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À La Une - Kenya

A Mpeketoni, les shebab ont tué les chrétiens "un par un, directement dans la tête"

Au moins quinze personnes ont été tuées dans un nouvel attentat perpétré en pleine nuit dans le village de Poromoko.

Les familles attendent de récupérer le corps des victimes à l’hôpital de Mpeketoni, au Kenya, le 16 juin. AFP/SIMON MAINA

Quand les shebab ont attaqué Mpeketoni, dimanche soir sur la côte kényane, les clients du Costa Rica Cafe se sont enfuis. Ceux de l'hôtel Mama Monica, en face, se sont crus à l'abri dans leurs chambres mais les assaillants les ont fait sortir et les ont exécutés un par un.

Lorsque l'attaque, revendiquée par les islamistes somaliens shebab, liés à el-Qaëda, a commencé, David Waweru regardait un match de la Coupe du monde au Costa Rica Cafe, dont il ne reste qu'un amas de gravats et de tôle ondulée. Les premiers tirs ont retenti devant le poste de police, à quelques centaines de mètres de là, qu'une cinquantaine de shebab ont tenté de prendre d'assaut.

"Quand les tirs ont commencé, le patron nous a demandé de partir", raconte David Waweru, jeune homme sans emploi, qui se cache alors derrière un bâtiment proche. De là, il voit les shebab entrer dans la Mama Monica's Guest House. "Ils ont fait sortir les gens" et "les ont fait s'allonger" dans la rue, raconte-t-il. "Ils ont demandé aux gens s'ils connaissaient l'islam, s'ils savaient quoi que ce soit de l'islam et ils exigeaient d'eux de réciter la Chaada", la profession de foi musulmane. Ensuite, "ils les ont tués un par un (...), directement dans la tête, l'un après l'autre", raconte-t-il devant les décombres du Costa Rica Cafe. "Ils n'ont tué ni les femmes, ni les enfants, simplement les hommes".
"Pendant qu'ils faisaient ça, qu'ils tuaient (...) certains disaient le taqbir (Allah ô Akbar: Dieu est le plus grand)", poursuit-il, "ils disaient qu'ils faisaient ça parce que le gouvernement kényan tue les gens en Somalie".

 

(Pour mémoire : Les shebab somaliens avertissent qu'ils vont « déplacer » la guerre au Kenya)

 

Plusieurs témoins confirment le récit de David Waweru. Les 49 personnes tuées dans cette localité d'environ 3.000 habitants sont toutes des hommes, tous chrétiens.

En moins de 48 heures, deux attaques perpétrées dans la même zone -en plein territoire kényan et à une centaine de kilomètres de la frontière somalienne- ont fait près de 60 tués, tous Kényans, posant un défi majeur aux autorités kényanes, dont les troupes combattent contre les shebab en Somalie au sein d'une force africaine. Dans la nuit de lundi à mardi, des hommes armés ont cette fois fait une descente sur le village de Poromoko, y tuant au moins "dix personnes", a indiqué la police locale.
Selon la même source, les assaillants semblaient faire partie du commando - une cinquantaine d'hommes lourdement armés - qui avait tué dimanche soir au moins 49 personnes à Mpeketoni.

Le Kenya a été le théâtre de plusieurs attaques, attribuées aux shebab ou à leurs sympathisants, depuis que l'armée kényane est entrée en Somalie en octobre 2011 pour y combattre les islamistes somaliens.
L'attaque, inédite, contre Mpeketoni est la plus meurtrière et la plus spectaculaire depuis l'assaut par un commando shebab du centre commercial Westgate de Nairobi qui a fait au moins 67 morts en septembre 2013.

 

"Si vous étiez musulmans, vous étiez épargnés"
La zone de Mpeketoni est majoritairement peuplée de chrétiens venus du nord du Kenya, à qui le gouvernement a accordé dans les années 1970 des terres dans cette région de la côte kényane essentiellement musulmane.


"Tous ceux qui ont été tués sont chrétiens, si vous étiez musulmans vous étiez épargnés", explique de son côté John Mwagi, un professeur de 44 ans qui est parvenu à s'enfuir à moto de la localité durant l'attaque. Il a eu le temps de voir le drapeau noir des djihadistes porté par un jeune garçon, raconte-t-il, et d'entendre les assaillants crier "Allah O Akbar" à leur passage.


Outre le poste de police et des bâtiments administratifs, les assaillants semblent avoir visé les deux hôtels de la localité. John Wanyoike regarde d'un air désespéré les ruines encore fumantes de son Hôtel Breeze View, incendié. D'une cuisine à l'entrée, ne restent que les vestiges noircis et calcinés d'un évier, d'un congélateur et d'un frigo, au milieu des gravats du toit effondré. Les piliers de bois du patio sont encore incandescents. Les vitres des chambres sont brisées.


