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Liban

L’entretien Hariri-Raï à Rome, un même souci : l’élection en priorité du président de la République

Le patriarche Raï accueillant Saad Hariri : consensus sur la prorogation du mandat de la Chambre. Photo Dalati et Nohra

Le leader du courant du Futur, Saad Hariri, a affirmé hier soir, à l'issue de sa réunion à Rome avec le patriarche maronite Béchara Raï, que la prorogation du mandat de la Chambre est « une coupe de poison inévitable » et que la priorité absolue reste l'élection d'un président de la République. M. Hariri s'est engagé, dans ce sens, à ce que son camp prenne dans les jours à venir une série d'initiatives pour débloquer la présidentielle.
La réunion s'est déroulée en présence de MM. Nader Hariri, Ghattas Khoury et Daoud Sayegh, ainsi que du procurateur patriarcal auprès du Saint-Siège, Mgr François Eid, et son adjoint Mgr Tony Gibran.
L'entretien a porté « sur la question du vide présidentiel et les législatives », a indiqué M. Hariri, ajoutant cependant que d'autres sujets avaient été abordés, comme les difficultés économiques que le pays traverse, la question des réfugiés syriens et les problèmes d'ordre sécuritaire.
« Tout le monde sait quelle est la position du courant du Futur à ce sujet. Tant qu'il n'y a pas d'élection présidentielle, nous ne participerons pas aux législatives. Nous campons sur notre position. La présidence de la République est le sommet de l'État et du pouvoir. L'essentiel est donc d'élire un président », a indiqué M. Hariri.
« Nous devons, en tant que forces politiques, que ce soit le courant du Futur ou le 14 Mars, présenter des initiatives, comme le souhaite le patriarche. Partant, il est inévitable de parvenir à un consensus sur la présidentielle », a-t-il poursuivi, soulignant la nécessité que toutes les parties soient d'accord sur le président choisi.
« Cela nécessite que nous lancions, en tant que 14 Mars, une dynamique majeure autour de cette question, et non pas que la prorogation de la Chambre ait lieu et que nous oubliions la présidentielle. La prorogation est essentielle pour éviter d'entrer dans l'inconnu, pas parce que nous la voulons en soi », a ajouté Saad Hariri.
« Notre priorité est que le pays n'entre pas dans l'inconnu », a martelé le chef du Futur, soulignant « qu'en cas de prorogation, la priorité reste l'élection d'un président de la République ».
« Le patriarche affirme, dans tous ses discours, que l'essentiel est d'élire un président. Nous savons que la prorogation est une coupe de poison, mais il n'y a pas d'issue : il faut la boire, parce que le pays peut entrer dans l'inconnu, a souligné Saad Hariri. Si les législatives ont lieu, nous ne nous entendrons pas sur la présidence de la Chambre et la présidence de la République, et le gouvernement sera aussitôt chargé d'expédier les affaires courantes. Ce serait aller vers des récifs inconnus et dangereux, et je suis certain que tous les Libanais ne souhaitent pas cela. »
« Nous voulons les législatives, nous n'en avons absolument pas peur, mais nous ne voulons pas plonger dans l'inconnu. Notre position est très claire ; l'élection d'un président de la République est plus importante que la tenue des législatives », a-t-il encore dit.
« Les parties politiques doivent s'entendre sur la durée de la prorogation, a cependant ajouté Saad Hariri. Le plus important est ce qu'a dit le président Berry. Si la prorogation a lieu, puis que nous parvenons à élire un président de la République, des élections législatives doivent avoir lieu six mois après la présidentielle. »
Interrogé par les journalistes sur les candidats à la présidence, M. Hariri a affirmé ne pas opposer de veto à qui que ce soit. « Après la prorogation, nous devons en tant que 14 Mars chercher les noms des personnes qui bénéficient du consensus des parties, comme cela s'est produit en 2007. À l'époque, en tant que 14 Mars, nous avions pris position en faveur de Michel Sleiman. Il serait peut-être bon d'en arriver maintenant à cette étape », a-t-il noté.
« Nous devons dialoguer et faire preuve d'initiative. Je ne pense pas que le camp adverse souhaite que le pays reste au stade du vide présidentiel. Je ne pense pas que le 8 Mars souhaite que le vide se poursuive. Ils veulent aussi une République et une présidence de la République », a conclu le leader du courant du Futur.
De son côté, le patriarche Raï avait dit aux journalistes avant la réunion : « Hariri et moi, nous parlons toujours le même langage. »
Le patriarche maronite a retenu ses hôtes à dîner, et, avant de quitter, M. Hariri a écrit un mot sur le livre d'or du patriarcat.

