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Moyen Orient et Monde - Ukraine

Une nouvelle équipe d’observateurs disparaît dans l’Est séparatiste

Moscou a accusé Kiev de violer la convention de Genève ; l'OTAN voit des signes d'un retrait des soldats russes de la frontière ukrainienne.

La fin des cours a sonné. Cette écolière pose fièrement devant les barricades à Donetsk. Viktor Drachev/AFP

Une nouvelle équipe d'observateurs internationaux a été portée disparue hier dans l'est de l'Ukraine en proie à des combats de plus en plus meurtriers entre les rebelles prorusses et les forces ukrainiennes. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a annoncé avoir perdu le contact avec une équipe composée de quatre étrangers et d'un traducteur ukrainien arrêtés jeudi soir par des hommes armés à Severodonetsk, dans la région de Lougansk. Une autre équipe de quatre observateurs, un Danois, un Estonien, un Turc et un Suisse, est elle aussin portée disparue depuis lundi à Donetsk. Ces disparitions d'observateurs, déployés en vue d'œuvrer à une pacification, reflètent la situation proche de l'anarchie dans cette région de l'Ukraine, avec des enlèvements, des pillages, des barrages routiers et des bâtiments publics occupés par des hommes en armes.

Cette nouvelle disparition d'observateurs internationaux intervient au lendemain d'une journée noire pour les forces ukrainiennes avec la perte d'un hélicoptère de la Garde nationale (12 morts). L'hélicoptère Mi-8 abattu jeudi a été visé, dit Kiev, par un lance-missiles sol-air portatif russe près du bastion prorusse de Slaviansk. La Maison-Blanche a estimé que l'attaque prouvait que les rebelles prorusses avaient accès à des « armes sophistiquées ».

(Lire aussi : Porochenko entre en fonctions sur fond de violences dans l'Est)


Dans ce contexte, le ministre ukrainien de la Défense Mikhaïlo Koval a défendu l'offensive engagée il y a près de deux mois, que Moscou qualifie d'« opération punitive ». « Nos forces armées ont complètement nettoyé des séparatistes le sud et une partie de l'ouest de la région de Donetsk et le nord de la région de Lougansk », a-t-il dit au cours d'une conférence de presse. « Nous ne laisserons pas cette gangrène se propager dans les régions voisines », a-t-il souligné. « Nous allons poursuivre notre opération antiterroriste (...) tant que la vie normale ne reprendra pas dans la région et le calme ne reviendra pas pour les gens. »

Combattants tchétchènes
De son côté, la Russie a accusé l'Ukraine de violer la convention de Genève de 1949 sur la protection des civils en utilisant « l'aviation (...), les blindés dans le but de tuer des civils ». Le comité d'enquête russe, organe chargé des principales investigations, a ouvert une enquête.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a une nouvelle fois appelé son homologue américain John Kerry pour l'exhorter à faire pression sur Kiev en vue de lui faire mettre fin à cette opération où plus de 200 personnes, entre soldats ukrainiens, séparatistes et civils, ont péri depuis le 13 avril.
M. Kerry s'est quant à lui inquiété de l'intervention de combattants de Tchétchénie, république en majorité musulmane de l'instable Caucase russe, « entraînés en Russie », qui se rendent dans l'est de l'Ukraine « pour envenimer les choses, pour engager le combat ». Le « Premier ministre » séparatiste Alexandre Borodaï a reconnu cette semaine la présence de Tchétchènes pour « protéger le peuple russe ». Le président tchétchène Ramzan Kadyrov s'est défendu d'avoir envoyé des militaires, sans exclure toutefois que des Tchétchènes aient pu partir de leur propre gré.

Pendant ce temps, le FSB (Service fédéral – russe – de sécurité, issu de l'ex-KGB) a affirmé hier avoir arrêté en Crimée un groupe d'ultranationalistes ukrainiens qui voulaient commettre des actes « terroristes » contre des infrastructures de la péninsule rattachée à la Russie en mars. Un jeune cinéaste ukrainien, Oleg Sentsov, figure parmi les quatre hommes arrêtés et est désigné comme étant l'organisateur du groupe, selon des images tournées par le FSB et diffusées par les télévisions russes.

(Lire aussi : Ukraine : "opération anti-terroriste" de l'armée à l'aéroport de Donetsk)

« Effusion de sang »
L'OTAN de son côté voit des signes d'un retrait des soldats russes de la frontière ukrainienne, a déclaré hier le secrétaire général de l'Alliance, Anders Fogh Rasmussen, précisant que « peut-être environ les deux tiers se sont déjà repliés ». M. Rasmussen a cependant appelé Moscou à cesser de soutenir les rebelles dans les régions séparatistes de l'est de l'Ukraine. M. Rasmussen a également annoncé la réunion d'un Conseil OTAN-Russie lundi prochain à Bruxelles. Cette rencontre entre les ambassadeurs des 28 pays membres de l'Alliance et celui de la Russie auprès de l'OTAN sera la première depuis début mars et l'annexion de la Crimée par Moscou.

Quant au nouveau président ukrainien, le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko, qui doit être investi au poste de président le 7 juin, il a affirmé après son élection dimanche vouloir dialoguer avec Vladimir Poutine, tout en se montrant ferme envers les séparatistes. Les deux hommes seront le 6 juin en France à l'occasion des commémorations du Débarquement de Normandie, de même que leur homologue américain Barack Obama.
Lors d'un appel téléphonique avec son homologue français François Hollande, Vladimir Poutine a confirmé hier qu'il se rendrait en France les 5 et 6 juin pour un entretien bilatéral et la commémoration du débarquement allié. Sur l'Ukraine, « le président russe a souligné la nécessité pour les autorités de Kiev de faire cesser sans délai la violence et l'effusion de sang, d'entamer un dialogue direct avec les représentants du sud-est du pays », a encore déclaré le Kremlin.

 

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