« Tous ceux qui critiquent notre position vis-à-vis de la Syrie sont ses alliés d’hier qui ont le plus profité de sa tutelle », a déclaré le général Aoun. Photo Ibrahim Tawil
Le chef du Courant patriotique libre (CPL), Michel Aoun, a affirmé hier, à l'occasion de la commémoration de l'assaut syrien contre le palais présidentiel de Baabda le 13 octobre 1990, que la véritable représentation est perdue au sein du Parlement libanais.
« Nous sommes réunis aujourd'hui pour commémorer ensemble la mémoire de nos martyrs morts le 13 octobre 1990. Cette bataille reste la plus forte symboliquement parce qu'elle était une bataille pour la liberté et l'indépendance, a déclaré le général Aoun depuis le Palais des Congrès à Dbayé. J'ai toujours dit que préserver l'indépendance était plus difficile que l'obtenir, mais ces remarques ont été oubliées et les dirigeants libanais continuent de recevoir des ordres de plusieurs sources. Le 13 octobre 1990, les forces de fait accompli ont pu imposer leur donne mais notre résistance a fait prévaloir notre droit à l'existence d'un Liban. C'est ce qui s'est également passé le 14 mars 2005 quand le Liban est redevenu souverain et libre. Ceux qui ont malheureusement tenu les rênes du pouvoir étaient ceux qui n'ont jamais gouverné conformément à ces principes et ont plutôt profité des tutelles consécutives imposées sur le Liban. »
Revenant sur la situation politique libanaise actuelle, M. Aoun a déclaré que « la véritable représentativité est perdue au sein de la Chambre ». « En ce qui concerne les élections législatives, la proportionnelle est la plus juste pour la société libanaise », a-t-il poursuivi, accusant « une partie de vouloir imposer le choix d'un président et de refuser un changement de la Constitution en ce qui concerne cette échéance ». « Les aspirations de cette partie qui vise à accéder au pouvoir et à le contrôler de manière exclusive sabotent le jeu démocratique et empêchent qu'il se déroule de manière saine », a-t-il déclaré. Le député Aoun a ensuite dénoncé le fait que les prérogatives de la communauté chrétienne lui aient été arrachées après son affaiblissement lors de la tutelle. « Le président de la République n'a plus joué depuis qu'un rôle protocolaire au lieu d'être un président qui œuvre en faveur de l'entente et de la préservation de la Constitution, a-t-il clamé. La présidentielle ne peut être décidée de façon individuelle mais il faut quand même être juste avec une communauté que l'on refuse de traiter comme le reste des composantes libanaises. »
Si le 13 octobre était à refaire...
Sur un autre plan, Michel Aoun a appelé « tous les Libanais à s'unir contre les forces qui attaquent notre armée et ont enlevé nos militaires », critiquant « la politique de distanciation par rapport à la guerre en Syrie », et estimant qu'elle a laissé les frontières ouvertes et n'a pas permis de contrôler le flux de réfugiés. « Notre courant politique a beaucoup alerté le gouvernement quant à l'importance de contrôler les frontières, mais il a été accusé de racisme », a-t-il ajouté, indiquant que les Libanais vivent aujourd'hui dans un état d'inquiétude, toute vision de l'avenir n'étant pas claire. « J'appelle les jeunes à lutter en faveur de l'édification de l'État, a-t-il déclaré. Nous promettons aux martyrs l'édification d'une patrie qui préservera leurs sacrifices et dans laquelle leurs fils pourront vivre en paix », a conclu le général Aoun.
Le discours de Michel Aoun était précédé de plusieurs reportages et témoignages. Étaient notamment présents divers membres du CPL comme le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil, le député Alain Aoun, le député Ibrahim Kanaan et l'ancien ministre Sélim Jreissati.
Par ailleurs, le général Aoun a déclaré dans un entretien accordé aux jeunes du CPL, via leur page Facebook, que « Daech et al-Nosra ne pourront infiltrer le Liban et les Libanais ». « Nous vivons dans l'inquiétude aujourd'hui mais les circonstances qui accompagnaient le 13 octobre 1990 sont très différentes des circonstances actuelles et le salut est possible. Tous ceux qui critiquent notre position vis-à-vis de la Syrie sont ses alliés d'hier qui ont le plus profité de sa tutelle. La situation régionale et mondiale a également changé et les Libanais ne doivent plus s'entêter. Le Liban et la Syrie sont deux pays voisins et nous ne pouvons qu'œuvrer pour de bonnes relations bilatérales après que la Syrie a quitté le pays », a-t-il affirmé.
Le général Aoun a en outre assuré que si le 13 octobre était à refaire, il ne changerait rien. « Je n'avais que deux options : soit me rendre, soit lutter, et j'ai choisi de lutter face à une grande force. Une lutte qui nous a coûté cher mais qui a consacré le droit du Liban à l'indépendance que nous avons pu de ce fait reprendre en 2005 », a-t-il dit.


ON DIRAIT QU'IL A OUBLIÉ, À DESSEIN BIEN SÛR, SON ABANDON DE SES SOLDATS QUI FURENT LA PLUPART MASSACRÉS ET LES AUTRES EMPRISONNÉS PAR SES ENNEMIS D'HIER, SES GRANDS AMIS D'AUJOURD'HUI, ET SA FUITE À PARIS... QUAND MÊME IL EST UN BON PANURGE PUISQUE NOMBREUX SONT LES MOUTONS QUI LE SUIVENT TÊTE BAISSE ET BÊLANT !
12 h 36, le 15 octobre 2014