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Rencontre

Elsa Yazbek Charabati, elle voyage voyage...

À travers les mots, les rencontres, les destinations, les émissions qu'elle anime, à la radio ou la télévision, Elsa Yazbek Charabati, également fondatrice et présidente de l'AFEJ depuis 2001, voyage... Sa nouvelle émission, baptisée « Bikoul Fakhr », présente des figures libanaises, souvent hostiles aux interviews, que l'on aime retrouver. Rendez-vous le dimanche 18 mai à 20 heures trente, sur la MTV, avec le couturier Élie Saab.

Elsa Yazbek Charabati, un visage souriant et familier.

Quand on l'aperçoit, la première fois, il y a comme un air de déjà-vu. Un dîner? Une conférence? Des amis communs? Puis revient, lorsqu'elle se met à parler, le souvenir d'une jeune femme, 20 ans à peine alors, rédactrice-présentatrice d'un journal télévisé francophone, – le premier – à la Future TV. Le sourire n'a pas changé, l'énergie est intacte, en dépit des années passées, de la naissance de deux enfants, des défis et de la nave qui va. Le parcours d'Elsa Yazbek Charabati est diversifié, avec, toujours, l'envie de découvrir et de partager. Il lui a permis et lui permet encore de voyager, et de voyager dans sa tête, dans celle de ses interlocuteurs et les personnes qu'elle admire. En cinq langues, français, arabe, anglais, espagnol et japonais, qu'elle parle plus ou moins couramment...


Née dans une famille de médecins, père, mère, oncle et tante, la jeune Elsa devine très vite qu'elle n'a pas «le cœur» à faire ce métier. Au bout de son parcours académique, elle décroche un master en traduction à l'USJ et un master en journalisme à l'UL, obtenu en association avec l'Université Panthéon-Assas Paris II et les deux écoles françaises de journalisme, le CFPJ (Centre de formation et de perfectionnement des journalistes) et l'IFP (Institut français de presse). Elle se rattrape, en quelque sorte, et à sa façon, en traitant, pour son master, le sujet de la vulgarisation médicale dans la presse. En 1998, la Future TV fait appel à elle pour créer le journal télévisé, en français dans le texte ! Belle expérience où elle porte toutes les casquettes, reporter, rédactrice en chef, présentatrice, et apprend en live, sur le terrain et le plateau, à maîtriser son trac en même temps que des sujets politiques, culturels ou économiques. Dix ans à faire ce travail au quotidien, avec des parenthèses, pour briser la routine, pour évoluer, deux «Spéciales» pour le Sommet de la francophonie où, comme son nom l'indique, ce «trait d'union» était idéal pour la journaliste, amoureuse de mots et de «grandes» interviews en prime time avec Jacques Chirac et Albert de Monaco. «J'ai eu la chance, confie-t-elle, de rencontrer le président français à deux reprises, en 2001 et 2005, à l'Élysée. Ces deux moments ont été très importants dans ma carrière. La première entrevue a été très impressionnante, la seconde, poignante, car elle a eu lieu après la mort de Rafic Hariri et était un beau témoignage de l'amitié qui liait les deux hommes.» En 2002, elle donne «Rendez-vous» aux téléspectateurs et à des figures atypiques francophones du Liban, tous les jours, dans un format de 5 minutes, avant le JT de 20 heures. «Un défi», dit-elle, qu'elle assume durant un an.

 

Changements
Dix ans après le lancement du journal en français, Elsa Yazbek, devenue Charabati, enceinte, décide donc de quitter la chaîne et ce rythme quotidien qu'elle ne pouvait plus assumer. Mais, «il n'était pas question de rester sans rien faire», dit-elle. Contactée par la MTV à sa réouverture en 2009, elle décide de prendre en charge la production de séquences pour la quotidienne matinale de «MTV Alive». «Un autre défi, poursuit-elle. Tous les jours un invité et un sujet. Nous avons reçu plus de 2 000 personnes ». Elle se voit aussi proposer une émission sur... les voyages, qu'elle prépare et présente, à son grand bonheur, quand sa vie de mère le lui permet. Mot magique qui lui ouvre les sésames de toutes les envies, alors qu'elle est chef de section interprétation et professeur de traduction à l'USJ, elle souligne: «Toute ma vie est un voyage. Tout ce que je fais prend la forme d'un voyage, le fait de pénétrer dans la psychologie des gens, tout comme les vrais départs et les découvertes de pays et de cultures». Les vendredi à midi, depuis deux ans, Elsa embarque les téléspectateurs dans des destinations variées et inattendues. Et, lorsqu'il s'agit de villes qu'elle n'a pas expérimentées, elle reçoit un invité qui partage avec elle cette passion et les incontournables sites et adresses à voir.


Outre ses parenthèses culturelles, inévitables, des directs quotidiens du Salon du livre francophone, outre ses émissions pour des radios espagnoles, Elsa, mère de Estelle et Enzo, a trouvé le temps – on ne sait pas trop comment! – de lancer une nouvelle émission de «spéciales» en janvier dernier, toujours sur la MTV, qu'elle a baptisé Bikoul Fakhr. Comme son nom l'indique bien, elle tient à mettre en avant des Libanais «dont on peut être fiers et qui sont, en général, intouchables». Intouchable Amin Maalouf, qui n'aime pas les interviews, et qui a accepté d'inaugurer le concept. Intouchable également Élie Saab, qui égrène les interviews, faute de temps. Il sera un interlocuteur de marque le dimanche 18 mai, pour celle qui rêve de rencontrer Carline de Monaco ou le pape François. «La télévision est ma première passion. C'est elle qui m'a choisie, qui m'a appris à parler et sortir de ma timidité. Je fais de mon mieux pour que ma profession, qui englobe plusieurs médias, soit réellement professionnelle.»


Et de conclure, en empruntant un adage que son père lui a souvent répété: «Qu'aucun succès ne te grise, qu'aucun échec ne te brise...»


Quand on l'aperçoit, la première fois, il y a comme un air de déjà-vu. Un dîner? Une conférence? Des amis communs? Puis revient, lorsqu'elle se met à parler, le souvenir d'une jeune femme, 20 ans à peine alors, rédactrice-présentatrice d'un journal télévisé francophone, – le premier – à la Future TV. Le sourire n'a pas changé, l'énergie est intacte, en dépit des années...

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