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Aziza, le tarapop, un nouveau style musical

Rencontre

Elle a redonné au tarab une nouvelle jeunesse et un écho contemporain, résolument plus pop. Aziza, musicienne, compositrice et chanteuse, vient de sortir son premier album éponyme, après avoir démarré sa carrière sur des scènes plus intimes où elle a su imposer sa voix et sa présence. Portrait.

Carla Henoud | OLJ
08/09/2014

Difficile de donner un âge à cette jeune femme tranquillement installée dans un café, dans l'attente de son interlocuteur. Plongée dans un livre, le regard acéré, même si distrait, un rouge à lèvres vif soulignant son sourire, Aziza a l'air différente de son portrait sur la couverture de son album, baptisé bien évidemment «Aziza». Il y a comme un air de mystère qui flotte sur l'artiste, une intimité à préserver tout à fait légitime, un drôle de jeu de personnes et de personnalités qui jettent un parfait flou artistique. De son vrai nom, parents, fiche d'identité, âge et passé, nous ne saurons pas grand-chose, sauf des études de journalisme abandonnées pour un précoce amour de la musique et une médaille d'or remportée en 2010 à l'émission Studio el-Fan.

 



«Je suis née au Liban, j'y vis et je ne le quitterai jamais, concède-t-elle. Les paroles de mes chansons sont en rapport avec le Beyrouth que j'aime, que je veux. » Mademoiselle X, avant de devenir Aziza, avant de revêtir l'artiste et le prénom comme une personnalité et un costume parfaitement taillés à sa mesure, avait poussé la chansonnette très jeune, impressionnée par un père lui-même musicien et influencée par Abdel Wahab, Fayrouz, Oum Kalsoum, Dalida et toutes ces divas mythiques qui possédaient une voix, une poésie et une musicalité de plus en plus oubliées. Le tarab, à ses yeux, représente très vite un art, un moyen d'expression qui lui ressemble. Elle décide de le sortir de son moule poussiéreux, de lui donner de nouveaux sons, où le disco, la pop et le reggae viennent se fondre presque facilement pour générer un nouveau style, qu'elle a baptisé tarapop.

 

 

« J'ai le tarab dans la peau, poursuit-elle, et j'adore la langue arabe. Je trouve regrettable que les deux se perdent et que la jeune génération ait des préjugés et ne connaisse rien à leur beauté. » Autodidacte, elle a appris seule le piano, la guitare, et vient de se mettre au oud. Son amour inconditionnel pour Abdel Wahab l'a amenée à se plonger totalement dans sa musique, y saisissant toutes ses inflexions et subtilités. « J'ai tout appris de lui », dit-elle. Il y a quatre ans, elle se lance, et avec elle son double Aziza, sur différentes scènes, dont le Blue Note où elle se produit deux fois par mois. Parallèlement, elle se met à l'écriture, avant une rencontre avec la musicienne et très inspirée productrice Jana Saleh (Mashrouh Leila, c'est elle...). L'enregistrement de l'album aura lieu dans les studios de Jana et Raed el-Khazen, b-root, avec des arrangements signés Raed.

 

 

Aziza l'album

Plusieurs années d'écriture et de composition, l'album «Aziza» voit enfin le jour avec 9 titres et autant de styles. Toutes des compostions, sauf No no no, une adaptation de Que no Que no, et Aziza, titre phare emprunté à Abdel Wahab et un bel hommage à son maître à chanter. Visuel, coloré, il est à écouter «comme on regarderait un film», dans l'ordre d'apparition des chansons. Holiday Inn, Alhamtani, Barghasheh, Bakeer w shetwyyeh, No no no, Aziza (Bayni w Bayna), Khalas, Ya Mazag, Kel el-Ala Bali parlent de rupture, d'amour, du rôle des femmes en Orient, du chaos de Beyrouth ou de la solitude, sur des tons qui vont du sourire à la tristesse. « Tout ce que je voulais faire est dans cet album, souligne Aziza, sereine. J'espère à présent monter une superproduction musicale, un show qui mettra en scène les ambiances des titres de l'album. Et puis exporter ce nouveau tarab dans la région et dans le monde.» «Aziza, poursuit-elle, est une persona, une création qui m'a donné une voix, des yeux pour regarder le public, le sentir, un courage pour affronter la scène, dire et chanter. Elle est courageuse, aimante et donne son cœur sur scène. Quand on rentre à la maison après une représentation, on est vidées!» Alors, pour cette (double) rencontre d'un autre type, deux choix: écouter l'album, en vente au Virgin Megastores, ou découvrir Aziza sur scène, au Blue Note, les 11 et 24 septembre.

 




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