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Liban - Éclairage

Le Liban et la terrible attente...

En dépit des accusations que se lancent mutuellement les deux camps politiques, il est clair que le dossier présidentiel est gelé pour quelques mois. Les tentatives de dissocier le Liban des développements de la région ont donc échoué et il faut désormais suivre ce qui se passe en Irak, en Syrie et dans le dossier nucléaire iranien pour essayer de deviner ce qui va se passer au Liban.

Une chose est sûre, toutes les parties internes incapables de s'entendre sur l'élection d'un président se mettront miraculeusement d'accord pour une nouvelle prorogation du mandat du Parlement. Certes, le général Aoun et son bloc continueront à y être opposés, mais comme lors de la dernière fois, le quorum des deux tiers sera assuré et le Parlement devra rempiler pour une nouvelle année au moins. Dans l'espoir que d'ici là, la situation régionale se sera précisée.

Mais qu'attendent au juste les Libanais? Des sources diplomatiques affirment que ce sont surtout les développements en Irak qui ont changé la donne et qui peuvent mélanger toutes les cartes. L'idée est d'attendre un peu pour voir si l'EIIL tient la route et parvient à conserver l'avantage, allant même jusqu'à étendre son territoire vers le Liban, la Jordanie (où des manifestations en faveur de ce groupe ont été organisées à Maan) et peut-être le Koweït, ou s'il s'agit d'un groupe qui a été utilisé et dont la force a été gonflée pour des raisons politiques.

Les sources diplomatiques précisent que l'offensive de l'EIIL à Mossoul et dans d'autres provinces irakiennes a certainement été planifiée des mois auparavant et « cet enfant monstrueux » n'est pas sans père. La Turquie, le Qatar et l'Arabie saoudite auraient donc joué un rôle important dans la préparation de l'offensive, même si ces pays n'en revendiquent pas la paternité. Toutefois, les informations en provenance d'Irak font état du transport des armes fournies par le Qatar aux combattants de l'EIIL et de ses alliés via la Turquie, sans parler du passage des combattants eux-mêmes.

Dans une première analyse des effets de cette offensive, il est clair que le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, et l'État irakien en général, apparaît comme le principal perdant mais avec lui, c'est l'Iran qui est visé, ainsi que l'ensemble de l'axe dont il est le pivot. Les sources diplomatiques estiment ainsi que l'objectif de départ était donc d'asséner un coup fort à l'Iran et à ses alliés de manière à le pousser à faire des concessions. La première d'entre elles aurait dû être l'abandon d'al-Maliki, dont l'Arabie saoudite ne veut absolument pas entendre parler. Les sources diplomatiques révèlent à cet égard que lors de son entretien avec al-Maliki, le secrétaire d'État américain John Kerry a soumis l'aide américaine à la condition de désigner un autre Premier ministre qu'al-Maliki. La réponse iranienne aurait été immédiate : il n'est pas question de lâcher al-Maliki dans un tel contexte. Il faut d'abord aider l'Irak à combattre l'EIIL et les négociations viendront après... C'est d'ailleurs une caractéristique de l'attitude iranienne de chercher à absorber le choc et de travailler sur le long terme, refusant de négocier à chaud... et en position peu avantageuse.

 

(Lire aussi : En Irak, Maliki affaibli mais bien accroché)


C'est donc à cause de ce contexte politique et régional bloqué que le Liban est condamné à attendre. Des informations en provenance d'Irak montrent que depuis l'appel du chef religieux chiite Sistani en faveur de la mobilisation générale, des centaines de milliers d'Irakiens se sont présentés pour se faire enrôler dans l'armée. D'ailleurs, une mission du Hezbollah se serait rendue en Irak pour y évaluer la situation sur le terrain et elle serait revenue avec les conclusions suivantes : les Irakiens n'ont pas besoin d'hommes pour combattre ni d'armes. Ils ont juste besoin d'encadrement et d'entraînement, ainsi que d'une stratégie militaire pour reconquérir le territoire pris par l'EIIL. C'est ce que serait actuellement en train de fournir l'Iran.

De son côté, la Russie s'est directement impliquée dans le conflit en envoyant immédiatement des avions Sokhoï à l'armée irakienne, avec toutes les équipes nécessaires pour les faire fonctionner. Tous ces éléments signifient que l'armée irakienne pourrait reprendre l'initiative sur le terrain. En tout cas, elle préparerait une contre-offensive qui devrait lui permettre non pas de chasser complètement l'EIIL mais au moins de reprendre quelques zones et d'améliorer sa position face à l'EIIL et à ses parrains. En même temps, les incidents qui se multiplient en Arabie saoudite, qu'ils soient purement internes ou non, constituent autant de pressions sur le cours général des développements dans la région.

