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Liban

A Beyrouth, « Bikeathon 2014 » défend un mode de vie plus respectueux de l’environnement

Liban

Malgré un nombre de participants record, le cinquième Bikeathon du Liban a encore un long chemin à parcourir pour sensibiliser les Libanais aux questions environnementales.

10/10/2014

Dimanche dernier, les rues beyrouthines, plus habituées au bruit des klaxons qu'au calme des promeneurs, ont été parcourues par près de 3000 cyclistes, ravis de pouvoir accaparer un peu la capitale. Entre amis ou en famille, amateurs ou professionnels, chacun a eu l'opportunité d'effectuer entre 11 et 17 km sous un soleil automnal bienvenu.
Pourtant, au-delà de l'activité de groupe, le message que souhaitaient faire passer les organisateurs d'un tel événement a bénéficié d'un impact tout relatif. Placée sous le signe du combat pour l'aménagement de pistes cyclables permettant aux utilisateurs de laisser leur voiture chez eux sans y laisser leur peau, l'initiative a surtout pris la forme d'une journée de loisir sans parti pris.


Les participants ont ainsi démontré un relatif désintérêt pour l'écologie. Ravis de leur journée, certains ont reconnu ne pas se préoccuper de l'avenir de la planète. Un père de famille, encore essoufflé par l'effort, avouait sans honte: «Notre manière de vivre au quotidien n'a rien à voir avec l'idéal écologique. » Davantage sensibilisées, Rana Akiki et Elissa Béchara, vingt ans passés, répondaient avec nuance: «Bien sûr, nous sommes aussi là pour soutenir une cause, mais nous n'avons pas beaucoup d'espoir quant à la capacité du pays à faire de l'écologie un enjeu majeur.»

 

(Lire aussi : De l'Allemagne au Mont-Liban, à bicyclette)


Aujourd'hui, au Liban, le droit de l'être humain à un environnement sain, ainsi que son devoir de veiller à un certain équilibre écologique, pour lui comme pour les générations futures, sont consacrés par l'article 3 de la loi n°444 de 2002 sur la protection environnementale. Cependant, l'application d'une telle loi demeure relativement floue. C'est un engagement individuel concret, soutenu par les pouvoirs publics à l'échelle nationale, qui fera la différence. Mais les mentalités peinent à changer et des initiatives comme Bikeathon demeurent événementielles.

 

L'écologie, pas assez « cool » ?
Alors, les Libanais, désabusés ou simplement paresseux? Hadrien Béchara, habitué à parcourir le pays à vélo, a un avis sur la question: «Culturellement, les gens ne sont pas prêts à utiliser leur vélo comme moyen de transport, même pour un petit trajet. Au Liban, on ne peut rien faire sans voiture, les transports publics n'existent pas. Et puis, même avec des pistes cyclables, les gens ont-ils envie de faire un effort physique pour se déplacer? Cela suppose transpiration, pollution et disputes potentielles avec des automobilistes pas toujours courtois avec les cyclistes.»
Pour autant, Nada Zaarour, qui préside l'ONG Green Mind, organisatrice centrale de cet événement, ne perd pas espoir: «Une communauté qui bénéficie d'un accès illimité aux pistes cyclables sera naturellement tentée de les utiliser. C'est comme cela que les choses changent et qu'un nouvel environnement culturel voit le jour.» En d'autres termes, faire du cyclisme une évidence quotidienne.

 

(Pour mémoire : «Go Jounieh, ou faire du vélo pour sensibiliser à l'écologie)


De fait, sensibiliser pour lutter contre l'indifférence, la démarche est intuitive, presque tautologique. Mais alors que le changement climatique s'avère inéluctable et menace la planète, toutes espèces confondues, cette situation d'extrême urgence est loin de faire partie des priorités individuelles. Pourquoi? Probablement parce que le sujet manque de popularité. Même si l'État était à même de réaménager le paysage urbain, ou des associations comme Green Mind bénéficiaient d'une tribune nationale, cela n'aurait de sens que si les Libanais eux-mêmes faisaient le choix d'un mode de vie écologique. Les pays scandinaves, leaders en matière de protection environnementale, ont trouvé la solution depuis longtemps en faisant de l'écologie un sujet tendance, et de la pollution un facteur d'exclusion sociale.

 

Pour mémoire
Paix et amour sont les valeurs de la course...

« Banque du Liban – marathon de Beyrouth 2014 » sous le thème de la paix

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