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Revue de presse

Face aux combats à Ersal, la presse libanaise pointe le risque des divisions

Des soldats de l'armée libanaise aux abords de la région frontalière de Ersal, à l'Est du Liban, le 3 août 2014. AFP PHOTO / STR

Alors que des combats meurtriers opposent l'armée libanaise à des groupes takfiristes armés depuis samedi à Ersal (est du Liban), le commandant en chef de l'armée, le général Jean Kahwagi, a insisté sur la détermination de l'armée à éradiquer "un danger que d'aucuns tendent à minimiser". La classe politique semble majoritairement consciente du danger que représente cette éruption de violence, mais les divisions demeurent quant à savoir qui doit être tenu pour responsable de la grave détérioration de la situation dans l'est du Liban, comme le relèvent les éditoriaux de la presse libanaise parue lundi.

 

"Un rare consensus libanais"
Dans son éditorial intitulé "Un rare consensus libanais qu'il ne faut pas piéger", Wissam Saadé, du quotidien al-Mustaqbal, organe du Courant du Futur, salue le soutien du Hezbollah à l'armée libanaise dans son combat contre les takfiristes, contrairement aux positions que le parti avait adoptées lors des affrontements de Nahr el-Bared en 2007 (combats qui avaient opposé l'armée au groupe Fatah al-Islam).

 

(Lire aussi : Ersal : une bataille qui s'annonce longue et coûteuse...)

 

Un soutien des parties libanaises que le journaliste qualifie de "populaire et politique", mais qui risque selon lui d'être fragilisé à cause de la méfiance entre les différents acteurs locaux. M. Saadé appelle ainsi à mettre de côté pour le moment les débats sur les conséquences de l'implication du Hezbollah en Syrie, sachant que des ténors du 14 Mars attribuent la montée de l’extrémisme sunnite au Liban au soutien du parti chiite au régime syrien. D'autres estiment que le Hezb a protégé le Liban d'une avancée imminente des takfiristes.

 

Le Futur responsable ?
Dans son éditorial publié dans le quotidien al-Akhbar, proche du Hezbollah, et intitulé "Le Futur face à la responsabilité", Ibrahim al-Amine fustige, lui, l'absence de position unifiée au sein du Courant du Futur, en faveur de l'armée libanaise. 

Si le chef du Courant, Saad Hariri, a exprimé son soutien à la troupe, l'auteur rappelle que des députés membres du Futur et des conseillers de l'ancien Premier ministre s'opposent à l'armée et appellent à l'arrêt des opérations de celle-ci. "Que veulent ceux-là ? Une guerre confessionnelle dans la région et ses alentours leur conviendrait-elle afin de réaliser leurs ambitions lorsqu'ils considèrent que ce qui arrive est une atteinte aux sunnites du Liban ?", s'interroge Ibrahim al-Amine. Le journaliste conclut en estimant que "le sort de la bataille de Ersal est directement tributaire du comportement du Courant du Futur", et juge que l'armée libanaise ne pourrait remporter le combat facilement sans faire appel à l'armée syrienne ou au Hezbollah de quelque façon que ce soit.

 

(Lire aussi : Est-il déjà trop tard ?, la chronique de Nagib Aoun)

 

Même son de cloche de la part du quotidien as-Safir, proche du 8 Mars, qui estime à son tour que "le soutien politique (à l'armée libanaise, ndlr) représente la moitié de la bataille". Le journal dénonce les "attaques politiques violentes" de la part de certains députés du Courant du Futur. As-Safir souligne ainsi l'importance du soutien du parti de Saad Hariri, estimant qu'un tel soutien est "vital et nécessaire, et irremplaçable au vu de ce que représente le Futur au niveau des sunnites et des habitants de Ersal".

 

Les conséquences de l'implication du Hezbollah en Syrie
Pour Nabil Bou Monsef, du quotidien an-Nahar, proche du 14 Mars, l'armée libanaise est menacée, entre autres, par "l'implication du Hezbollah dans la guerre en Syrie, et les séquelles que cela a laissé et laisse au niveau de l'armée, aux frontières et à l'intérieur du pays". Dans son éditorial intitulé "Après le 2 août" (en référence à la date du début des combats à Ersal, au lendemain de la fête de l'armée, ndlr), M. Bou Monsef appelle, sans le nommer, le Hezbollah "impliqué au-delà des frontières, (...) à se réveiller", estimant que "les choses ne sont plus ce qu'elles étaient avant le 2 août".


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