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Économie

Les locaux, seuls touristes au Liban pour la fête de l’Adha

Liban

En cette fête de l'Adha plus que jamais l'activité touristique repose bel et bien sur la consommation locale. Si pour les restaurateurs, ces quatre journées de fêtes ont été réjouissantes comparées au reste de l'année, les commerçants, eux, font état d'une situation alarmante, dans un contexte d'appauvrissement chronique des ménages.

07/10/2014

Ni expatriés, ni touristes du Golfe, ni même visiteurs européens. Cette année, le Liban n'aura compté uniquement que sur les résidents pour alimenter le tourisme en cette période de fête.
« L'Adha est censée être une fête familiale et un moment de consommation par excellence. Or l'Adha 2014 a été un instant de consommation sans consommateurs », explique Nicolas Chammas, président de l'Association des consommerçants de Beyrouth.


Sans touristes, les professionnels n'ont pu compter que sur la consommation locale. « Or les Libanais sont désenchantés et appauvris », ajoute le professionnel. Selon Nicolas Chammas, les ventes durant l'Adha ont diminué de 20 à 40 % en comparaison avec la même période de l'an dernier.
« Même les professionnels des secteurs les plus concernés par cette fête comme l'habillement, les cadeaux ou les jouets se sont dit au mieux déçus et au pire alarmés par la diminution de leurs activités », poursuit M. Chammas. « Cette année, la fête de l'Adha semble s'être réduite à une promenade en plein air et un narguilé en terrasse », conclut-il.


C'est effectivement le constat établi par Tony Ramy, vice-président du syndicat des restaurateurs. Le professionnel ne s'estime pas mécontent du bilan de cette période de fête. « Les restaurants ont pratiquement tous affiché complet durant ces quatre jours, raconte-t-il. Même si nous n'avons pas accueilli de touristes arabes, ni de Libanais de la diaspora, nous avons pu travailler grâce aux résidents et par les temps qui courent, c'est déjà une victoire. » Selon lui, le ticket moyen par personne a oscillé entre 20 et 60 dollars en fonction des restaurants, « soit des dépenses plus ou moins similaires à celles de l'année dernière », précise-t-il.

 

(Pour mémoire : Les propriétaires d'hôtel tirent la sonnette d'alarme)

 

Et après, on va où ?
Le professionnel souligne que si durant cette période de fête, l'activité des établissements a effectivement repris, « ce n'est hélas que le temps d'une courte période. Après l'Adha, les professionnels du tourisme devront reprendre une activité au jour le jour ». Nous n'avons aucune idée de quoi demain sera fait, regrette Tony Ramy. Nous ne savons absolument pas où nous allons.
Même son de cloche pour Jean Beyrouthi, président du syndicat des complexes balnéaires et secrétaire général de la Fédération des syndicats touristiques. Le professionnel ne se réjouit pas de l'augmentation du taux d'occupation des hôtels qui est passé de 49 % fin août à 60-70 % durant les fêtes. « Le problème c'est l'après-Adha », insiste-t-il aussi.
« Nous avons enregistré une hausse du taux d'occupation des hôtels, mais il s'agit d'une tendance éphémère qui ne suffira pas à combler les pertes du secteur touristique, ni à couvrir les frais de fonctionnement pour les mois à venir. »


Dans les hôtels, Jean Beyrouthi affirme avoir reçu essentiellement des Irakiens, « l'exception à la règle des touristes ayant déserté le pays », selon ses propres termes. Par conséquent, même si le taux d'occupation des hôtels a augmenté, il continue de faire grise mine. « Même si le taux de remplissage des hôtels a augmenté durant ces quatre jours, la situation n'a rien à voir avec les années où nous recevions les touristes du Golfe qui réservaient de longs séjours de 15 jours pour célébrer la fête de l'Adha. »
Pour le secrétaire général de la Fédération des syndicats touristiques, l'heure est grave. « Après la fête de l'Adha, ce sera le black-out », s'inquiète-t-il. « Le Liban n'est plus une destination. Même les touristes européens qui venaient encore l'an dernier ne sont plus là. Nous n'avons plus de groupes depuis longtemps et pas de réservation jusqu'au Nouvel An », ajoute-t-il.
Pour le moment, le secrétaire général de la fédération confie ne pas vouloir prendre de décision dans les dix jours à venir, « mais si les choses ne s'améliorent pas et que nous perdons les touristes irakiens, il faudra bien prendre les mesures qui s'imposent : réduction des coûts, des employés et plus si nécessaire ».

 

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Sabbagha Antoine

Le Liban n'est plus une destination triste constatation à cause de la sécurité qui laisse toujours à désirer .

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