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Jugeant "indéfendable" la politique de Londres sur Gaza, une secrétaire d’État prend une décision radicale

Diplomatie

Une décision qui accroit la pression sur le gouvernement de David Cameron.

OLJ/AFP
05/08/2014

Sayeeda Warsi, première femme musulmane secrétaire d’État au Royaume-Uni, a démissionné mardi, disant ne plus pouvoir "soutenir la politique du gouvernement sur Gaza" qu'elle a qualifiée de "moralement indéfendable".

"C'est avec un profond regret que j'ai écrit ce matin au Premier ministre pour lui remettre ma démission. Je ne peux plus soutenir la politique du gouvernement sur Gaza", a écrit Sayeeda Warsi, actuelle secrétaire d'Etat conservatrice au ministère des Affaires étrangères, sur son compte officiel Twitter.

 


Cette démission accroit la pression sur le gouvernement de David Cameron, actuellement en vacances au Portugal et critiqué depuis plusieurs jours par l'opposition travailliste, qui lui reproche de ne pas adopter une ligne plus dure vis-à-vis d'Israël. "Le Premier ministre regrette que la Baronne Warsi ait décidé de démissionner et est reconnaissant de l'excellent travail qu'elle a accompli", a déclaré un porte-parole de David Cameron. "Notre politique a toujours été très claire : la situation à Gaza est intolérable et nous avons exhorté les deux parties à accepter un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel", a ajouté ce porte-parole des services du Premier ministre.

 

"Notre approche et notre langage pendant la crise actuelle à Gaza sont moralement indéfendables, ne sont pas dans l'intérêt national du Royaume-Uni et auront un impact négatif à long terme sur notre réputation au niveau international et national", a fait valoir Mme Warsi, une avocate de 43 ans mère de cinq enfants, dans sa lettre de démission qu'elle a publiée sur sa page Twitter. Elle a également affirmé qu'il y avait "un grand malaise au sein du ministère des Affaires étrangères (...) quant à la façon dont des décisions récentes ont été prises". Philip Hammond a remplacé mi-juillet William Hague à la tête de la diplomatie britannique.

 

Cette femme politique d'origine pakistanaise s'est aussi inquiétée du fait que la crise de Gaza et la réponse britannique pouvaient constituer "une base de radicalisation", ce qui "pourrait avoir des conséquences (au Royaume-Uni) pour les années à venir". Depuis le début de l'intervention israélienne à Gaza, Londres a défendu le droit d'Israël à se défendre, tout en appelant à une réponse "proportionnée".

 

Personnalité d'ouverture

La Baronne Warsi occupait depuis septembre 2012 le poste de secrétaire d'Etat au ministère des Affaires étrangères et secrétaire d'Etat chargée des cultes et des communautés. Elle était responsable des questions ayant trait à l'Afghanistan, au Pakistan, au Bangladesh, à l'Asie centrale, aux Droits de l'homme, aux Nations unies, aux organisations internationales et à la Cour pénale internationale, précise le site internet du gouvernement. Elle avait été nommée au cabinet gouvernemental en 2010 lorsque David Cameron est devenu Premier ministre, symbolisant sa volonté d'ouverture aux femmes et aux personnes issues de l'immigration. Elle a siégé au cabinet jusqu'en 2012 avant d'être rétrogradée comme membre non permanent, tout en conservant sa fonction de secrétaire d'Etat. Ancienne présidente du Parti conservateur et élue de la chambre des Lords, la chambre haute du Parlement britannique, elle y était chargée des questions diplomatiques.

 

Sa démission a suscité des réactions de soutien de la part de parlementaires travaillistes sur Twitter, notamment celle de Sadiq Khan, le porte-parole sur les questions de justice du Labour. Le maire conservateur de Londres, Boris Johnson, souvent présenté comme un successeur potentiel à David Cameron, a quant à lui déclaré, après l'annonce de Mme Warsi, que les événements à Gaza étaient "absolument horribles et inacceptables". "C'est disproportionné, horrible et tragique et ça ne va faire aucun bien à Israël sur le long terme", a-t-il ajouté dans son émission sur la radio londonienne LBC.

 

 

Mardi à 08H00, un cessez-le-feu de 72 heures accepté par Israël et le Hamas est entré en vigueur dans la bande de Gaza d'où l'armée israélienne s'est retirée après quasiment un mois de guerre dévastatrice.
Au total, plus de 1.850 Palestiniens ont été tués, selon les secours locaux. Côté israélien, 64 soldats et trois civils ont trouvé la mort.

 

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