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Liban - La Situation

Blocages, menaces en trompe-l’œil et autres salades

Le Parlement, objet de polémique récurrente sur son rôle en l’absence d’un président de la République. Photo Nasser Traboulssi

Un vent de folie tournoie ces jours-ci au-dessus de l'aréopage politique libanais, déjà porté, congénitalement, sur le psychodrame absurde, la polémique stérile et les crises de croissance à répétition.
Les semaines passent sans qu'il n'y ait absolument rien de nouveau dans le tableau général et, pourtant, les acteurs politiques libanais s'agitent de plus en plus comme si le sort de la planète dépendait aujourd'hui même de leurs décisions.

Les grands clivages continuent, certes, de rythmer l'essentiel de la vie politique, mais tenter aujourd'hui de trouver un semblant de cohérence, ou simplement de voir plus clair dans les positions de chacun des protagonistes sur les divers dossiers de l'heure relève de la prestidigitation et non plus de l'analyse.
Au commencement, il y a ceux qui se présentent au Parlement à chaque séance de la Chambre pour élire un président de la République et ceux qui font échec au quorum parce qu'il ne faut pas, nous disent-ils, que n'importe quel président soit élu. Jusque-là, ce sont des broutilles et le jeu reste à peu près intelligible.
Il se complique un bon coup, déjà, lorsqu'on s'aperçoit qu'une partie des premiers et une partie des seconds font cause commune entre eux pour s'opposer au fonctionnement normal des institutions en temps de vacance de la présidence, en particulier au maintien de la fonction législative du Parlement.

 

(Lire aussi: Le Hezbollah relance l'idée de l'élection du « président fort »)


Puis on monte de plusieurs crans dans le surréel quand on voit l'autre partie du second groupe rejoindre la totalité du premier dans les préparatifs en vue d'une nouvelle prorogation de la législature, que l'un des protagonistes du 8 Mars se ligue avec le 14 Mars et le Centre afin de contrer la candidature d'un présidentiable du 8 Mars qui compte toujours sur la bienveillance du principal protagoniste du 14 Mars pour être élu président, que l'acteur le plus fort du 8 Mars se refuse à exprimer le moindre soutien à la proposition d'amendement constitutionnel faite par son allié, etc.

Tout cela n'aide pas – c'est le moins qu'on puisse dire – à clarifier le débat politique et à mobiliser l'opinion publique, laquelle se détourne du panorama politique général et se laisse aller à des inquiétudes existentielles et des attitudes de plus en plus ouvertement identitaires, favorisées par les nouvelles alarmantes en provenance de la région et par l'inflation galopante de la présence de populations syriennes déplacées au Liban.

 

(Lire aussi: Geagea : L'amendement constitutionnel sert à éluder la responsabilité du blocage)


Or le plus difficile, à l'heure actuelle, c'est précisément de savoir faire la part des choses, de dire à quels périls réels le Liban est exposé. Les dernières déclarations de responsables officiels, notamment du ministre de l'Intérieur, au sujet des menaces lancées par les présumées « Brigades sunnites libres de Baalbeck », montrent qu'il s'agirait d'un canular politique du type de ceux que montent de toutes pièces des services de renseignements dans le but de créer un mouvement de psychose dans l'opinion. De sources bien informées, plutôt éloignées du 8 Mars, on confirmait hier cette version et on attribuait même la paternité de ces brigades apparemment farfelues à certaines parties politiques libanaises dotées d'arrière-pensées bien précises.

 

(Lire aussi: Les lanceurs de grenades contre les restaurants de Tripoli sous les verrous)


Il reste que la menace sécuritaire n'est guère fictive dans l'absolu, même s'il faut croire un certain nombre de responsables qui assurent que la situation sur ce plan est sous contrôle. Le Liban n'est peut-être plus la caisse de résonance automatique de tout ce qui se passe dans la région, mais ce qui s'y passe est tout de même trop grave pour espérer être totalement à l'abri des retombées.

Il est tout aussi malaisé de faire la part des choses dans les autres dossiers brûlants de l'heure. Hier, par exemple, la part purement politicienne dans les rumeurs sur un prochain défaut de paiement de la part de l'État, dont une certaine presse s'est fait largement l'écho ces derniers jours, a éclaté au grand jour. Il s'agissait essentiellement d'exploiter un vrai problème, celui notamment de la nécessaire remise de l'ordre dans les finances de l'État, à des fins de propagande en faveur d'un point de vue politique défendu par les proches du président de la Chambre au sujet des prérogatives parlementaires.

(Lire aussi: Salaires des fonctionnaires : faut-il s'inquiéter ?)

 

Et derrière tout cela, le blocage demeure le maître mot dans le dossier présidentiel. Des tentatives diplomatiques restent à l'œuvre à Paris et le seront très prochainement à New York, à l'occasion du rapport cyclique sur l'application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, mais rien ne bouge, à l'intérieur, sur ce point et tous les efforts en vue de convaincre le général Michel Aoun de se transposer du statut de candidat à celui de grand électeur sont restés jusqu'ici infructueux.

 

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Un vent de folie tournoie ces jours-ci au-dessus de l'aréopage politique libanais, déjà porté, congénitalement, sur le psychodrame absurde, la polémique stérile et les crises de croissance à répétition.Les semaines passent sans qu'il n'y ait absolument rien de nouveau dans le tableau général et, pourtant, les acteurs politiques libanais s'agitent de plus en plus comme si le sort de la planète dépendait aujourd'hui même de leurs décisions.Les grands clivages continuent, certes, de rythmer l'essentiel de la vie politique, mais tenter aujourd'hui de trouver un semblant de cohérence, ou simplement de voir plus clair dans les positions de chacun des protagonistes sur les divers dossiers de l'heure relève de la prestidigitation et non plus de l'analyse.Au commencement, il y a ceux qui se présentent au Parlement à chaque...
commentaires (3)

Rien ne bouge dans un pays qui va très mal .

Sabbagha Antoine

18 h 25, le 08 juillet 2014

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Commentaires (3)

  • Rien ne bouge dans un pays qui va très mal .

    Sabbagha Antoine

    18 h 25, le 08 juillet 2014

  • RÉSUMÉ : L'ABRUTOCRATIE !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    08 h 55, le 08 juillet 2014

  • Sans détours et en toute franchise. Il n'y a pas de sortie de ce marasme politique, économique, financier et sécuritaire grave dans lequel se débat le Liban sans l'adoption par le plus grand nombre possible de parties, sous le patronage de Bkerké, du principe "ni Aoun ni Geagea à la présidence et il faut partir pour une troisième candidature". Le chef des Forces libanaises a déjà exprimé sa disposition en ce sens. Pour en convaincre le général Aoun, il me semble qu'une responsabilité particulière incombe au chef du courant du Futur, le député Saad Hariri. Il devrait donner au général Aoun une réponse claire et définitive qu'il est impossible à son courant d'appuyer la candidature du général.

    Halim Abou Chacra

    06 h 24, le 08 juillet 2014

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