Le patriarche recevant M. Hariri dans le salon du Collège maronite. Photo Dalati et Nohra
La prorogation du mandat de la Chambre des députés, une nécessité. C'est l'acquis le plus significatif de la rencontre, hier, à Rome, du chef du courant du Futur, Saad Hariri, avec le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï. Selon des sources concordantes, ce constat s'accompagnera d'une décision de retrait de la course législative de tous les candidats du courant du Futur, soit de la majorité des candidats sunnites, avec pour conséquence l'annulation de la consultation électorale par le président de la Chambre, Nabih Berry, qui a toujours affirmé qu'un scrutin législatif ne sera pas organisé en l'absence de l'une des grandes communautés du pays.
Le mandat de la Chambre sera prorogé de deux ans et demi, de quoi couvrir le restant de la législature actuelle (4 ans), à charge d'être écourté sous trois conditions : si l'élection présidentielle a lieu avant l'expiration de ce mandat, si une nouvelle loi électorale est votée et si l'état de la sécurité permet l'organisation du scrutin.
Le second acquis de la réunion de Rome semble être que le moment est venu de rechercher un candidat à la présidence de la République accepté de tous, et que la page de la candidature de Samir Geagea à la présidence est effectivement tournée. La modération dont M. Hariri a fait preuve sur la volonté de « l'autre partie » de parvenir à une solution laisse d'ailleurs espérer qu'un début de déblocage est en vue sur le dossier de la présidentielle.
De source proche du président de la Chambre, on a assuré hier que le chef du législatif a effectivement envisagé d'être au rendez-vous de la rencontre entre le patriarche et M. Hariri, à Rome, mais qu'il a décidé de surseoir à cette rencontre sur un appel de Beyrouth lui conseillant de ménager son allié chrétien. M. Berry sera de retour au Liban le 17 octobre, venant de Rome, où il effectuera, après Genève, un séjour d'ordre privé.
Commémoration
La journée d'hier a été marquée par la commémoration de l'opération militaire visant à évincer le général Michel Aoun du palais de Baabda. Des observateurs relèvent qu'entre le Michel Aoun d'alors et celui d'aujourd'hui, il y a répétition d'une même forme de conduite : l'obstination dans la résistance en dépit du bon sens et au détriment de l'intérêt – et de la vie – de ses propres troupes. Ils rappellent notamment que des dizaines de militaires ont héroïquement continué à se battre et ont sacrifié leur vie, le 13 octobre 1990, alors même que leur chef avait déjà capitulé et trouvé refuge à l'ambassade de France. Aujourd'hui, affirment ces sources, Michel Aoun fait de la résistance passive, en provoquant un défaut de quorum après l'autre, dans la conviction qu'il a encore des chances d'être élu. Mais ce n'est toujours pas lui qui paie le prix de son obstination, mais la fonction présidentielle, assumée par un chrétien, le bon fonctionnement des institutions et la démocratie.
Sur le plan idéologique et militaire, c'est l'évacuation par deux jihadistes de Tripoli, d'une mosquée où ils s'étaient barricadés militairement, qui retient l'attention.
Qu'on le veuille ou non, l'élimination rapide de ce « périmètre de sécurité » n'est pas loin d'être le bon fruit d'une déclaration du général Jean Kahwagi au correspondant du Figaro, dans laquelle il affirmait que les groupes État islamique et al-Nosra cherchent pour leur nouvel État un débouché sur la mer, qui pourrait être le port de Tripoli. Cette déclaration avait provoqué une levée de boucliers de certains hommes politiques de la ville, comme le général Achraf Rifi, qui ont protesté de la loyauté au Liban de Tripoli, affirmant que la capitale du Liban-Nord ne sera jamais un environnement favorable à la doctrine wahhabite. À la bonne heure, et preuve à l'appui !
Le commandant de l'armée, pour sa part, se rendra sous peu à Washington, où il se réunira avec les chefs d'état-major des pays membres de la coalition. L'occasion de mieux coordonner l'action de l'armée libanaise et celle des aviations alliées, en dépit des protestations du Hezbollah qui, tout en se battant en Syrie contre les jihadistes, le fait non pour le compte de la coalition, mais pour celui du régime en place et de l'Iran. Du coup, et pour une fois, l'axiome affirmant que « l'ennemi de mon ennemi est mon ami » ne se vérifie pas.
Aucune nouvelle information n'a transpiré hier sur le dossier des otages, sinon que le Liban se plaint du désordre qui marque le traitement de cette affaire du côté des jihadistes. Ceux-ci n'ont pas encore formé de cellule de crise stable à cette fin, et leurs demandes baignent dans le flou. Ce dont on est presque sûr, c'est que les organisations en question pourraient négocier la libération de certains otages en échange de l'ouverture d'un « couloir humanitaire » qui leur donnerait accès à Ersal à l'approche de la saison d'hiver. Il se trouve toutefois, au sein du gouvernement, des ministres qui sont hostiles à une telle formule.
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LA SEULE CHOSE DONT TOUS NOS ABRUTIS SONT TOUJOURS D'ACCORD... S'AUTO-ALLONGER ET S'AUTO-PROLONGER...
08 h 30, le 15 octobre 2014