akkar. Des tirs à l'arme lourde et aux obus étaient signalés en matinée. L'armée avait eu recours samedi soir aux hélicoptères pour limiter le déplacement des miliciens. A la mi-journée, l'armée avait rétabli le calme dans cette localité, avant que des combats sporadiques ne reprennent dans l'après-midi, selon la chaine LBCI.
L'armée libanaise a indiqué dimanche avoir saisi à Bhenine trois voitures piégées contenant une quantité importante d'explosifs et d'obus ainsi que 50 charges explosives.
A Miniyé, à une dizaine de km de Tripoli, où quatre militaires ont été tués et deux autres blessés dans une attaque à la roquette, l'armée contrôlait dimanche la totalité de la ville après avoir pénétré dans la mosquée Haroun et procédé à l'arrestation de plusieurs miliciens.
Le Front al-Nosra a menacé dimanche d'exécuter les soldats qu'il retient en otage si l'armée libanaise ne cessait pas son offensive à Tripoli. "Nous mettons en garde l'armée libanaise contre une escalade militaire visant les sunnites à Tripoli", a indiqué dans un communiqué mis en ligne le Front al-Nosra. "Nous l'appelons à lever le siège (des combattants) et à entamer une solution pacifique, sinon, nous serons amenés dans les prochaines heures à en finir avec le dossier des soldats otages chez nous, vu qu'ils sont des prisonniers de guerre", ajoute le groupe jihadiste. "La première exécution des otages se fera ce dimanche à 10H00 (08H00 GMT)", a-t-il menacé.
Mais un responsable d'al-Nosra a affirmé en cours de journée à l'agence turque Anatolie que le groupe islamiste avait décidé de reporter de "quatre heures ou plus" la décision d'exécuter un militaire otage.
Une trentaine de soldats et de gendarmes sont retenus par les jihadistes du Front al-Nosra et par l'État islamique (EI, ex-Daech) depuis les combats violents en août entre l'armée et les extrémistes à Ersal dans la Békaa. Trois d'entre eux ont été tués, dont deux par décapitation.
(Diaporama : Samedi infernal à Tripoli, le cauchemar en images)
Les jihadistes réclament le retrait du Hezbollah de Syrie -- où il combat aux côtés des forces du régime -- accusant en outre l'armée libanaise d'être sous la coupe du parti chiite. Ils réclament aussi un échange avec des prisonniers islamistes détenus au Liban, ce que Beyrouth refuse.
Le ministre libanais de la Justice, Achraf Rifi, a souligné dimanche que les sunnites soutenaient "l'Etat, ses institutions et la coexistence". A l'issue d'une réunion de députés et de notables de Tripoli au domicile du député Mohammad Kabbara, M. Rifi a rejeté les affirmations selon lesquelles ce qui se passe actuellement dans la grande ville du nord est "une guerre contre les sunnites". M. Kabbara a pour sa part rejeté toute atteinte à l'armée et réclamé la poursuite de l'application du plan de sécurité à Tripoli.
Le Premier ministre Tammam Salam a appelé le commandant en chef de l'armée, Jean Kahwaji, à établir des corridors sécurisés pour évacuer les civils des quartiers touchés par les combats à Tripoli.
L'ancien Premier ministre Nagib Mikati a demandé que les civils soient épargnés dans les régions des combats et réclamé que leur évacuation soit assurée.
Face à la dégradation de la situation sécuritaire, toutes les branches de l'Université libanaise (UL) dans la région du Liban-Nord seront fermées lundi, a affirmé dimanche le doyen de l'UL, Adnane Sayed Hussein. Plus tôt, le ministre libanais de l'Education, Elias Bou Saab, a annoncé que les écoles publiques et privées de Tripoli seront fermées lundi en raison des violences. Il a également affirmé que les écoles seront mises à la disposition des familles qui ont été déplacées par les combats.
Ce nouveau round inédit de violences au nord aurait commencé vendredi lors d'une opération de perquisition effectuée par la troupe au domicile des parents d'Ahmad Mikati, alias Abou el-Hoda, arrêté jeudi. Ayant récemment prêté allégeance à l'EI, le jihadiste présumé, connu également sous le nom d'Abou Bakr, recrutait des Libanais pour rejoindre les jihadistes en Syrie.
Les affrontements ont éclaté entre les militaires et des miliciens armés après une attaque contre une patrouille dans le quartier de Khan el-Aaskar, près du centre-ville de Tripoli. Les hommes armés se sont ensuite retranchés dans les rues étroites des souks, et, samedi matin, l'armée a lancé une attaque afin de les déloger.
Un responsable de sécurité n'était pas en mesure de préciser à quel groupe ces hommes armés, en majorité des Libanais, étaient affiliés. "Il y a des islamistes comme il y a des voyous poursuivis par la justice", a-t-il déclaré.
Le groupe d'Oussama Mansour et de Chadi Mawlaoui, devenus tristement célèbres pour avoir défié à plusieurs reprises l'armée et occupé pendant des semaines une mosquée de la ville, pourrait être également impliqué. Des médias locaux ont d'ailleurs rapporté que Chadi Mawlaoui aurait été blessé dans les affrontements dans une embuscade qui lui a été tendue par la troupe.
Dans des communiqués repris par l'Agence nationale de l'information (Ani, officielle), l'armée libanaise précise qu'elle poursuivra la chasse aux "terroristes" au Liban-nord jusqu'à ce qu'ils soient éliminés.
Le conflit en Syrie a avivé les tensions au Liban où les sunnites soutiennent leurs coreligionnaires en Syrie qui combattent le régime, et les chiites, dont le Hezbollah, qui défendent le président Bachar el-Assad.
Tripoli, déjà minée par les répercussions du conflit syrien depuis plus de trois ans, connaît régulièrement des heurts sanglants entre des sunnites partisans de la rébellion et des alaouites (branche du chiisme) sympathisants du régime de Damas. Mais c'est la première fois que des combats de cette ampleur ont lieu dans le centre de la "capitale du nord".
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A en juger le contenu de la lettre supposément envoyée par le chef de Daech, Al Baghdadi à ses disciples libanais , il faudrait bien croireau piege! selon Al Raï al Youm qui rapporte cette information, Al Baghdadi aurait donné l'ordre à ses disciples de se retirer de Kobani, de la Békaa et d'Erssal car il y a là "un piège dans lequel les combattants sont tombés ". Baghdadi dont les disciples peinent à tenir devant les kurdes syriens dénonce en effet " les affrontements de ses disciples contre l'armée libanaise" qui n'ont servi en réalité qu'à é faire découvrir les cellules dormantes de Daech" qui auraient du attendre avant d'entrer en action contre l'armée libanaise. le gourou évoque ensuite et expréssement les localités de Ersal et de la Békaa , soit des localités sous contrôle de l'armée libanaise et du Hezbollah. " les cellules combatives ont agi de façon prématuré en entrant en conflit avec l'armée libanaise aussitôt après l'arrestation accidentele de Ahmad Jomeh , chef de Daech dans cette localité,de cette façon, les terroristes de Daech se sont dévoilés et sont entrés dans des combats pour lesquels ils n'étaient pas encore prêts,de cette sorte, les ennemis de Daech, hezbollah et armée libanaise ont compris l'ampleur de la présence de Daech à Ersal et a la Békaa, ce qui met "nos combattants dans une situation difficile"! Il y a quelques jours les terroristes de Daech et d'Al Nosra s'en sont pris à une position du Hezbollah à Brital, en fait un guet appens .
14 h 40, le 26 octobre 2014