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Liban

Ahmad el-Assaad à « L’OLJ » : « Le commandement de l’armée est manipulé par le Hezbollah »

Rencontre

Le leader de l'Option libanaise appelle l'institution militaire à « prendre l'initiative de sauver le pays »

11/08/2014

Le chef de l'Option libanaise, Ahmad el-Assaad, met en garde, avec encore plus de virulence depuis les combats de Ersal, contre « le fanatisme et le danger du Hezbollah ». Mais son discours s'accompagne aussi, inévitablement, d'un appel au commandement de l'armée, « seul capable aujourd'hui, si toutefois il le décide, de protéger le Liban ».

Rappelant d'abord que « le fanatisme entraîne le fanatisme », il souligne que l'émergence des jihadistes, « ces barbares non identifiables », est une « contre-réaction au fanatisme du Hezbollah et du régime iranien ». Il estime surtout que le flou et la violence que renvoient les hordes de takfiristes « ne signifient pas qu'ils sont plus dangereux que le Hezbollah, bien au contraire. Celui-ci sait planifier et sait comment exécuter ses plans ».
C'est ainsi que le parti chiite aurait « livré l'armée à la bataille de Ersal, comme une marionnette ». « Le parti chiite ne peut se permettre en effet d'être au premier rang des combats dans le grand village sunnite : ni il y a intérêt ni il dispose d'un effectif humain suffisant pour ouvrir un nouveau front, étant noyé jusqu'aux os en Syrie et tout récemment en Irak. »

(Lire aussi : À Ersal, un retour au calme et des doutes sur la performance de l'armée)

Dans ce cadre, Ahmad el-Assaad va jusqu'à affirmer sans détour que « le commandement de l'armée – avec l'accent mis sur le commandement – est littéralement manipulé par le Hezbollah ».
C'est ce rapport de « servilité » que les combats de Ersal « et le sacrifice des jeunes officiers » auront une nouvelle fois trahi. C'est ce rapport qui a également été démontré lorsque « le commandement de l'armée a cherché à couvrir l'implication du Hezbollah dans l'assassinat, aux portes de l'ambassade d'Iran, de Hachem Selman, jeune cadre de l'Option libanaise ».

La figure chiite indépendante ne manque pas de relever également, même si « cela n'est un secret pour personne », que « chaque barrage militaire établi aux entrées de la banlieue sud est pris en charge par un élément du Hezbollah, positionné à quelques mètres des soldats qui attendent ses ordres ». Toutefois, c'est bel et bien à l'armée qu'Ahmad el-Assaad s'en remet, jugeant qu'elle reste la seule institution à même de neutraliser les moyens d'action du parti chiite.
« La démarche la plus urgente aujourd'hui est la fermeture des frontières dans les deux sens par l'armée »,
affirme-t-il, rappelant avoir lancé cet appel il y a un an et demi. S'il rebondit ainsi sur l'appel du 14 Mars d'élargir la mise en œuvre de la 1701, il ne croit pas un instant que pareille mesure aurait des chances d'être adoptée en Conseil des ministres, « celui-ci étant le Conseil des compromis et des bazars » (même s'il se dit « optimiste » par rapport au retour de l'ancien Premier ministre Saad Hariri).
« Seule l'armée est capable de tirer le Liban du pétrin où le Hezbollah l'a placé », précise-t-il, insistant sur le fait que « tout revient au commandement militaire ». Autrement dit, l'intérêt du pays serait tributaire de la décision ou pas du commandement de l'armée de reprendre son autonomie.

(Lire aussi : La victoire à Ersal, le don saoudien et le retour de Hariri ont dynamisé la vie politique)

Pareille décision est une urgence, à l'heure où « la bataille de Ersal promet d'être rééditée ». « Nous n'avons assisté qu'à la première partie d'un feuilleton égyptien long et futile... » « Futile parce qu'on a le sentiment d'avoir accompli quelque chose, alors qu'en réalité, personne ne veut voir que le nœud du problème persiste », répond-il.

Au fil de ce « feuilleton », le parti chiite, « très fort dans la propagande, saura tourner en sa faveur » toutes ses actions, y compris ses faux pas. Il révèle que « le parti tend à l'heure actuelle à renforcer la répression exercée sur la base chiite ». Il donne l'exemple de « la terreur ressentie par les habitants des villages du Sud lors de leur participation chronique aux cortèges funèbres des combattants du Hezbollah tués en Syrie. Si quelques éléments du mouvement Amal étaient chargés des traditionnels tirs en l'air, désormais ce sont plusieurs éléments du Hezbollah qui effectuent ces tirs, veillant surtout à les intensifier, au point de renvoyer des échos semblables à ceux d'une bataille. Ceci provoque une peur terrible au sein du cortège : la peur d'être visé, mais aussi celle que provoque l'intimidation ».

« Ce que beaucoup peinent à comprendre, avec à leur tête le président américain Barack Obama, c'est que le dialogue en vue d'une résolution des différends est impossible avec Téhéran et le Hezbollah : instaurer la paix ôtera à ce régime répressif et à son aile libanaise toute leur raison d'être », conclut Ahmad el-Assaad.


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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UNE VOIX CHIITE BIEN LIBANAISE !

Robert Malek

J'espère que cet homme est bien protégé. Si, par malheur, il était un jour assassiné, il y aurait toujours quelques imbéciles heureux pour accuser les Israéliens.

Ali Farhat

Je me suis levé du bon pied aujourd'hui et je vais filer un scoop au leader, car il nous en manquait un finalement trouvé, de l' option libanaise.. mais rien que pour lui qui a une gueule bien sympathique: le premier homme à voyager dans l'espace est un hizbollahi, eh oui. .. et son nom est ali 3asfour... action conjointe avec l'ancienne URSS qui a pour des raisons de sécurité préféré lui attribuer le nom de youry gagarine.

CBG

Au moins un Chiite qui a les idées claires et les pieds sur la terre du Liban, un jour on dira que tous les chiites n'ont pas déconné!

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