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Premier accord entre les rebelles et l'EI au sud de Damas

syrie

L'armée loyaliste avance dans la province centrale de Hama.

OLJ/AFP
12/09/2014

Les rebelles syriens et les jihadistes de l’État islamique (EI) ont enterré la hache de guerre au sud de Damas au terme d'un accord, le premier du genre depuis le déclenchement des hostilités entre eux au début de l'année, selon une ONG.

Les insurgés, islamistes ou modérés, ont conclu un cessez-le-feu à Hajar al-Aswad, dans la banlieue sud de la capitale, où les deux adversaires sont présents, explique l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Selon les termes de l'accord, "les deux parties respectent une trêve jusqu'à ce qu'une solution définitive soit trouvée et elles promettent de ne pas s'attaquer car elles considèrent que le principal ennemi est le régime noussaïri", terme péjoratif pour désigner les alaouites, secte dont est issu le chef de l'Etat Bachar el-Assad.

Après des revers cuisants subis dans le nord et surtout l'est de la Syrie et à l'issue d'une offensive lancée en juillet, les rebelles avaient réussi à chasser les combattants de l'EI de quatre de leurs bastions au sud-est de Damas, Mesraba et Maydaa, dans la Ghouta orientale, ainsi que de Yalda et Beit Sahem.
"Les jihadistes s'étaient alors retranchés dans Hajar al-Aswad, où ils ont une forte présence, précise l'OSDH.

Le conflit en Syrie, qui a débuté en mars 2011 par un mouvement de contestation contre le régime de Bachar el-Assad rapidement réprimé par le pouvoir, s'est transformé ensuite en un conflit entre rebelles et forces gouvernementales.  Puis il s'est compliqué avec la montée en force des jihadistes de l'EI qui combattent tant les insurgés que les forces du régime.

(Repère : A quoi ressemblera la guerre contre l'Etat islamique?)


L'armée avance à Hama
Les troupes du régime syrien ont de leur côté avancé dans la province centrale de Hama, en prenant vendredi le village de Hilfaya après des combats avec les insurgés et des bombardements violents, ont rapporté l'armée syrienne et l'OSDH.

L'armée syrienne a annoncé dans un communiqué le contrôle de la localité avec l'aide des supplétifs des Forces de la défense nationale, milice pro-régime. Le contrôle de Hilfaya survient après celui de plusieurs villages dans cette région où l'armée a tué un grand nombre de "terroristes", des non-Syriens pour la plupart, précise l'armée.

La reprise de Hilfaya a eu lieu après "une semaine de combats et de violents bombardements" menés par les forces gouvernementales dirigées par l'officier Souheil al-Hassan, surnommé "le Tigre", a indiqué le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Des combattants iraniens ont aidé les troupes syriennes dans les affrontements, a-t-il précisé.

M. Abdel Rahmane avait déjà fait état mardi de la reprise aux rebelles de plusieurs villages, entre leurs mains depuis juillet, aux alentours de l'aéroport de Hama, à partir duquel l'armée menait des raids.
"Un accord est intervenu à Hilfaya entre l'armée et les notables de cette localité au terme duquel des habitants armés s'y sont déployés", a indiqué M. Abdel Rahmane. Les combattants rebelles, dont ceux du Front al-Nosra, s'en sont retirés, a-t-il ajouté.

Près de Damas, au moins 42 personnes, dont sept enfants et deux femmes, ont été en outre tuées jeudi dans des raids du régime sur Douma, une ville tenue par les rebelles, selon un nouveau bilan fourni vendredi par l'OSDH. Un précédent bilan faisait état de 17 morts. Douma, située à 15 km au nord-est de la capitale, est assiégée par l'armée depuis plus d'un an. Parmi les victimes figure un nombre indéterminé de rebelles, a ajouté l'ONG, en faisant état d'un "grand nombre de blessés".

Des militants anti-régime ont diffusé sur YouTube des vidéos montrant selon eux l'impact des raids sur la ville. On y voit des personnes transportant des cadavres dont un carbonisé au milieu de scènes de panique, alors que des pompiers tentent d'éteindre le feu provoqué par les explosions dans des immeubles.
Douma est souvent la cible de raids aériens du régime. Mardi, des frappes avaient fait 25 morts, dont dix enfants.


La guerre en Syrie a déjà fait plus de 191 000 morts selon l'ONU et 180 000 selon l'OSDH, dont un grand nombre de civils.

 

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