Des soldats libanais constatant l'ampleur des dégâts causés par la frappe israélienne ayant visé un immeuble situé dans le quartier de Ghobeiry, dans la banlieue sud de Beyrouth, le dimanche 14 juin 2026. Photo Ibrahim Amro/AFP
Une frappe de l'aviation israélienne dimanche contre la banlieue sud de Beyrouth a tué au moins trois personnes et blessé 15 autres, selon un bilan provisoire de la Défense civile cité par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Ce raid, mené sans avertissement, a visé un immeuble dans le quartier de Ghobeiry, touché par deux missiles. Les images disponibles montrent le bâtiment qui borde un axe routier très fréquenté de la banlieue de la capitale, près du centre commercial Yassine City.
Cette attaque israélienne contre la banlieue sud de la capitale, la deuxième en une semaine, a été lancée « en réponse à des tirs du Hezbollah en direction du territoire israélien », d'après un communiqué conjoint du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et du ministre de la Défense, Israel Katz.
L'armée israélienne a affirmé, dans un autre communiqué, avoir visé un « quartier général » du Hezbollah, « utilisé pour préparer et promouvoir des plans d'attaques contre les citoyens de l'État d'Israël et les forces de l'armée israélienne opérant dans le sud du Liban », tout en publiant une vidéo du bombardement.
Selon des médias israéliens, la cible de cette attaque serait un haut responsable du parti chiite qui occuperait le poste de « chef des télécommunications ».
« Ces crimes ne resteront pas impunis », prévient un haut-gradé iranien
Plus tôt dimanche, des alertes avaient été déclenchées dans des localités israéliennes proches de la frontière après l'infiltration de drones tirés depuis le Liban, sans faire de victimes. En milieu d'après-midi, le Hezbollah n'avait pas encore revendiqué des attaques contre le territoire israélien, mais uniquement des ciblages de soldats israéliens dans des villages libanais occupés.
Le gouvernement israélien avait annoncé plus tôt dans la semaine avoir donné son feu vert à l'armée de lancer des frappes contre la banlieue sud de Beyrouth dans la foulée de chaque tir du Hezbollah visant le nord d'Israël, sans attendre d'approbation au niveau politique.
Ces nouveaux développements interviennent dans un contexte marqué par la signature imminente d'un accord entre les États-Unis et l'Iran, qui pourrait être scellé ce dimanche, tel qu'annoncé par le président américain Donald Trump.
Le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a été le premier officiel iranien à réagir à cette attaque, affirmant qu’elle démontrait l’incapacité des États-Unis à « remplir leurs engagements ». « L'agression sioniste contre la banlieue sud (de Beyrouth) a une nouvelle fois démontré que les États-Unis n'ont soit pas la volonté de mettre en œuvre leurs engagements, soit pas la capacité de le faire. En donnant le feu vert à ce régime, vous ne pourrez obtenir aucune concession », a écrit sur X le négociateur en chef de la délégation iranienne en charge des négociations avec les États-Unis. « Le jeu du ''bon flic, mauvais flic'' est dépassé. Si vous ne disposez ni de la volonté ni de la capacité de respecter vos engagements, il n'est plus possible de parler de poursuite du processus », a-t-il ajouté.
Les « crimes » israéliens contre la banlieue sud de Beyrouth « ne resteront pas sans réponse », a réagi à son tour Mohammad Jafar Assadi, un officier du commandement interarmées de l'armée iranienne, selon des médias d'État iraniens.
Téhéran a indiqué depuis plusieurs semaines que ses forces lanceraient des missiles contre Israël et des intérêts américains dans la région en réponse à toute attaque israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, comme elles l'avaient fait la semaine passée à la suite d'un raid israélien similaire contre le sud de la capitale.
Au moins deux tués supplémentaires au Liban-Sud
Outre la frappe sur la banlieue sud de Beyrouth, les bombardements israéliens se poursuivent sans discontinuer au Liban-Sud, où au moins deux personnes ont été tuées ce dimanche.
Dès ce matin, l'armée israélienne a ordonné l'évacuation forcée de quelque 29 villages situés au nord du fleuve Litani, dans les cazas de Saïda et Jezzine, soit à près de 40 kilomètres de la frontière.
Les bombardements, menés avant comme après ces avertissements, ont tué au moins une personne et blessé cinq autres à el-Houch, dans la banlieue du Tyr, où au moins deux motos ont été ciblées par un drone israélien. Un autre mort est à déplorer après une autre frappe contre le village de Zerariyé (Tyr), tandis qu’un blessé grave a été signalé à la suite d’une frappe de drone à Bazouriyé (Tyr).
De plus, le bilan d'une frappe s'étant abattu samedi à Kaouthariyet el-Sayyad (Saïda) a grimpé à trois morts. Les victimes sont trois femmes originaires du village : Fatima Badran, Salwa Hilal et Batoul Ibrahim.
De son côté, le mouvement Amal a revendiqué la mort d’un de ses combattants, nommé Ismaïl Ahmad Chouman, tué dans une frappe israélienne ayant visé le village de Zefta (Saïda).
Selon son dernier bilan officiel, le ministère de la Santé a fait état d'au moins 3 756 tués et 11 632 blessés dans les bombardements israéliens depuis la reprise de la guerre le 2 mars.



