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Moyen Orient et Monde

L’armée irakienne reprend la ville de Samarra après un assaut rebelle

Violences

Le CICR a affirmé hier être parvenu pour la première fois depuis janvier à entrer dans Falloujah.

OLJ
06/06/2014

Des insurgés ont lancé hier un assaut sur la ville irakienne de Samarra et pris le contrôle de plusieurs quartiers avant d'en être chassés par l'armée au prix de violents combats ayant fait des dizaines de morts, selon des responsables.
À bord de dizaines de véhicules, dont certains équipés de canons anti-aériens, les insurgés ont attaqué le matin un important barrage routier à l'entrée sud-est de Samarra, à 110 km au nord de Bagdad, tuant les membres des forces de sécurité postés là puis brûlant leurs véhicules, selon des témoins. Ils sont ensuite entrés dans la ville et ont pris le contrôle de plusieurs secteurs, ont ajouté les témoins en affirmant avoir vu dans les rues des corps de membres des forces de sécurité et ceux d'insurgés.
Des renforts de l'armée et de l'unité antiterroriste ont été envoyés à Samarra pour faire face aux insurgés. Les forces de sécurité les ont pourchassés dans les maisons et dans les rues tuant 80 d'entre eux, a indiqué le général Sabah al-Fatlawi, commandant des opérations à Samarra. L'armée a également eu recours aux hélicoptères pour repousser l'assaut. Les insurgés ont notamment attaqué le domicile du ministre des Sciences et des Technologies à Samarra, tuant trois de ses gardes, selon un policier. Après plusieurs heures de combats acharnés, les forces de sécurité appuyés par des membres de tribus sont parvenus à reprendre « la totalité de la ville » et continuent de pourchasser les insurgés dans ses alentours, a indiqué le général Fatlawi. Selon un commandant de la police et un médecin, 12 membres des forces de sécurité ont été tués. Les forces de sécurité ont surtout été déployées pour défendre un mausolée chiite dans le centre-ville, selon ce commandant. Une attaque en février 2006 contre ce mausolée avait déclenché un conflit entre sunnites et chiites qui a fait des dizaines de milliers de morts jusqu'en 2008.
Même si l'armée a finalement réussi à reprendre le contrôle de la cité, cette attaque est un nouvel exemple de la capacité des rebelles de frapper fort dans ce pays meurtri par des violences sanglantes quotidiennes que les autorités ne parviennent pas à contenir.

« Terrible épreuve »
Sur un autre plan, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a affirmé hier être parvenu pour la première fois depuis janvier à entrer dans Falloujah où son équipe a livré de l'aide au principal hôpital de la ville, soignant des patients atteints de brûlures ou d'autres blessures. « La situation est très inquiétante », a indiqué Patricia Guiote, chef de la délégation du CICR à Bagdad, qui a été à la tête de l'équipe de cinq personnes qui s'est rendue à Falloujah. « Les gens souffrent d'un manque important de nourriture, d'eau et de soins. Les services hospitaliers, seuls à pouvoir encore fournir des soins aux blessés et malades, ont été sérieusement affectés par les combats », ajoute-t-elle.
Selon le communiqué du CICR, son équipe a découvert « des besoins énormes et une situation absolument désastreuse ». « Les habitants de la ville traversent une terrible épreuve », ajoute-t-il. Quelque 350 personnes, majoritairement des civils, ont été tués en plusieurs mois de conflit à Falloujah, selon le docteur Ahmad Shami à l'hôpital de la ville. L'armée irakienne bombarde régulièrement Falloujah et a tenté plusieurs offensives au sol pour la reprendre. Elle affirme viser des caches d'insurgés lors de ses bombardements, mais des habitants et groupes de défense des droits de l'homme assurent que les civils en sont les premières victimes.
Human Rights Watch (HRW) avait accusé le mois dernier l'armée de larguer des barils d'explosifs sur des zones d'habitation et d'avoir visé l'hôpital, en violation des lois internationales. La crise dans la province d'al-Anbar a débuté le 30 décembre avec le démantèlement à Ramadi, chef-lieu de la province, d'un camp de protestataires sunnites anti-gouvernementaux.
Enfin, plusieurs diplomates et experts affirment que cette colère de la minorité sunnite, qui s'estime marginalisée et maltraitée par les autorités dominées par les chiites, alimente largement les violences qui ont fait plus de 4 000 morts dans le pays depuis le début de l'année, dont 900 pour le seul mois de mai. Les autorités imputent pour leur part cette escalade à des facteurs extérieurs, au premier rang desquels la guerre en Syrie voisine.
(Source : AFP)

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