« Le Figaro »
Dans un entretien au quotidien français Le Figaro publié lundi, Saad Hariri avait indiqué que « le noyau dur et fondateur de l'État islamique provient des anciens détenus d'el-Qaëda, libérés à dessein des prisons de Nouri al-Maliki en Irak et de Bachar el-Assad en Syrie ».
En réponse à une question sur le rôle de l'Arabie saoudite dans l'émergence des groupes jihadistes, M. Hariri a répondu : « Cette affirmation est contraire à la réalité. Regardez le soutien de Riyad à l'Égypte du général Sissi ou à l'armée libanaise dans sa lutte contre les groupes terroristes. C'est actuellement le roi Abdallah qui est à la tête de la lutte culturelle et politique contre l'extrémisme se prétendant de l'islam, et sans son soutien et sa participation, il ne pourrait y avoir aujourd'hui de coalition internationale contre l'EI. » Pour lui, « le prétendu État islamique n'est ni islamique ni un État. Il s'agit d'un groupe terroriste qui commet, au nom de notre religion, des actes barbares et abjects ».
« Aujourd'hui, en Syrie, la population est condamnée à un choix impossible entre l'EI et Bachar el-Assad », a-t-il indiqué.
Le leader sunnite a également déploré l'implication du Hezbollah aux côtés du régime Assad en Syrie : « Cette ingérence d'un parti-milice libanais en territoire étranger s'est faite sans demander l'avis des Libanais, ni de l'État libanais. Ils prétendent y être allés pour empêcher les groupes terroristes syriens de venir au Liban. Or ces mêmes groupes prennent prétexte de l'intervention du Hezbollah en Syrie pour amener la bataille au Liban même ! »
Interrogé sur l'impact des frappes de la coalition internationale contre les jihadistes, l'ancien Premier ministre a estimé qu'elles « sont nécessaires, mais pas suffisantes. Pour le long terme, il faut à tout prix soutenir et renforcer les modérés, c'est-à-dire ceux qui refusent l'intolérance religieuse, qui préconisent une séparation du politique et du religieux dans les affaires de l'État, qui respectent les principes démocratiques et les droits de l'homme ». Il a souligné, à cet égard, que « le Liban est le modèle de la tolérance et du vivre-ensemble pour toute la région. Or aujourd'hui, ce modèle est menacé par le pourrissement institutionnel, avec une vacance à la tête de l'État ».

Le leader du courant du Futur, Saad Hariri, a affirmé hier soir, à l'issue de sa réunion à Rome avec le patriarche maronite Béchara Raï, que la prorogation du mandat de la Chambre est « une coupe de poison inévitable » et que la priorité absolue reste l'élection d'un président de la République. M. Hariri s'est engagé, dans ce sens, à ce que son camp prenne dans les jours à venir une série d'initiatives pour débloquer la présidentielle.La réunion s'est déroulée en présence de MM. Nader Hariri, Ghattas Khoury et Daoud Sayegh, ainsi que du procurateur patriarcal auprès du Saint-Siège, Mgr François Eid, et son adjoint Mgr Tony Gibran.L'entretien a porté « sur la question du vide présidentiel et les législatives », a indiqué M. Hariri, ajoutant cependant que d'autres sujets avaient été abordés, comme les...
commentaires (2)

SANS UN DIALOGUE FRANC ET VRAI ENTRE TOUTES LES PARTIES LIBANAISES... SANS EXCEPTION AUCUNE... PEINE PERDUE !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

09 h 39, le 15 octobre 2014

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Commentaires (2)

  • SANS UN DIALOGUE FRANC ET VRAI ENTRE TOUTES LES PARTIES LIBANAISES... SANS EXCEPTION AUCUNE... PEINE PERDUE !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 39, le 15 octobre 2014

  • NADER HARIRI ÉTAIT PRÉSENT, MAIS DOMMAGE ON N'A PAS ENTENDU PARLER DE TAYMOUR DANS CETTE GRANDE RÉUNION. MERCI MERCI LES HARIRI. MERCI À RAI QU'IL S'EST DÉPLACÉ SPÉCIALEMENT POUR CETTE RÉUNION. MERCI À BERRY MALGRÉ QU'IL N'A PAS PU RESTÉ POUR LA PHOTO, SON HOTEL EST UN PEU LOIN.

    Gebran Eid

    05 h 42, le 14 octobre 2014

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