L'Iran et la Russie souhaitent rallier les pays de la région à leur priorité qui a aujourd'hui pour slogan « la lutte contre le terrorisme » et la Turquie, le Qatar et l'Arabie saoudite souhaitent brandir la menace takfiriste pour affaiblir l'Iran. Les États-Unis, eux, ne sont pas pressés et ils pensent qu'au final, les deux camps vont s'affaiblir mutuellement, ce qui ne peut que renforcer la position de l'administration américaine. Sauf que ce qui se joue actuellement est trop dangereux pour être pris à la légère, la région tout entière est sur la corde raide et ce qui commence par n'être qu'une offensive limitée destinée à affaiblir l'axe contrôlé par l'Iran pourrait se transformer en avalanche qui brise les frontières et mélange les entités au profit d'un Moyen-Orient nouveau dont personne ne peut encore deviner les contours.

C'est dans ce paysage confus que le Liban doit évoluer aujourd'hui en essayant de sauver ses meubles, avec une classe politique qui montre malheureusement chaque jour qu'elle n'est pas à la hauteur de la situation.

 

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En dépit des accusations que se lancent mutuellement les deux camps politiques, il est clair que le dossier présidentiel est gelé pour quelques mois. Les tentatives de dissocier le Liban des développements de la région ont donc échoué et il faut désormais suivre ce qui se passe en Irak, en Syrie et dans le dossier nucléaire iranien pour essayer de deviner ce qui va se passer au Liban.
Une chose est sûre, toutes les parties internes incapables de s'entendre sur l'élection d'un président se mettront miraculeusement d'accord pour une nouvelle prorogation du mandat du Parlement. Certes, le général Aoun et son bloc continueront à y être opposés, mais comme lors de la dernière fois, le quorum des deux tiers sera assuré et le Parlement devra rempiler pour une nouvelle année au moins. Dans l'espoir que d'ici là, la...
commentaires (3)

C'est dans la continuité du complot sioniste contre ses voisins , tous ses voisins . daech a une paternité que personne ne peut ignorer , les binsaouds sont à la manœuvre mais sur ordre des maîtres d'israel ! comment expliquer que Gaza s'enflamme et daech ne pipe mot sur ce qui est fait à ses frères sunnites par les juifs d'israel ? alors quand c'est l'Iran qui combat le terrorisme , c'est une guerre sunnite chiite et quand c'est israel on ne parle que de terrorisme pur ?? voyons ! Dans ce jeu du chat et de la souris , les poseurs de peau de banane sont les occicons et les démineurs restent l'axe de la résistance allié aux russe , et comme dit Scarlett , donnons du temps à l'intelligence et elle finira toujours par triompher . 190.000 centrifugeuses , et personne ne bouge , pas même les options sur la table , ça a un sens, quand même !

FRIK-A-FRAK

18 h 41, le 08 juillet 2014

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Commentaires (3)

  • C'est dans la continuité du complot sioniste contre ses voisins , tous ses voisins . daech a une paternité que personne ne peut ignorer , les binsaouds sont à la manœuvre mais sur ordre des maîtres d'israel ! comment expliquer que Gaza s'enflamme et daech ne pipe mot sur ce qui est fait à ses frères sunnites par les juifs d'israel ? alors quand c'est l'Iran qui combat le terrorisme , c'est une guerre sunnite chiite et quand c'est israel on ne parle que de terrorisme pur ?? voyons ! Dans ce jeu du chat et de la souris , les poseurs de peau de banane sont les occicons et les démineurs restent l'axe de la résistance allié aux russe , et comme dit Scarlett , donnons du temps à l'intelligence et elle finira toujours par triompher . 190.000 centrifugeuses , et personne ne bouge , pas même les options sur la table , ça a un sens, quand même !

    FRIK-A-FRAK

    18 h 41, le 08 juillet 2014

  • ET IL FAUT PRENDRE EN COMPTE AUSSI CE QUI SE PASSE À LA LUNE, À MARS, À JUPUTER, À SATURNE ET À TOUT LE SYSTÈME SOLAIRE ET AU DELÀ... CHERCHEZ L'ABRUTISSEMENT INNÉ, ACHETÉ ET VENDU, LE DÉNIEMENT DE NATIONALITÉ... ET LA TRAÎTRISE !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 00, le 08 juillet 2014

  • Inutile de chercher midi à quatozze heures. "Cet enfant monstrueux" qu'est Daech nouvelle version en Etat islamique/"califat" enjambant à la fois sur la Syrie et sur l'Irak est né des entrailles de la dictature syrienne, aidée à rester en place par le Hezbollah et par la complicité de Daech même combattant de manière barbare la rébellion syrienne. Si cette dictature avait été remplacée par un régime syrien démocratique et pluriel comme le préconise la Coalition de l'opposition syrienne, il n'y aurait eu ni Daech ni son Etat islamique ni son "Califat". C'est la vérité absolue aux yeux de tous les observateurs perspicaces et neutres.

    Halim Abou Chacra

    06 h 47, le 08 juillet 2014

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