Refusant l’ingérence, jusqu’à quand la Turquie acceptera-t-elle de rester passive ?

Le syndrome de Sèvres / « Zéro problème avec les voisins »

OLJ
20/10/2014

À la suite du premier conflit mondial, le traité de Sèvres (1920) avait dépecé le territoire de l'Empire ottoman au profit des puissances européennes. Après la guerre d'indépendance menée contre la Grèce (1920-1923), la Turquie recouvrait l'essentiel de son territoire (l'Anatolie) et invalidait ce traité par celui de Lausanne (1923). Depuis, la préservation du « réduit anatolien » est demeurée une obsession. Or, être présent en Syrie pourrait déplacer le conflit en territoire turc (et ailleurs) puisque les Kurdes sont présents dans les deux États, sachant que les Kurdes de Syrie sont de connivence avec ceux de Turquie, qui sont de mèche avec ceux d'Irak...
Un autre mot d'ordre de la politique extérieure turque après la Première Guerre mondiale a été de rester le plus loin possible des problèmes du Moyen-Orient. Il est édifiant de constater que les deux seules fois où la Turquie s'est engagée dans des interventions militaires d'envergure sont lors de sa participation à la guerre de Corée (1952) et quand elle envahi la partie nord de Chypre (1974). Récemment, elle a refusé aux États-Unis d'utiliser son territoire afin de mener des opérations en Irak (2003) et n'a pas participé à la coalition menée contre la Libye de Kadhafi (2011).
Sous la houlette de l'AKP et de son ex-ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, l'actuel Premier ministre, cette politique étrangère turque a certes changé d'axe, s'immisçant dans les affaires du Moyen-Orient, à coups de soft power et de médiations, mais elle avait pour premier objectif le bon voisinage, avec le fameux slogan de M. Davutoglu : « Zéro problème avec les voisins ». Cette politique n'a pas fonctionné en raison de nombreux facteurs, mais « elle demeure un objectif » malgré tout, d'après les dires d'Inan Ozyildiz, ambassadeur turc au Liban, récemment interrogé par L'Orient-Le Jour.

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