Selon une étude suédoise, la chirurgie bariatrique, qui consiste à restreindre l’absorption alimentaire, reste la méthode la plus efficace à long terme contre le diabète chez les personnes obèses. Photo Bigstock
La chirurgie bariatrique, qui consiste à restreindre l'absorption alimentaire, est la méthode la plus efficace à long terme contre le diabète chez les personnes obèses, selon les travaux d'une recherche publiés dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).
L'étude clinique, dans le cadre de laquelle des patients ont été suivis en Suède durant dix-huit ans, montre que chez les sujets obèses souffrant de diabète adulte (type 2), la chirurgie a permis des rémissions plus fréquentes et moins de complications liées à cette maladie que dans le groupe témoin traité sans intervention bariatrique, rapporte l'AFP.
L'incidence du diabète qui est directement liée à l'obésité pourrait être réduite de 50 % avec un changement de mode de vie et des médicaments, selon les auteurs de l'étude, menée par Lars Sjostrom de l'Université de Göteborg.
Les auteurs ont recruté de septembre 1987 à janvier 2001 quelque 260 patients obèses dans un groupe de contrôle de 2 037 personnes et 343 autres patients souffrant aussi d'obésité mais ayant subi une intervention bariatrique. Ils étaient tous diabétiques.
Pour ceux qui ont eu des complications liées au diabète, la période moyenne de suivi a été de 17,6 ans dans le groupe de contrôle traité avec des médicaments, de l'exercice physique et un nouveau régime alimentaire, contre 18,1 ans parmi ceux qui ont eu une chirurgie bariatrique.
Deux ans après, la proportion de patients en rémission de diabète, définie comme une glycémie inférieure à 110 milligrammes de glucose par décilitre de sang sans médicament, était de 72,3 % dans le groupe ayant eu une intervention bariatrique contre 16,4 % dans le groupe de contrôle. Après quinze ans, le taux de guérison était encore de 30,4 % chez ceux traités chirurgicalement contre 6,5 % parmi les autres.
Toutes les différentes techniques de chirurgie bariatrique (anneau gastrique, pontage...) ont été liées à des rémissions plus longues du diabète comparativement aux soins avec des médicaments et un changement de mode de vie. De plus, la chirurgie bariatrique a permis une diminution des complications micro et macrovasculaires liées au diabète.
Une maladie qui gagne du terrain
Le diabète touche près de 347 millions d'adultes dans le monde et ne cesse de gagner du terrain, notamment dans les pays en voie de développement, qui ont connu au cours des trente dernières années une évolution sociale et économique qui s'est principalement traduite par une modification du mode alimentaire, une réduction de l'activité physique, une tendance croissante à l'obésité et une augmentation du tabagisme.
Il existe deux formes de diabète. Le diabète de type 1 ou insulinodépendant qui constitue environ 10 % de l'ensemble des cas. Cette forme de diabète est due à une carence en insuline sécrétée par le pancréas. Elle survient dans 80 % des cas chez les jeunes âgés de moins de 20 ans.
Le diabète de type 2 est causé par une résistance à l'insuline. Généralement diagnostiqué après l'âge de 40 ans, le diabète de type 2 apparaît de plus en plus chez des personnes jeunes en raison de la surcharge pondérale, de l'obésité abdominale, de la sédentarité et du mauvais mode alimentaire, auxquels s'ajoute une histoire familiale de diabète.
S'il n'est pas bien contrôlé, le diabète peut entraîner une rétinopathie (atteinte de la rétine entraînant une cécité), une néphropathie (insuffisance rénale), des complications microvasculaires et macrovasculaires, touchant respectivement les petits vaisseaux et les gros vaisseaux de l'organisme, ainsi que des maladies cérébro-vasculaires et vasculaires périphériques, atteignant les vaisseaux des jambes et ceux des extrémités.
Selon les recommandations internationales, un diabète est considéré comme étant contrôlé lorsque le taux du sucre est inférieur à 110 mg/dl à jeûn et à 140 mg/dl après les repas. Le taux de l'hémoglobine glycosylée (Hb1Ac, un test qui permet de mesurer la concentration du glucose dans le sang durant les trois mois précédant la date du test), doit également être inférieur à 7 %.
Chez les diabétiques de type 2, il faudrait en plus que la tension soit équilibrée (13/8), que le mauvais cholestérol-LDL soit inférieur à 100 mg/dl, que le bon cholestérol-HDL soit supérieur à 45 mg/dl chez les hommes et à 55 mg/dl chez les femmes, que le taux des triglycérides dans le sang soit inférieur à 150 mg/dl et que le tour de la taille soit inférieur à 94 cm chez les hommes et à 80 cm chez les femmes.


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