Les assaillants "sont arrivés dans un minibus", vers 20H50, quasi-concomitamment à l'attaque du poste de police. Ils ont traversé le patio "en direction des chambres, mais ont trouvé les portes fermées et ont commencé à tirer dans les vitres". "Il n'y avait qu'un client dans l'hôtel, les autres étaient allés ailleurs parce qu'on ne sert pas de bière ici", explique le propriétaire dans un vague sourire.
Il éteint les lumières et se cache durant deux heures. Il entend les assaillants parler somali, utilisant des radios, vraisemblablement pour communiquer avec le reste du commando. Puis ils commencent à incendier l'hôtel. "J'étais désespéré, parce que la police n'arrivait pas et je n'avais pas d'espoir qu'ils arrivent. Tout ce que je pouvais faire, c'était essayer de m'enfuir sain et sauf", conclut John Wanyoike.

 

Au moins 10 morts dans un nouvel attentat
La nuit dernière, les shebab sont repassés à l'action. La police locale a indiqué que des hommes armés, près de l'archipel touristique de Lamu (est), ont tué dans la nuit de lundi à mardi au moins quinze personnes dans le village voisin de Poromoko.

Les shebab ont revendiqué la responsabilité de cette nouvelle attaque auprès de l'AFP, affirmant avoir tué "20 personnes". "Nous avons mené une nouvelle attaque la nuit dernière. Nous avons tué 20 personnes, principalement des policiers et des gardes forestiers kényans. Les membres du commando se sont rendus dans plusieurs endroits à la recherche de soldats", a déclaré par téléphone Abdulaziz Abu Musab, porte-parole militaire des shebab. "Les membres du commando ont accompli leur devoir et sont rentrés tranquillement à leur base", a-t-il ajouté, sans préciser si cette "base" est au Kenya ou en Somalie voisine, située à une centaine de kilomètres au nord du lieu des attentats.


En revendiquant lundi l'attentat de Mpeketoni, les shebab avaient promis de nouvelles attaques contre le Kenya. Les islamistes avaient aussi menacé les touristes, les appelant à éviter le Kenya, décrété "zone de guerre".

 

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Lorsque l'attaque, revendiquée par les islamistes somaliens shebab, liés à el-Qaëda, a commencé, David Waweru regardait un match de la Coupe du monde au Costa Rica Cafe, dont il ne reste qu'un amas de gravats et de tôle ondulée. Les premiers tirs ont retenti devant le poste de police, à quelques centaines de mètres de là, qu'une cinquantaine de shebab ont tenté de prendre d'assaut.
"Quand les tirs ont commencé, le patron nous a demandé de partir", raconte David Waweru, jeune homme sans emploi, qui se cache alors derrière un bâtiment proche. De...
commentaires (5)

Cela commence a faire un peu trop de crimes gratuites contre les chrétiens ...voir contre d'autres communautés ...Il semble que la guerre des civilisations prend de l'ampleur...!

M.V.

15 h 48, le 17 juin 2014

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Commentaires (5)

  • Cela commence a faire un peu trop de crimes gratuites contre les chrétiens ...voir contre d'autres communautés ...Il semble que la guerre des civilisations prend de l'ampleur...!

    M.V.

    15 h 48, le 17 juin 2014

  • Horreur et grande idignation! Cela étonne encore quelqu'un d'intelligent? C'est une réplique parfaite de boko haram, de annoussra, de daech etc ( qui a "arrosé" hier meme quelque 200 très jeunes soldats lachés par leurs patrons corrompus par nous savons bien qui), avec les meme financiers, les memes facilitateurs et les memes controleurs des opérations (the big brother).. qui leur envoient quand ils depassent les limites préétablies (...), un drone de temps à autre pour essayer d'éliminer une tete chaude, lui rappelant les limites mais surtout de se disculper complètement, de se donner une image de propre comme d'hab (image que se donne meme le criminel sioniste) et de défenseur de la démocratie et de la bonne morale humaine.. Ben, parce qu'il en possède la copyright... toi t'as quoi?

    Ali Farhat

    15 h 27, le 17 juin 2014

  • TOLÉRANCE ET AMOUR ! LES ABRUTIS DES PAYS MUSULMANS DOIVENT SE RÉVEILLER AVANT LES ABRUTIS OCCIDENTAUX !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    13 h 56, le 17 juin 2014

  • De vrais salauds , criminels .

    Sabbagha Antoine

    12 h 57, le 17 juin 2014

  • J'aurai juré que c'étaient des chiites , on lisait que le hezb résistant au terrorisme somalien était un aimant pour les salafowahabites binsaouds .

    FRIK-A-FRAK

    12 h 50, le 17 juin 2014

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