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Sport - Marathon de Beyrouth

Paix, amour et marathon de Beyrouth

Professionnels ou débutants, près d'un millier de Libanais s'entraînent par tout temps, à un mois du départ.

Photo Association du marathon de Beyrouth

Ils n'ont pour la plupart jamais couru de leur vie et pourtant, dans le cadre du programme « Beirut 542 », plus d'une quarantaine de coureurs ont foulé le bitume de la Corniche aux aurores, lors d'une course de plus de 25km qui a démarré à 5h30 du matin. Un exploit ? Tout juste l'entraînement de dimanche dernier, duquel les futurs marathoniens sont sortis trempés et souriants.
« Beirut 542, raconte Safa Salem, directrice de la communication de l'Association du marathon de Beyrouth, ce sont à l'origine cinq coachs qui entraînent des Libanais n'ayant jamais couru de grande distance au cours de leur vie afin que ceux-ci franchissent avec succès, le 9 novembre, la ligne des 42 kilomètres. » « Parce que courir un marathon exige, plus qu'un entraînement, un soutien moral et une inspiration », explique la joggeuse occasionnelle, elle-même peu satisfaite de l'application « running » téléchargée sur son smartphone. « Il y a cette voix monotone qui me dit : vous avez couru six kilomètres. Bravo ! Je ne suis pas certaine que cela pousse les gens à continuer », éclate-t-elle de rire. « Regarde ! s'interrompt-elle en apercevant un coureur qu'elle applaudit. Ce monsieur était un grand fumeur depuis 30 ans et il a arrêté d'un coup lorsqu'il a commencé l'entraînement. » Un battant qui se présentera, parmi de nombreux autres coureurs, au départ de la 12e édition du marathon de Beyrouth.

 

(Lire aussi: « Banque du Liban – marathon de Beyrouth 2014 » sous le thème de la paix)

 

Des raisons pour se dépasser
En 2014, le thème de la course est « Peace... Love... Run ». « Chaque année, nous réfléchissons à des raisons pour les coureurs de se dépasser, ou à des attitudes à encourager. Ainsi, lorsque le jogging n'était pas un sport très pratiqué et que beaucoup restaient confinés aux salles de gym, nous avions incité les Libanais à courir dans la rue, et l'an dernier, nous leur avions demandé de courir pour la paix du Liban. Ces dix dernières années, la course à pied a gagné beaucoup d'adeptes. Il n'est plus rare de voir des silhouettes trottiner au bord de la Corniche », explique Safa Salem. Pour cette raison, l'Association du marathon de Beyrouth « a décidé cette année de ne pas dicter ce pourquoi ils devraient se dépasser. La course est devenue populaire parce qu'elle est porteuse de valeurs en soi. Elle apporte la paix interne à l'individu qui, nous le croyons, peut se transmettre aux autres. C'est pour cela que nous souhaitions recentrer l'édition 2014 sur les valeurs mêmes de la course, qui sont la paix et l'amour. Il se tisse lors des entraînements des amitiés très fortes », témoigne-t-elle en désignant deux jeunes coureuses de Beirut 542 qui trottent, en rythme et sous la pluie, depuis déjà deux heures ce matin.
Pour « Peace... Love... Run », divers programmes encadrés par l'Association du marathon de Beyrouth, artistiques ou sportifs ont mis l'accent sur les émotions créées par la discipline. Vingt-neuf artistes réputés, parmi lesquels Nadim Karam, exposeront ainsi dans Beyrouth, trois semaines avant le début du marathon, des œuvres dont la vente financera le marathon des personnes ayant des besoins spéciaux.

 

Une expérience qui métamorphose
Citant Édouard Maalouf, Maria Pia ou encore Maxime Chaya, Safa Salem rappelle que l'exemple de nombreux coureurs inspire les marathoniens. Mais pour ceux de Beirut 542, ce sont surtout leurs coachs qui, connaissant exactement leurs atouts et faiblesses, sauront les conseiller pour atteindre leur but. « Certains étaient de vrais télézards qui ne pratiquaient aucun sport, ironise gentiment Mme Salem, mais aujourd'hui, ils s'entraînent trois fois par semaine et postent à l'infini des photos de leurs assiettes de pâtes sur les réseaux sociaux. »
Il est certain que l'expérience en a changé plus d'un. « Parfois, il est difficile de se lever le matin », témoigne Élie, coureur âgé de 39 ans dont le réveil retentit à quatre heures. « Mais je ne suis pas fatigué, au contraire, la course me donne un équilibre, je me sens plus énergique au travail », explique ce sportif, avant de bondir pour rejoindre à l'entraînement ses compagnons de course. Soupirs heureux, tapes dans le dos et boutades s'échappent du groupe. Ils savent pourquoi ils courent...

 

 


Ils n'ont pour la plupart jamais couru de leur vie et pourtant, dans le cadre du programme « Beirut 542 », plus d'une quarantaine de coureurs ont foulé le bitume de la Corniche aux aurores, lors d'une course de plus de 25km qui a démarré à 5h30 du matin. Un exploit ? Tout juste l'entraînement de dimanche dernier, duquel les futurs marathoniens sont sortis trempés et...

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