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Dee, yogi ultralibérée

Rencontre

Son vrai nom est Dee Elnajjar, mais depuis quelque temps, elle préfère qu'on l'appelle Deemoi. Dee, qui a en effet beaucoup de choses à dire, a basculé dans le yoga comme, d'une certaine manière, d'autres entrent en religion... Depuis qu'elle y a atteint le nirvana, elle tente de partager son bien-être et son épanouissement au plus grand nombre. Un très grand nombre.

Carla Henoud | OLJ
25/08/2014

Ils sont déjà plus de 33000 à la «follower» presque religieusement sur Instagram... Au Liban, où elle vient de passer quelques jours, au Union Square Yoga Studio et à Batroun, à donner des cours et animer des ateliers, les adeptes de yoga ont eu le plaisir de la retrouver dans une communication à la fois spirituelle et physique. Pour d'autres, il aura suffi que le photographe Patrick Baz poste une photo de Dee en pleine action-détente sur son compte Instagram baptisé Deemoi pour que le buzz se fasse et que tous ces autres s'intéressent à elle.


Courtesy of Patrick Baz

«Artiste, professeure de yoga, designer de bijoux, collectionneuse de pierres, alpiniste, cycliste, mère», c'est ainsi que se définit Dee, née Dadi Elnajjar au Liban – son grand-père est mexicain et son père libanais du Koura. «Enfant, je posais beaucoup de questions», dit-elle, pour tenter d'expliquer ce drôle de surnom qui est devenu sa marque de fabrique. Pour le reste, son parcours, ses souffrances, sa philosophie sont très esthétiquement gravés sur son corps par des tatoueurs-artistes célèbres, «pour, toujours, dit-elle, me rappeler les difficultés que j'ai connues et le chemin à suivre». On y décèle une plume de tribus indiennes, «symbole de force», des oiseaux, Sacha, le prénom de sa fille, aujourd'hui âgée de 14 ans, al-Tarick (le chemin), calligraphié sur son cou, un lotus ou enfin des flèches qui lui font dire que «la seule certitude que nous ayons, c'est l'incertitude car rien n'est permanent». Dans ce café où Dee, 40 ans, les pieds nus, sirote son eau minérale, le regard est surpris par son visage souriant, pas une ride, cerné de lunettes rondes, avant que son corps, parfaitement épanoui, étiré, en équilibre sur le fauteuil, ne prenne toute la place dans la conversation.

Corps et âme

«Je suis installée à Londres depuis 20 ans, confie-t-elle. Mon départ a été une décision folle, impulsive. J'avais 100 dollars en poche, pas de plan, pas de boulot, pas de logement...» Lorsque sa vie s'organise peu à peu, elle découvre, entre autres sports, l'escalade sur glace et l'alpinisme. Le yoga viendra d'abord comme un remède à des blessures à l'épaule et au genou. «J'étais curieuse, j'ai pratiqué toutes les techniques de yoga, le sivananda, puis l'ashtanga, le hatha et yin, le pranayama et enfin la méditation. Pour approfondir mes connaissances, j'ai voyagé à Bangalore, je me suis inscrite au British Wheel of Yoga pour des cours intensifs à Londres, et je ne cesse d'apprendre et de m'améliorer.»

 

 


Depuis 2006, elle nage donc dans le yoga comme un poisson dans l'eau. Son tapis devient volant, son studio un espèce d'Éden où elle réussit à embarquer ses élèves dans un voyage qu'elle voudrait également mystique. «Beirut, come fly with me», avait-elle ainsi proposé sur l'affiche qui accompagnait ses cours. Où qu'elle soit, Dee exécute avec une incroyable facilité ses salutations au soleil et autres mouvements bien plus compliqués dans une parfaite chorégraphie. Sur le toit d'une voiture, au bord de la mer, dans un milieu urbain ou en studio, elle devient naturellement lotus, cobra, chandelle, arc ou sauterelle...

Peintre, designer de bijoux, Dee crée également des colliers et des bracelets avec des perles Mala et des pierres sacrées récupérées au cours de ses voyages en Inde et ailleurs. «Chacune de ses pierres a un pouvoir thérapeutique. Certains colliers sont conçus à la demande du client pour guérir des maux précis.» Même si, souligne-t-elle, «j'enseigne le yoga dans le respect de la tradition, loin des figures de style, exactement comme on me l'a appris, jusqu'à en faire une manière de vivre», ses photos postées sur Instagram vont plus loin, brisant, souvent, tabous et interdits.


Courtesy of Patrick Baz

Dee l'artiste aime à y exhiber son corps parfait dans des postures totalement libérées. «Il faut rester fidèle à soi-même, précise-t-elle. Je suis une personne très sensuelle et je n'ai aucune pudeur à montrer mon corps. La vie me l'a offert, je ne vois pas pourquoi je m'empêcherais de m'exprimer à travers lui et à travers des photos que je prépare consciemment, dans chaque détail.» Toutes ces images sont accompagnées d'explications, de questionnements philosophiques, de pensées, ouvrant un dialogue souvent inattendu avec ses suiveurs. «Mon corps est peut-être à Londres, mais mon cœur à des milliers de kilomètres. Je suis là, a-t-elle posté il y a quelques jours, au lendemain de son retour en Grande-Bretagne, pour tout vivre, mettre mon cœur en péril, encore et encore, aimer, sentir...»

Dee sera bientôt de retour à Beyrouth. Elle nous en dira certainement plus.


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LIBAN D'ABORD

A Nat
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